Depuis le 2 décembre dernier, la Waitress a entrepris une longue série de jours de travail sans repos. Prochain congé : 22 décembre. Le tout ponctué de double, bien entendu. Vous m'excuserez de trouver peu de temps pour passer par ici vous raconter ce qui se passe dans mes journées.
Lorsque je trouve un peu de temps devant moi, je relis ces quelques conseils que j'avais gracieusement offerts aux workolics de ce monde, il y a quelques mois. L'ennui, c'est qu'ils ne fonctionnent plus très bien. La machine est épuisée depuis longtemps, il aurait fallu de véritables vacances pour que mes anciens trucs restent efficaces !
Je fais donc appel à vous. Que puis-je ajouter à cette liste pour survivre jusqu'à Noël ? Si jamais je réussis l'expérience, sachez que j'aurai de merveilleux textes à pondre. Souper avec le Jeune Homme et le Réceptionniste, histoire de travail et des nouvelles de Joli Minois...
Aidez-moi, je vous en supplie !
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mardi 11 décembre 2007
mercredi 28 novembre 2007
Envie de repos
Waitress en pleine errance dans les rues de la Basse-Ville. Avec le froid qui attaque le corps, qui embue les yeux et force le pas plus rapide. Il fait nuit, tout est calme. Je regarde vivre les autres en passant devant les fenêtres aux rideaux minces, aux stores entrouverts. L'heure est au souper, ça sent la soupe et la friture dehors.
Je repasse ma journée de travail. Beaucoup de clients, avec peu de temps devant eux, et cette lassitude dans le corps. Je n'arrive plus à dormir plus de quatre heures, les muscles et le cerveau se fatiguent. Waitress et un besoin de vacances. Ou d'un congé normal. 24h00 à moi dans une semaine, ce n'est pas suffisant. Et le collègue qui demande que je le remplace deux week-end consécutifs en décembre... Pas le choix de le faire, suis la seule disponible. Je n'arrive jamais à dire non. Trois semaines sans repos à l'horizon. Il faut que je dorme d'ici là. Et qui me remplacera, moi ?
Pendant le rush, tandis que je baladais des assiettes avec un flagrant manque d'entrain, l'envie de laisser tomber la vaisselle. De la regarder se fracasser sur le plancher. Voir les morceaux de porcelaine s'éparpiller entre les pieds des clients. De salir les beaux manteaux accrochés aux dossiers de chaises. Voir Patron courir vers moi pour m'engueuler. De le laisser me traiter d'incompétente. Lui donner raison et partir, passer la porte avec un salut de la main.
Je me voyais déjà, chez moi, avec un chèque de chômage au coin de la table. Avec du temps pour faire ce dont j'ai envie, avec tout le temps du monde pour me reposer.
Alors j'ai continué. Le rush a passé, j'ai pris ma voiture et regagné l'appartement. Il fait nuit, froid. Dehors, ça sent la soupe et la friture.
Je repasse ma journée de travail. Beaucoup de clients, avec peu de temps devant eux, et cette lassitude dans le corps. Je n'arrive plus à dormir plus de quatre heures, les muscles et le cerveau se fatiguent. Waitress et un besoin de vacances. Ou d'un congé normal. 24h00 à moi dans une semaine, ce n'est pas suffisant. Et le collègue qui demande que je le remplace deux week-end consécutifs en décembre... Pas le choix de le faire, suis la seule disponible. Je n'arrive jamais à dire non. Trois semaines sans repos à l'horizon. Il faut que je dorme d'ici là. Et qui me remplacera, moi ?
Pendant le rush, tandis que je baladais des assiettes avec un flagrant manque d'entrain, l'envie de laisser tomber la vaisselle. De la regarder se fracasser sur le plancher. Voir les morceaux de porcelaine s'éparpiller entre les pieds des clients. De salir les beaux manteaux accrochés aux dossiers de chaises. Voir Patron courir vers moi pour m'engueuler. De le laisser me traiter d'incompétente. Lui donner raison et partir, passer la porte avec un salut de la main.
Je me voyais déjà, chez moi, avec un chèque de chômage au coin de la table. Avec du temps pour faire ce dont j'ai envie, avec tout le temps du monde pour me reposer.
Alors j'ai continué. Le rush a passé, j'ai pris ma voiture et regagné l'appartement. Il fait nuit, froid. Dehors, ça sent la soupe et la friture.
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Travail de Waitress
lundi 19 novembre 2007
Des joies de l'hiver
Vendredi, après le boulot, direction Thetford. Terminé une grosse semaine au resto. Atteinte de façon profonde de la gastro, avec des doubles qui ne finissaient pas et beaucoup de clients avec ça, Waitress est crevée. Achète deux Red Bull au dep, en ouvre un avant de mettre le contact et je fonce vers les ponts. J'ai eu une invitation à me joindre à un souper, avec les filles que je fréquentais au secondaire. Je ne les ai pas vu depuis quatre ou cinq ans.
Nerveuse de les retrouver. Je sais qu'elles ont continué à se fréquenter, alors que moi, la vie m'a conduite ailleurs. Qu'est-ce que j'aurai à leurs raconter ? Est-ce que je serai exclue des conversations, ou bien ce sera comme auparavant ?
Il n'est que 16h00, peu de trafic encore. Ginette, ma Sunfire blanche, passe par-dessus le fleuve en un rien de temps. Je devrais être au domicile familial d'ici 1h00. Moran dans les oreilles, une clope au bec avec une gorgée de jus énergisant. Je quitte l'autoroute, prends une route agricole.
Surprise, je constate qu'il y a un peu de neige dans les champs. De petits flocons tombent doucement, recouvrent les arbres dégarnis. Paysage bien joli qui me donne un avant-goût de Noël. Waitress au coeur léger, du vent et de l'hiver.
J'arrive à St-Gilles. La neige commence à s'accumuler sur la route, il fait noir. En certains endroits, ma voiture glisse sur l'asphalte. Waitress un peu plus nerveuse. Je baisse le volume, cesse de chanter. De grosses rafales de vent, pleine de merde blanche viennent me cacher le chemin lorsque je passe devant les champs.
Plus j'avance, plus c'est difficile. La vitesse diminue, je suis à 80 kilomètre heure. Personne ne me dépasse, six voitures restent sagement derrière moi. Merde. Merde, merde, MERDE.
J'ai acheté ma voiture en janvier dernier. Tout au long de cet hiver, dès qu'il neigeait, je choisissais l'autobus. Ou le taxi. Hors de question de m'aventurer avec mon auto. Sauf que là, je me retrouve prise dans une tempête de neige, au milieu de nul part. Et si je virais de bord ? Non, stupide, il me faudrait refaire tout le chemin, pour arriver en plein embouteillage à Québec. Waitress continue.
À 50 kilomètre heure. Toujours personne qui me double. Seule dans ma voiture, en panique. Les courbes sont ardues, je dérape partout, malgré des pneus d'hiver presque neufs. Je croise sans cesse des voitures à cheval sur la ligne jaune, qui refusent de se tasser pour me donner une chance, qui aspergent mon pare-brise de gadoue. En actionnant les essuies-glace, je me souviens qu'il est temps que je les change. Ils ne fonctionnent plus très bien. Déjà que le vent me rendait la visibilité très réduite, j'arrive seulement à voir la route entre deux traces de slush brune. Bravo.
Pourquoi je n'écoute pas les bulletins météorologiques, comme tout le monde ?
Et elles sont où, les foutues grattes qui devraient m'ouvrir le chemin en laissant des traces de garnotte ?
Dès que je touche la pédale de frein, la voiture dérape. Dès que je touche l'accélérateur pour monter les côtes, je dérape. Waitress qui chiale, les jointures blanches sur le volant, le corps crispé.
Deux heures. Il m'a fallu deux heures pour gagner la maison de mes parents. J'ai les bras, les épaules et les trapèzes endoloris. J'ouvre la porte. La première chose que je demande, c'est une bière ou un verre de vin. Quelque chose pour m'aider à décanter.
C'est mieux d'être plaisant, le souper de filles. Si j'ai risqué ma vie, c'est pas pour me faire chier une soirée de temps. Certain.
Nerveuse de les retrouver. Je sais qu'elles ont continué à se fréquenter, alors que moi, la vie m'a conduite ailleurs. Qu'est-ce que j'aurai à leurs raconter ? Est-ce que je serai exclue des conversations, ou bien ce sera comme auparavant ?
Il n'est que 16h00, peu de trafic encore. Ginette, ma Sunfire blanche, passe par-dessus le fleuve en un rien de temps. Je devrais être au domicile familial d'ici 1h00. Moran dans les oreilles, une clope au bec avec une gorgée de jus énergisant. Je quitte l'autoroute, prends une route agricole.
Surprise, je constate qu'il y a un peu de neige dans les champs. De petits flocons tombent doucement, recouvrent les arbres dégarnis. Paysage bien joli qui me donne un avant-goût de Noël. Waitress au coeur léger, du vent et de l'hiver.
J'arrive à St-Gilles. La neige commence à s'accumuler sur la route, il fait noir. En certains endroits, ma voiture glisse sur l'asphalte. Waitress un peu plus nerveuse. Je baisse le volume, cesse de chanter. De grosses rafales de vent, pleine de merde blanche viennent me cacher le chemin lorsque je passe devant les champs.
Plus j'avance, plus c'est difficile. La vitesse diminue, je suis à 80 kilomètre heure. Personne ne me dépasse, six voitures restent sagement derrière moi. Merde. Merde, merde, MERDE.
J'ai acheté ma voiture en janvier dernier. Tout au long de cet hiver, dès qu'il neigeait, je choisissais l'autobus. Ou le taxi. Hors de question de m'aventurer avec mon auto. Sauf que là, je me retrouve prise dans une tempête de neige, au milieu de nul part. Et si je virais de bord ? Non, stupide, il me faudrait refaire tout le chemin, pour arriver en plein embouteillage à Québec. Waitress continue.
À 50 kilomètre heure. Toujours personne qui me double. Seule dans ma voiture, en panique. Les courbes sont ardues, je dérape partout, malgré des pneus d'hiver presque neufs. Je croise sans cesse des voitures à cheval sur la ligne jaune, qui refusent de se tasser pour me donner une chance, qui aspergent mon pare-brise de gadoue. En actionnant les essuies-glace, je me souviens qu'il est temps que je les change. Ils ne fonctionnent plus très bien. Déjà que le vent me rendait la visibilité très réduite, j'arrive seulement à voir la route entre deux traces de slush brune. Bravo.
Pourquoi je n'écoute pas les bulletins météorologiques, comme tout le monde ?
Et elles sont où, les foutues grattes qui devraient m'ouvrir le chemin en laissant des traces de garnotte ?
Dès que je touche la pédale de frein, la voiture dérape. Dès que je touche l'accélérateur pour monter les côtes, je dérape. Waitress qui chiale, les jointures blanches sur le volant, le corps crispé.
Deux heures. Il m'a fallu deux heures pour gagner la maison de mes parents. J'ai les bras, les épaules et les trapèzes endoloris. J'ouvre la porte. La première chose que je demande, c'est une bière ou un verre de vin. Quelque chose pour m'aider à décanter.
C'est mieux d'être plaisant, le souper de filles. Si j'ai risqué ma vie, c'est pas pour me faire chier une soirée de temps. Certain.
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Escapade,
Histoire de neige,
Histoire de route,
Mauvaises habitudes
jeudi 25 octobre 2007
Du désenchantement
Waitress se prépare pour le travail. Sous la douche, je me mets à trembler. Je me sens nerveuse, comme à tous les matins. Tente de me raisonner en me parlant à voix haute « Ça va bien aller, calme-toi ». En fait, j’aurais plutôt envie de me rouler en boule dans mon lit et de ne pas répondre au téléphone lorsque le patron me cherchera. Disparaître, faire la morte pour lui.
Dans la voiture, mes muscles se contractes sans que j’y mette de volonté. Monte le son, allume une cigarette et je gueule sur la musique. Ça passe.
J’entre au restaurant. Vais déposer mon manteau, mon sac au sous-sol. Ça recommence. Et là, ça ne me quittera plus. Je prends les informations sur le menu du jour, vérifie ma section, termine la mise en place en surveillant la porte. À midi pile, je sais que je serai dans la merde.
Ma section se remplie d’un coup. J’apporte les verres d’eau, les apéros, prends les commandes. J’ai des entrées qui sortent sur le passe, ma collègue vient de partir avec les paniers à pain que je m’étais préparée, un câlis de capuccino à faire, des desserts à réchauffer et décorer, une facture à remettre et je vois que j’ai deux nouvelles tables d’arrivées.
Patron m’accroche pour me dire que c’est trop long à la 24. Que j’ai fait passer la 22 avant. Merde, ils m’ont donnée leur commande en rentrant dans le resto, les autres savaient pas encore ce qu’ils voulaient !
13h27. Ne reste plus que quelques clients qui sirotent leur thé vert. La tension retombe, j’entreprends le ménage. Avec le sentiment d’être nulle, pas à la hauteur.
Et ainsi, cinq jours par semaine. J’ai des cauchemars où on m’attaque, me menace, je dors mal. Je m’éveille en sachant que je vais aller vivre deux heures sur la corde raide. J’ai beau me dire que je m’en vais « jouer » au restaurant, ça reste quand même. Le chef avec son air bête, sa tendance à ne pas me répondre quand je pose une question. Le lundi, alors que Patron est absent, il me pète des coches parce que je prends les commandes trop vite. Le mardi, Patron me pète des coches parce que je ne prends pas les commandes assez vite.
Mon nouveau boulot ? Je sais pas. Je me demande si je dois laisser une chance ou bien déguerpir au plus sacrant. Parce qu’aujourd’hui, j’ai de profonds cernes noirs sous les yeux. Et j’commence à faire des boutons.
Dans la voiture, mes muscles se contractes sans que j’y mette de volonté. Monte le son, allume une cigarette et je gueule sur la musique. Ça passe.
J’entre au restaurant. Vais déposer mon manteau, mon sac au sous-sol. Ça recommence. Et là, ça ne me quittera plus. Je prends les informations sur le menu du jour, vérifie ma section, termine la mise en place en surveillant la porte. À midi pile, je sais que je serai dans la merde.
Ma section se remplie d’un coup. J’apporte les verres d’eau, les apéros, prends les commandes. J’ai des entrées qui sortent sur le passe, ma collègue vient de partir avec les paniers à pain que je m’étais préparée, un câlis de capuccino à faire, des desserts à réchauffer et décorer, une facture à remettre et je vois que j’ai deux nouvelles tables d’arrivées.
Patron m’accroche pour me dire que c’est trop long à la 24. Que j’ai fait passer la 22 avant. Merde, ils m’ont donnée leur commande en rentrant dans le resto, les autres savaient pas encore ce qu’ils voulaient !
13h27. Ne reste plus que quelques clients qui sirotent leur thé vert. La tension retombe, j’entreprends le ménage. Avec le sentiment d’être nulle, pas à la hauteur.
Et ainsi, cinq jours par semaine. J’ai des cauchemars où on m’attaque, me menace, je dors mal. Je m’éveille en sachant que je vais aller vivre deux heures sur la corde raide. J’ai beau me dire que je m’en vais « jouer » au restaurant, ça reste quand même. Le chef avec son air bête, sa tendance à ne pas me répondre quand je pose une question. Le lundi, alors que Patron est absent, il me pète des coches parce que je prends les commandes trop vite. Le mardi, Patron me pète des coches parce que je ne prends pas les commandes assez vite.
Mon nouveau boulot ? Je sais pas. Je me demande si je dois laisser une chance ou bien déguerpir au plus sacrant. Parce qu’aujourd’hui, j’ai de profonds cernes noirs sous les yeux. Et j’commence à faire des boutons.
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Travail de Waitress
samedi 13 octobre 2007
Du manque d'organisation
Jeudi, environs cinq minutes avant qu’il soit l’heure de quitter l’appartement pour rejoindre mes collègues à l’Île-d’Orléan. Waitress en panique, les cheveux mouillés, pas maquillée, attendant que ses vêtements soient prêts à sortir de la sécheuse. Téléphone.
C’est Balou, avec sa voix post-calvados. Il m’apprend qu’il dîne avec un ami, propriétaire d’un restaurant dans le très cossus Sillery. Qu’il est à la recherche d’une serveuse le midi à temps partiel. Vingt secondes plus tard, j’obtiens un rendez-vous avec le patron du bistro pour le lendemain, à 14h00. Waitress toujours en panique, avec le sourire.
*
Vendredi, mes yeux s’ouvrent. Pas de téléphone qui sonne. Il doit être tôt. Une femme doit me joindre vers 10h30 pour obtenir mon adresse. Elle se choisira un chaton. Un de moins. On se rapproche de la paix.
À la cuisine, je prépare la cafetière. Mes yeux tombent sur l’heure. Eh merde. 12h47. Ne jamais se fier sur les inconnus pour se lever.
Il me reste une heure et dix minutes pour me présenter à l’entrevue. Mon CV n’est pas à jour. Mon imprimante est chez Jeune Homme. Je l’appelle. Répondeur. Je regarde sur MSN. Pas connecté. Merde, merde, merde. Je regarde dans ma boîte de courriel, peut-être que la dernière fois que j’ai fait mon CV chez lui, j’ai pensé à me l’envoyer pour conserver une copie de sauvegarde. Non. Pas fait. Merde, merde, merde. Et puisque j’ai un nouvel ordinateur, je n’ai même pas un vieux modèle d’il y a trois ans pour prendre de la vitesse.
Je trouve une copie papier du dernier que j’ai fait. Un peu chiffonné. Rendu là, on s’en fou. J’appelle Française.
- Je te réveille ?
- Un peu.
- As-tu une imprimante ?
- Oui, mais elle n’est pas branchée depuis que j’ai déménagé.
- Ok. Je peux passer chez toi pour imprimer ma lettre de présentation pour mon entrevue ?
- Ça ressemble à une fille qui manque d’organisation.
- Je sais, je sais. Je peux-tu ?
- Oui, je t’attends.
Vite fait, je rédige une lettre de présentation. Des conneries. Jamais je n’ai donné quelque chose d’aussi insipide à un employeur potentiel. Tant pis. Je regarde l’heure. 13h09. Waitress pas douchée. Je n’ai pas le temps de me préparer, de passer chez Française et d’arriver à l’heure au resto.
- Française ?
- Voui ?
- Je peux te demander un énorme, ÉNORME service ?
- Quoi ?
- Je peux t’envoyer ma lettre par e-mail pour que tu l’imprime et passes me la porter pendant que je me prépare ?
- Ish.
- Je t’en prie !
- Ok, ok.
J’envoie le document à ma copine et comme je m’apprête à entrer dans la douche, la sonnerie du tel.
- Waitress, ton Word est trop récent, je peux pas l’ouvrir.
- Merde, merde, merde. Je fais copier coller alors.
Waitress saute dans la douche, enfile un pantalon noir, une camisole noire et une veste noire à la vitesse de l’éclair. Le temps de me coiffer et de me maquiller, on cogne à la porte. 13h35. Française en boxer devant moi, un pli de drap sur la joue droite.
Elle me tend une feuille. Pépin. Gros pépin. Le texte, en tout petits caractères, prend à peine la moitié de l’espace en plus d’être enligné à droite. C’est laid. Très laid. Waitress a envie de chialer. Un CV pas à jour, froissé, avec une horrible lettre de présentation, autant au point de l’esthétique que du contenu. Waitress chiale un peu. S’excuse et dit merci. Française repart, je demande un taxi.
13h52. Waitress entre dans une belle salle à manger, aux murs orange brûlé et tangerine. Trois serveurs, jeunes, souriants.
Nerveuse, nerveuse.
C’est Balou, avec sa voix post-calvados. Il m’apprend qu’il dîne avec un ami, propriétaire d’un restaurant dans le très cossus Sillery. Qu’il est à la recherche d’une serveuse le midi à temps partiel. Vingt secondes plus tard, j’obtiens un rendez-vous avec le patron du bistro pour le lendemain, à 14h00. Waitress toujours en panique, avec le sourire.
*
Vendredi, mes yeux s’ouvrent. Pas de téléphone qui sonne. Il doit être tôt. Une femme doit me joindre vers 10h30 pour obtenir mon adresse. Elle se choisira un chaton. Un de moins. On se rapproche de la paix.
À la cuisine, je prépare la cafetière. Mes yeux tombent sur l’heure. Eh merde. 12h47. Ne jamais se fier sur les inconnus pour se lever.
Il me reste une heure et dix minutes pour me présenter à l’entrevue. Mon CV n’est pas à jour. Mon imprimante est chez Jeune Homme. Je l’appelle. Répondeur. Je regarde sur MSN. Pas connecté. Merde, merde, merde. Je regarde dans ma boîte de courriel, peut-être que la dernière fois que j’ai fait mon CV chez lui, j’ai pensé à me l’envoyer pour conserver une copie de sauvegarde. Non. Pas fait. Merde, merde, merde. Et puisque j’ai un nouvel ordinateur, je n’ai même pas un vieux modèle d’il y a trois ans pour prendre de la vitesse.
Je trouve une copie papier du dernier que j’ai fait. Un peu chiffonné. Rendu là, on s’en fou. J’appelle Française.
- Je te réveille ?
- Un peu.
- As-tu une imprimante ?
- Oui, mais elle n’est pas branchée depuis que j’ai déménagé.
- Ok. Je peux passer chez toi pour imprimer ma lettre de présentation pour mon entrevue ?
- Ça ressemble à une fille qui manque d’organisation.
- Je sais, je sais. Je peux-tu ?
- Oui, je t’attends.
Vite fait, je rédige une lettre de présentation. Des conneries. Jamais je n’ai donné quelque chose d’aussi insipide à un employeur potentiel. Tant pis. Je regarde l’heure. 13h09. Waitress pas douchée. Je n’ai pas le temps de me préparer, de passer chez Française et d’arriver à l’heure au resto.
- Française ?
- Voui ?
- Je peux te demander un énorme, ÉNORME service ?
- Quoi ?
- Je peux t’envoyer ma lettre par e-mail pour que tu l’imprime et passes me la porter pendant que je me prépare ?
- Ish.
- Je t’en prie !
- Ok, ok.
J’envoie le document à ma copine et comme je m’apprête à entrer dans la douche, la sonnerie du tel.
- Waitress, ton Word est trop récent, je peux pas l’ouvrir.
- Merde, merde, merde. Je fais copier coller alors.
Waitress saute dans la douche, enfile un pantalon noir, une camisole noire et une veste noire à la vitesse de l’éclair. Le temps de me coiffer et de me maquiller, on cogne à la porte. 13h35. Française en boxer devant moi, un pli de drap sur la joue droite.
Elle me tend une feuille. Pépin. Gros pépin. Le texte, en tout petits caractères, prend à peine la moitié de l’espace en plus d’être enligné à droite. C’est laid. Très laid. Waitress a envie de chialer. Un CV pas à jour, froissé, avec une horrible lettre de présentation, autant au point de l’esthétique que du contenu. Waitress chiale un peu. S’excuse et dit merci. Française repart, je demande un taxi.
13h52. Waitress entre dans une belle salle à manger, aux murs orange brûlé et tangerine. Trois serveurs, jeunes, souriants.
Nerveuse, nerveuse.
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Travail de Waitress
mercredi 10 octobre 2007
Mise à mort, Part II
J’invite Joli Minois à la cuisine, où il découvre Française en pleine préparation du repas. Je me sens affreusement gênée; elle aurait dût être partie à son arrivée. Ainsi, il m’aurait été possible de mentionner qu’elle m’avait donné un coup de main, plutôt qu’il constate qu’elle a tout fait. J’offre une bière à JM, nous discutons tous ensemble.
JM : Tu restes souper avec nous ?
Française : Non, je finis ma bière et je me tire.
JM : Ben non, ça pas de bon sang, faut tu restes.
Française : J’ai quelque chose de prévu plus tard, je pourrai pas.
Waitress : Bha, tu prendras l’apéro avec nous, alors ?
Trois flûtes à champagne apparaissent, puis la bouteille de vin mousseux. JM fait une drôle de tête. Il vient d’apercevoir les deux bouteilles de vin. Un léger calcul le mène à la conclusion que j’ai l’intention de le saouler un peu, ce qui ne fait pas parti de ses habitudes en pleine semaine. Ni lors du week-end. Tchin-tchin, on trinque. Waitress nerveuse se retient de ne pas vider son verre d’un trait.
*
À table, devant le tartare de bœuf. J’attends une pause de conversation pour la première question. C’est parti. Nous discutons du fait que Joli Minois a invité son ex au souper de fête de sa mère, trois semaines plus tôt. JM en colère contre Waitress. Il la croit possessive et jalouse.
- Euh, non. C’est pas le fait que tu ais été avec elle qui me dérange. Plutôt le pourquoi tu as tenté de me le cacher.
*
Au plat de résistance, Waitress poursuit l’attaque. J’avance nos projets plutôt divergeant pour le futur, notre manière de vivre qui ne se ressemble pas.
- Waitress, j’ai l’impression que tu fais tout pour me décourager d’être avec toi.
Dans les dents. Quoi répondre ? Il a raison. Je commence à devenir amoureuse. Puisque je me doute que ce sentiment n’est pas partagé, je tente de faire en sorte qu’il me fuie. Je n’arrive pas à me convaincre de ne plus le téléphoner, à refuser ses invitations, à l’expulser de mon existence. Il faut que l’initiative vienne de son côté, au plus vite. J’aurai mal et ça passera. L’ennuie, c’est que je ne peux pas lui dire. Il me prendra pour une folle. À moins que ce ne soit déjà le cas ?
Waitress change de sujet.
*
Le brick aux pommes et au romarin sur la table. J’arrive à la finale.
- Si tu ne sais pas ce que tu veux avec moi, si tu hésites à ce point, JM, tu ne crois pas que c’est justement parce que ça ne t’intéresse pas, que tu devines que ça ne fonctionnerait pas nous deux ?
Renversement de situation. Ce devrait être le coup de grâce, le moment ou il avoue que j’ai misé juste, que nous devrions cesser de nous fréquenter. Il me retourne plutôt la question. Pense que je fais de la projection, que c’est plutôt moi qui hésite, envoie des messages contradictoires.
Et la Waitress d’avouer qu’elle devient amoureuse…
***
Une semaine plus tard, j’ai encore des nouvelles de Joli Minois. Nous nous voyons toujours. Et il n’a pas encore parlé. J’ignore ce qu’il pense, ce qu’il veut, ne veut pas. Et je me balade partout, ma tête coupée sous le bras.
JM : Tu restes souper avec nous ?
Française : Non, je finis ma bière et je me tire.
JM : Ben non, ça pas de bon sang, faut tu restes.
Française : J’ai quelque chose de prévu plus tard, je pourrai pas.
Waitress : Bha, tu prendras l’apéro avec nous, alors ?
Trois flûtes à champagne apparaissent, puis la bouteille de vin mousseux. JM fait une drôle de tête. Il vient d’apercevoir les deux bouteilles de vin. Un léger calcul le mène à la conclusion que j’ai l’intention de le saouler un peu, ce qui ne fait pas parti de ses habitudes en pleine semaine. Ni lors du week-end. Tchin-tchin, on trinque. Waitress nerveuse se retient de ne pas vider son verre d’un trait.
*
À table, devant le tartare de bœuf. J’attends une pause de conversation pour la première question. C’est parti. Nous discutons du fait que Joli Minois a invité son ex au souper de fête de sa mère, trois semaines plus tôt. JM en colère contre Waitress. Il la croit possessive et jalouse.
- Euh, non. C’est pas le fait que tu ais été avec elle qui me dérange. Plutôt le pourquoi tu as tenté de me le cacher.
*
Au plat de résistance, Waitress poursuit l’attaque. J’avance nos projets plutôt divergeant pour le futur, notre manière de vivre qui ne se ressemble pas.
- Waitress, j’ai l’impression que tu fais tout pour me décourager d’être avec toi.
Dans les dents. Quoi répondre ? Il a raison. Je commence à devenir amoureuse. Puisque je me doute que ce sentiment n’est pas partagé, je tente de faire en sorte qu’il me fuie. Je n’arrive pas à me convaincre de ne plus le téléphoner, à refuser ses invitations, à l’expulser de mon existence. Il faut que l’initiative vienne de son côté, au plus vite. J’aurai mal et ça passera. L’ennuie, c’est que je ne peux pas lui dire. Il me prendra pour une folle. À moins que ce ne soit déjà le cas ?
Waitress change de sujet.
*
Le brick aux pommes et au romarin sur la table. J’arrive à la finale.
- Si tu ne sais pas ce que tu veux avec moi, si tu hésites à ce point, JM, tu ne crois pas que c’est justement parce que ça ne t’intéresse pas, que tu devines que ça ne fonctionnerait pas nous deux ?
Renversement de situation. Ce devrait être le coup de grâce, le moment ou il avoue que j’ai misé juste, que nous devrions cesser de nous fréquenter. Il me retourne plutôt la question. Pense que je fais de la projection, que c’est plutôt moi qui hésite, envoie des messages contradictoires.
Et la Waitress d’avouer qu’elle devient amoureuse…
***
Une semaine plus tard, j’ai encore des nouvelles de Joli Minois. Nous nous voyons toujours. Et il n’a pas encore parlé. J’ignore ce qu’il pense, ce qu’il veut, ne veut pas. Et je me balade partout, ma tête coupée sous le bras.
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Histoire d'amour,
Joli Minois,
Mauvaises habitudes
jeudi 30 août 2007
Les trains qui passent
Lundi, le week-end de Waitress s’amorce. Je me pointe au bar, où Française m’attend, deux gins sur la petite table de la terrasse. Nous sommes au milieu du cinq-à-sept de la restauration. Outre Française, deux autres cuisiniers sont là, de même que le serveur responsable d’un nouveau resto du Carré d’Youville. Un propriétaire de bar boit à la table derrière nous, tout le monde qui jase, tout le monde qui niaise et c’est parti. La danse des verres vides des verres pleins.
M. Magazine arrive, avec quelques amis. Bonjour discret de la tête. Profitant d’un aller-retour à l’intérieur de ma copine, il vient s’assoir à ma table. Il porte un affreux chandail beige-gris. À col roulé. Son sourire et ses yeux pétillants compensent presque son manque de goût.
- Ta patronne t’a dit que j’ai téléphoné ?
- Si.
- Deux fois ?
- Si.
- Pourquoi tu n’as pas rappelé ?
Waitress qui patine. On m’a dit qu’il avait une copine. Ce qui m’a convaincu de ne pas retourner le premier appel. Ensuite, je ne retourne jamais d’appel.
- Pourquoi ?
- Je suis une personne timide.
- As-tu idée du nombre de possibilité que tu as manqué par pudeur ?
Waitress cassée. Je réfléchie aux occasions ratées parce que je n’ai pas osé. Toutes ces fois où une invitation et un numéro m’attendaient sur le répondeur. Ces hommes qui laissent un puis deux messages et qui ne donnent plus de nouvelles. Normal. Mon silence interprété comme un refus. Oui, combien de perches tendues ?
Waitress en pleine angoisse devant M. Magazine. Je tente un subtil changement de sujet, mais j’ai la tête ailleurs. Je pense aux vies possibles que j’ai évitées. À cette boîte sous mon lit, remplie de numéros de téléphone que je n’ai jamais composés. Pourquoi ?
Par peur. Du ridicule, comme du bonheur. Une ligne qui s’étend sur chaque moment de mon quotidien; Waitress et la crainte de la nourriture, Waitress aux instincts réprimés, aux désirs refoulés. Waitress et la peur de vivre.
L’incertitude qui me donne des boutons, les prises de décisions qui m’empêchent de dormir. Cette incapacité à formuler des « Je rêve de », « J’aimerais bien ». Les projets avortés par la simple pensé que c’est impossible, que je ne peux pas me permettre un tel truc.
Il me semble que je n’ai rien fait de l’été. Ni du reste de l’année. Pourquoi ? Combien de vies possibles j’ai regardé passé ?
Faudrait cesser de regarder les trains passer, en choisir un, par raison ou par hasard, mais tenter quelque chose. Oser, choisir d’être moi, une femme qui mord dans la vie, en mode action. En finir avec cette habitude à me laisser flotter au vent, sans m’accrocher à rien jamais. Vivre, tomber, me péter la gueule, mais foutre quelque chose avec la certitude d’exister.
M. Magazine qui parle devant moi. Et la Waitress qui n’écoute plus rien. Qui se dit par contre qu’elle ne prendra pas ce train là. Il s’avère que le garçon pu du bec.
M. Magazine arrive, avec quelques amis. Bonjour discret de la tête. Profitant d’un aller-retour à l’intérieur de ma copine, il vient s’assoir à ma table. Il porte un affreux chandail beige-gris. À col roulé. Son sourire et ses yeux pétillants compensent presque son manque de goût.
- Ta patronne t’a dit que j’ai téléphoné ?
- Si.
- Deux fois ?
- Si.
- Pourquoi tu n’as pas rappelé ?
Waitress qui patine. On m’a dit qu’il avait une copine. Ce qui m’a convaincu de ne pas retourner le premier appel. Ensuite, je ne retourne jamais d’appel.
- Pourquoi ?
- Je suis une personne timide.
- As-tu idée du nombre de possibilité que tu as manqué par pudeur ?
Waitress cassée. Je réfléchie aux occasions ratées parce que je n’ai pas osé. Toutes ces fois où une invitation et un numéro m’attendaient sur le répondeur. Ces hommes qui laissent un puis deux messages et qui ne donnent plus de nouvelles. Normal. Mon silence interprété comme un refus. Oui, combien de perches tendues ?
Waitress en pleine angoisse devant M. Magazine. Je tente un subtil changement de sujet, mais j’ai la tête ailleurs. Je pense aux vies possibles que j’ai évitées. À cette boîte sous mon lit, remplie de numéros de téléphone que je n’ai jamais composés. Pourquoi ?
Par peur. Du ridicule, comme du bonheur. Une ligne qui s’étend sur chaque moment de mon quotidien; Waitress et la crainte de la nourriture, Waitress aux instincts réprimés, aux désirs refoulés. Waitress et la peur de vivre.
L’incertitude qui me donne des boutons, les prises de décisions qui m’empêchent de dormir. Cette incapacité à formuler des « Je rêve de », « J’aimerais bien ». Les projets avortés par la simple pensé que c’est impossible, que je ne peux pas me permettre un tel truc.
Il me semble que je n’ai rien fait de l’été. Ni du reste de l’année. Pourquoi ? Combien de vies possibles j’ai regardé passé ?
Faudrait cesser de regarder les trains passer, en choisir un, par raison ou par hasard, mais tenter quelque chose. Oser, choisir d’être moi, une femme qui mord dans la vie, en mode action. En finir avec cette habitude à me laisser flotter au vent, sans m’accrocher à rien jamais. Vivre, tomber, me péter la gueule, mais foutre quelque chose avec la certitude d’exister.
M. Magazine qui parle devant moi. Et la Waitress qui n’écoute plus rien. Qui se dit par contre qu’elle ne prendra pas ce train là. Il s’avère que le garçon pu du bec.
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Dans les bars,
Les p'tits gars,
les questions,
Mauvaises habitudes
dimanche 19 août 2007
Lâcher prise
Waitress et l’errance. Une soif sans limite dans le gosier. Dès que j’ouvre les yeux, hésitation. Lait ou Amarula pour accompagner le café ? J’ai de la visite et je profite de leur tournette à la salle de bain pour remplir mon verre à nouveau. Au bar, j’enfile les gins version haute vitesse. On ne me fait plus payer au fur et à mesure, et j’apprends ensuite qu’en deux heures, j’en ai mis onze dans mon corps. Pourtant, je marche droit, pas saoule, ni désagréable.
Les jours de congés, le temps passe avec les divers cocktails. Un bar perpétuel chez moi. Au frigo, bière, vin blanc, gin, vodka, Amarula. Jus d’orange, de canneberge et tonic water se tiennent à côté. Dans l’armoire au-dessus du poêle, vin rouge, triple sec et abricot brandy. Le congélateur n’en finit plus de me fabriquer des glaçons.
Pourtant, aucune tristesse chez Waitress. Juste une soif. Je ris sans masque, j’ai du plaisir à côtoyer amis et collègues de travail. J’aime mon boulot. Mon appartement. Mes activités. Et cette envie d’alcool incessante.
En même temps, cette haine du corps. Il prend trop d’espace, il recouvre trop le cœur. Je mange parce qu’il le faut bien. Culpabilité chaque fois. Je monte sur la balance. Horreur. Je deviens obsédée par la nourriture. La raison qui trouve le tout si stupide, qui sait que je suis à la limite de la minceur et de la maigreur. Les yeux qui voient de grosses fesses, de grosses cuisses dans le miroir. Qui n’existent pas. Une division en mon être. Le rationnel contre l’anxiété. Et la Waitress qui se sent stupide, stupide, STUPIDE !
Comme une gamine. Qui réclame un peu d’attention, qui a besoin d’une paire de bras chauds et d’un murmure à l’oreille. « Tout ira bien, t’inquiètes ». Pour que cesse le tourment. Faire confiance. Lâcher prise.
Les jours de congés, le temps passe avec les divers cocktails. Un bar perpétuel chez moi. Au frigo, bière, vin blanc, gin, vodka, Amarula. Jus d’orange, de canneberge et tonic water se tiennent à côté. Dans l’armoire au-dessus du poêle, vin rouge, triple sec et abricot brandy. Le congélateur n’en finit plus de me fabriquer des glaçons.
Pourtant, aucune tristesse chez Waitress. Juste une soif. Je ris sans masque, j’ai du plaisir à côtoyer amis et collègues de travail. J’aime mon boulot. Mon appartement. Mes activités. Et cette envie d’alcool incessante.
En même temps, cette haine du corps. Il prend trop d’espace, il recouvre trop le cœur. Je mange parce qu’il le faut bien. Culpabilité chaque fois. Je monte sur la balance. Horreur. Je deviens obsédée par la nourriture. La raison qui trouve le tout si stupide, qui sait que je suis à la limite de la minceur et de la maigreur. Les yeux qui voient de grosses fesses, de grosses cuisses dans le miroir. Qui n’existent pas. Une division en mon être. Le rationnel contre l’anxiété. Et la Waitress qui se sent stupide, stupide, STUPIDE !
Comme une gamine. Qui réclame un peu d’attention, qui a besoin d’une paire de bras chauds et d’un murmure à l’oreille. « Tout ira bien, t’inquiètes ». Pour que cesse le tourment. Faire confiance. Lâcher prise.
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Histoire de fille,
Histoires d'alcool,
Mauvaises habitudes
jeudi 5 juillet 2007
Nouvelle
- Waitress ?
- Humm ?
- As-tu des problèmes de drogue ?
- Euh pas vraiment.
- Ben... as-tu des dettes de drogues ?
- Non plus, faut en faire beaucoup avant d'arriver là.
- Des dettes de jeux ?
- C'est quoi ces questions là ?
- On se demande juste pourquoi tu travailles autant...
- Je sais pas, je sais pas...
Exemple typique de conversation. Collègues et amis émettent beaucoup d'hypothèses depuis un certain temps. Waitress s'est demandée pourquoi, justement.
Au départ, l'idée était de ne pas avoir de vie. Plus d'impression de solitude, plus de temps pour les nouvelles rencontres, le coeur qui s'oublie et devient machine, le cerveau trop mort pour réfléchir. L'ennui, c'est que j'ai quand même réussis à avoir un semblant de vie. À m'attacher aux gens qui m'entourent. Et c'est ce que je tentais d'éviter.
Puis, la lassitude est venue. Plus de force dans mes bras, ni dans mes cuisses. Mon corps qui s'efface. Mes soupirs à longueur de journée. Et la panique et l'angoisse. Décidé de faire quelque chose.
Demain, j'accroche ma cravate rouge et soyeuse. Un dernier huit heures à l'hôtel. Pourtant, aucun soulagement en vue.
J'affronterai à nouveau ma solitude, mon quotidien vide, ma table de cuisine trop grande pour une seule personne. Nouvelle panique, nouvelle angoisse. Je ferai face à la vie.
- Humm ?
- As-tu des problèmes de drogue ?
- Euh pas vraiment.
- Ben... as-tu des dettes de drogues ?
- Non plus, faut en faire beaucoup avant d'arriver là.
- Des dettes de jeux ?
- C'est quoi ces questions là ?
- On se demande juste pourquoi tu travailles autant...
- Je sais pas, je sais pas...
Exemple typique de conversation. Collègues et amis émettent beaucoup d'hypothèses depuis un certain temps. Waitress s'est demandée pourquoi, justement.
Au départ, l'idée était de ne pas avoir de vie. Plus d'impression de solitude, plus de temps pour les nouvelles rencontres, le coeur qui s'oublie et devient machine, le cerveau trop mort pour réfléchir. L'ennui, c'est que j'ai quand même réussis à avoir un semblant de vie. À m'attacher aux gens qui m'entourent. Et c'est ce que je tentais d'éviter.
Puis, la lassitude est venue. Plus de force dans mes bras, ni dans mes cuisses. Mon corps qui s'efface. Mes soupirs à longueur de journée. Et la panique et l'angoisse. Décidé de faire quelque chose.
Demain, j'accroche ma cravate rouge et soyeuse. Un dernier huit heures à l'hôtel. Pourtant, aucun soulagement en vue.
J'affronterai à nouveau ma solitude, mon quotidien vide, ma table de cuisine trop grande pour une seule personne. Nouvelle panique, nouvelle angoisse. Je ferai face à la vie.
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Bonne habitude,
Mauvaises habitudes,
Repos,
Travail de Waitress
mercredi 4 juillet 2007
Waitress du vent
Waitress, assise dans les marches de la cuisine, tard dans la nuit. Charmant Garçon à sa gauche.
Le coeur bat fort et vite, les mains moites. Je parle. Lui dis que je m'attache, que je deviens amoureuse. Que je vois bien que ce n'est pas réciproque, mais j'ai besoin de l'entendre avec sa voix.
Pas d'erreur. Charmant Garçon ne l'aime pas. Il passe un bon moment. Waitress du divertissement, du bonbon qui fait du bien aux hommes.
Son visage dans ses mains, ses yeux qui se détournent des miens, il se sent mal. Pas de larme. Je prends ma douleur, la pousse loin, loin, loin. Peur de sentir mon corps se casser parce que la douleur est solide. Je donne un sourire. Tout petit. Ma main sur son bras.
- C'est correcte, tu sais.
Charmant Garçon dans mon lit. On a fait l'amour. Non. Rendu là, j'appelle ça baiser. On a baisé ensemble, chacun avec son plaisir, sans y mettre beaucoup de coeur. Une couchette froide et rapide pour mieux dormir.
***
Le lendemain, on passe la journée ensemble. Comme si je n'avais rien dit. Suis allée l'aider à terminer la peinture de sa chambre et, en étendant de la couleur liquide, j'ai pensé à Mâle Alpha.
Mâle Alpha qui m'aimait. Que je n'aimais pas. Qui est quand même venu m'aider à peinturer mon nouvel appartement. Le retour du balancier.
***
Plus tard, seule dans mon lit, j'ai crié. Pas trop fort, pour ne pas réveiller les voisins. Juste pour que quelque chose sorte de moi. Est venue une larme. Une seule que j'ai laissé sécher sur ma joue.
On passe à autre chose. Waitress du vent, de la carapace, qui se laisse glisser sans s'accrocher.
Le coeur bat fort et vite, les mains moites. Je parle. Lui dis que je m'attache, que je deviens amoureuse. Que je vois bien que ce n'est pas réciproque, mais j'ai besoin de l'entendre avec sa voix.
Pas d'erreur. Charmant Garçon ne l'aime pas. Il passe un bon moment. Waitress du divertissement, du bonbon qui fait du bien aux hommes.
Son visage dans ses mains, ses yeux qui se détournent des miens, il se sent mal. Pas de larme. Je prends ma douleur, la pousse loin, loin, loin. Peur de sentir mon corps se casser parce que la douleur est solide. Je donne un sourire. Tout petit. Ma main sur son bras.
- C'est correcte, tu sais.
Charmant Garçon dans mon lit. On a fait l'amour. Non. Rendu là, j'appelle ça baiser. On a baisé ensemble, chacun avec son plaisir, sans y mettre beaucoup de coeur. Une couchette froide et rapide pour mieux dormir.
***
Le lendemain, on passe la journée ensemble. Comme si je n'avais rien dit. Suis allée l'aider à terminer la peinture de sa chambre et, en étendant de la couleur liquide, j'ai pensé à Mâle Alpha.
Mâle Alpha qui m'aimait. Que je n'aimais pas. Qui est quand même venu m'aider à peinturer mon nouvel appartement. Le retour du balancier.
***
Plus tard, seule dans mon lit, j'ai crié. Pas trop fort, pour ne pas réveiller les voisins. Juste pour que quelque chose sorte de moi. Est venue une larme. Une seule que j'ai laissé sécher sur ma joue.
On passe à autre chose. Waitress du vent, de la carapace, qui se laisse glisser sans s'accrocher.
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Les p'tits gars,
Mauvaises habitudes
mardi 26 juin 2007
De la vie de Waitress
Par un sale soir de novembre, un homme s'assoit au bar, à la gauche de Waitress. Il enfile quelques bières avec elle, en menant la conversation.
Waitress à une autre époque. Celle des cheveux longs, pantalons carottés. Du coeur fragile, de l'imagination débordante.
Elle sent un malaise au contact de l'homme. Ça provient de ses yeux. Un regard froid, pesant, calculateur. Une lueur de démence, comme on en voit parfois en attendant l'autobus. La petite voix qui hurle de partir. Sentiment d'urgence.
Waitress est restée là. Un soir. Deux semaines. Quelques mois. Une année.
Jeune et naïve, elle ne voit rien. De la violence du garçon, du mépris qu'il porte pour elle. Elle le laisse s'installer chez elle. Elle le laisse dicter sa vie.
Ça commence avec une interdiction de fumer à l'intérieur. Puis de boire sa sorte de bière préférée. Puis de fréquenter certaines personnes. Et le bar.
Un après-midi, elle décide quand même d'aller prendre une Boréale Rousse au bar. En cachette, avant de se rendre à l'université. Elle croise ses amis, boit avec eux. Passe un bon moment. Ils s'inquiètent pour elle.
Tout va bien, tout va bien. Je déménage, je retourne à Thetford le mois prochain. Il vient avec moi.
Elle oublie d'aller à l'école. Trop de plaisir. Trop saoule pour y aller aussi. À 22h00, elle ouvre la porte de l'appartement. Y trouve un garçon en colère parce qu'elle marche croche.
- T'es qu'une ostie de conne.
- Arrête de dire ça...
- J'sais pas pourquoi je reste avec toi.
- ...
Sur la joue gauche du revers de la main. Waitress par terre. Lui qui hurle à côté d'elle. Elle pleure. Elle a peur. Elle se lève, encore sur la joue gauche. Lui dit de dormir sur le sofa et elle va se coucher.
Le lendemain, il s'excuse. Il pleure aussi. La jeune femme au grand coeur mou décide de pardonner. Erreur.
À force de l'entendre vomir son mépris sur elle, elle se dit qu'elle est chanceuse. Elle si conne, si folle, si salope, malgré tout, il est là. Et il l'aime. Personne d'autre n'en ferait autant.
Ils se retrouvent dans leur nouvel appartement. Les querelles s'intensifient. Garçon Dérangé assassine Waitress à petit feu. Elle boit de plus en plus. Ne mange plus. Se pète la face du matin au soir.
Un jour, il lui casse une dent. Puis un doigt. Lui lance ses bouteilles de bières. L'étrangle. Lui fracasse la tête contre un mur. Commotion cérébrale. Elle a toujours une explication plausible à fournir aux marques. Ça passe dans le beurre. Sauf le jour où elle se présente au travail avec un oeil de raton-laveur.
Il la contrôle de plus en plus. Lit ses courriels, son journal intime. La frappe pour ce qu'elle y raconte.
Elle a peur. N'arrive pas à appeler la police. Si elle se rend au téléphone, il la frappe avec. Si elle se penche à la fenêtre en appelant au secours, il lui tape plus fort dessus. Elle n'appelle plus à l'aide. Elle se terre dans son petit corps de plus en plus malade.
- J'vais te tuer, câlis de folle.
Elle marche doucement vers lui. Écarte les bras et sourie.
- Vas-y, j'vais cesser d'avoir mal, au moins.
Il est lâche.
Un soir, avec une amie. Une nuit de champignons, d'alcool et de cocaïne. Elle se dit que c'est finit. Qu'il part de chez elle. Que ce n'est pas normal. Que ce n'est pas ça l'amour. Elle tombe trois fois dans les pommes avant de rentrer chez elle, au levé du soleil, en tremblant.
Elle se met nue, il se réveille.
- Avec qui t'as couché, salope.
- Personne. J'étais avec Miss V.
- S't'encore pire, tu m'as trahit.
La dernière fois. Il est parti ensuite. J'ai réussit à le foutre à la porte. Puis, six semaines pour réaliser qu'il me battait. Six semaines pour comprendre que j'avais laissé tout ça m'arriver. Le cercle de la violence toujours plus rapide. Une volée par jour. Pour bien dormir.
Depuis, je rêve de carnage. De sang qui coule. Waitress cassée. Waitress au corps brisé. La rage du garçon a pénétré son coeur. Elle est là, toujours.
à pisser rouge comme une fontaine elle apprit à mesurer l'amour à la douleur du corps oubliait de compter les pulsions du coeur pour comprendre qu'il fallait ralentir le débit
Waitress à une autre époque. Celle des cheveux longs, pantalons carottés. Du coeur fragile, de l'imagination débordante.
Elle sent un malaise au contact de l'homme. Ça provient de ses yeux. Un regard froid, pesant, calculateur. Une lueur de démence, comme on en voit parfois en attendant l'autobus. La petite voix qui hurle de partir. Sentiment d'urgence.
Waitress est restée là. Un soir. Deux semaines. Quelques mois. Une année.
Jeune et naïve, elle ne voit rien. De la violence du garçon, du mépris qu'il porte pour elle. Elle le laisse s'installer chez elle. Elle le laisse dicter sa vie.
Ça commence avec une interdiction de fumer à l'intérieur. Puis de boire sa sorte de bière préférée. Puis de fréquenter certaines personnes. Et le bar.
Un après-midi, elle décide quand même d'aller prendre une Boréale Rousse au bar. En cachette, avant de se rendre à l'université. Elle croise ses amis, boit avec eux. Passe un bon moment. Ils s'inquiètent pour elle.
Tout va bien, tout va bien. Je déménage, je retourne à Thetford le mois prochain. Il vient avec moi.
Elle oublie d'aller à l'école. Trop de plaisir. Trop saoule pour y aller aussi. À 22h00, elle ouvre la porte de l'appartement. Y trouve un garçon en colère parce qu'elle marche croche.
- T'es qu'une ostie de conne.
- Arrête de dire ça...
- J'sais pas pourquoi je reste avec toi.
- ...
Sur la joue gauche du revers de la main. Waitress par terre. Lui qui hurle à côté d'elle. Elle pleure. Elle a peur. Elle se lève, encore sur la joue gauche. Lui dit de dormir sur le sofa et elle va se coucher.
Le lendemain, il s'excuse. Il pleure aussi. La jeune femme au grand coeur mou décide de pardonner. Erreur.
À force de l'entendre vomir son mépris sur elle, elle se dit qu'elle est chanceuse. Elle si conne, si folle, si salope, malgré tout, il est là. Et il l'aime. Personne d'autre n'en ferait autant.
Ils se retrouvent dans leur nouvel appartement. Les querelles s'intensifient. Garçon Dérangé assassine Waitress à petit feu. Elle boit de plus en plus. Ne mange plus. Se pète la face du matin au soir.
Un jour, il lui casse une dent. Puis un doigt. Lui lance ses bouteilles de bières. L'étrangle. Lui fracasse la tête contre un mur. Commotion cérébrale. Elle a toujours une explication plausible à fournir aux marques. Ça passe dans le beurre. Sauf le jour où elle se présente au travail avec un oeil de raton-laveur.
Il la contrôle de plus en plus. Lit ses courriels, son journal intime. La frappe pour ce qu'elle y raconte.
Elle a peur. N'arrive pas à appeler la police. Si elle se rend au téléphone, il la frappe avec. Si elle se penche à la fenêtre en appelant au secours, il lui tape plus fort dessus. Elle n'appelle plus à l'aide. Elle se terre dans son petit corps de plus en plus malade.
- J'vais te tuer, câlis de folle.
Elle marche doucement vers lui. Écarte les bras et sourie.
- Vas-y, j'vais cesser d'avoir mal, au moins.
Il est lâche.
Un soir, avec une amie. Une nuit de champignons, d'alcool et de cocaïne. Elle se dit que c'est finit. Qu'il part de chez elle. Que ce n'est pas normal. Que ce n'est pas ça l'amour. Elle tombe trois fois dans les pommes avant de rentrer chez elle, au levé du soleil, en tremblant.
Elle se met nue, il se réveille.
- Avec qui t'as couché, salope.
- Personne. J'étais avec Miss V.
- S't'encore pire, tu m'as trahit.
La dernière fois. Il est parti ensuite. J'ai réussit à le foutre à la porte. Puis, six semaines pour réaliser qu'il me battait. Six semaines pour comprendre que j'avais laissé tout ça m'arriver. Le cercle de la violence toujours plus rapide. Une volée par jour. Pour bien dormir.
Depuis, je rêve de carnage. De sang qui coule. Waitress cassée. Waitress au corps brisé. La rage du garçon a pénétré son coeur. Elle est là, toujours.
à pisser rouge comme une fontaine elle apprit à mesurer l'amour à la douleur du corps oubliait de compter les pulsions du coeur pour comprendre qu'il fallait ralentir le débit
jeudi 21 juin 2007
Leçon de survie
Ahhhh cher Lecteur, tu te demandes sans doute comment la Waitress réussis à passer au travers de sa semaine de fou sans saigner du nez, tout en trouvant le temps de te pondre de mauvais textes, n'est-ce pas ? Et tu te dis ça sans réfléchir au fait que je trouve encore du temps pour socialiser avec quelques personnes de mon choix ! (Pas longtemps c'est vrai, mais en deux minutes, il est possible d'avoir des nouvelles de tout le monde)
À 4h00 ce matin, après une fabuleuse nuit solitaire de trois longues heures de sommeil réparateur, mon cerveau fonctionnait à la vitesse lumière. Je dois aider mon prochain. Je vais donner mes trucs pour vivre sans repos jamais, et ce, sans recourir à l'utilisation de drogues illicites. Lecteur, soit attentif, donc.
- D'abord, le corps s'habitue au manque de sommeil. Après un certain temps qui varie selon la personne, le corps trouvera les nuits de trois ou quatre heures tout à fait normal. Au levé, on se sent alors plein d'énergie et la bonne humeur s'installe d'elle-même.
- Il faut boire davantage de café aussi. Et le préparer beaucoup plus fort. Par exemple, si je veux quatre tasses de café, je mets dans le filtre une cuillère de mouture pour la cafetière, 8 autres mesures et j'en ajoute une toute dernière pour la chance. Je répète l'expérience au besoin au cours de la journée.
- Le Red Bull. Sur la canette, la compagnie inscrit "Ne pas consommer plus de 500 ml par jour". C'est faux. Jusqu'à six canettes, je n'ai jamais eu de pépin. Dépassé ce stade, je ne peux rien garantir. L'idée avec ce breuvage, c'est qu'il faut le boire le plus rapidement possible et au bon moment. L'effet est temporaire, voilà pourquoi on répète aussi.
- On évite le partage de microbes autant que possible. En état de fatigue, les globules blancs deviennent beaucoup moins efficaces, on prend soin d'eux. Éviter de mettre sa langue dans la bouche d'un inconnu. Ne pas manger les restes des clients.
- Diminuer sa consommation d'alcool. Les lendemains deviennent de plus en plus pénibles et ça demande beaucoup d'énergie pour s'en remettre. Sans oublier que les bars sont des incitatifs au dépassement des couvres-feux. Ne pas fatiguer la machine plus que nécessaire.
- On fait le ménage dans nos relations. Toute personne qui nous tape sur les nerfs doit être expulsée de notre environnement social. On garde contact avec les gens vraiment importants, puisque chaque minute est comptée. Les bons amis comprennent qu'il peut être long avant de retourner un appel et sont contents lorsque l'on se rencontre.
C'est ainsi que je survie. Existence solitaire et morne à souhait. Manque d'entrain perpétuel. Ménage pas fait. Waitress n'en plus. Elle veut une vie. Va sans doute tenter d'en incorporer une à son horaire, tant pis pour le reste.
À 4h00 ce matin, après une fabuleuse nuit solitaire de trois longues heures de sommeil réparateur, mon cerveau fonctionnait à la vitesse lumière. Je dois aider mon prochain. Je vais donner mes trucs pour vivre sans repos jamais, et ce, sans recourir à l'utilisation de drogues illicites. Lecteur, soit attentif, donc.
- D'abord, le corps s'habitue au manque de sommeil. Après un certain temps qui varie selon la personne, le corps trouvera les nuits de trois ou quatre heures tout à fait normal. Au levé, on se sent alors plein d'énergie et la bonne humeur s'installe d'elle-même.
- Il faut boire davantage de café aussi. Et le préparer beaucoup plus fort. Par exemple, si je veux quatre tasses de café, je mets dans le filtre une cuillère de mouture pour la cafetière, 8 autres mesures et j'en ajoute une toute dernière pour la chance. Je répète l'expérience au besoin au cours de la journée.
- Le Red Bull. Sur la canette, la compagnie inscrit "Ne pas consommer plus de 500 ml par jour". C'est faux. Jusqu'à six canettes, je n'ai jamais eu de pépin. Dépassé ce stade, je ne peux rien garantir. L'idée avec ce breuvage, c'est qu'il faut le boire le plus rapidement possible et au bon moment. L'effet est temporaire, voilà pourquoi on répète aussi.
- On évite le partage de microbes autant que possible. En état de fatigue, les globules blancs deviennent beaucoup moins efficaces, on prend soin d'eux. Éviter de mettre sa langue dans la bouche d'un inconnu. Ne pas manger les restes des clients.
- Diminuer sa consommation d'alcool. Les lendemains deviennent de plus en plus pénibles et ça demande beaucoup d'énergie pour s'en remettre. Sans oublier que les bars sont des incitatifs au dépassement des couvres-feux. Ne pas fatiguer la machine plus que nécessaire.
- On fait le ménage dans nos relations. Toute personne qui nous tape sur les nerfs doit être expulsée de notre environnement social. On garde contact avec les gens vraiment importants, puisque chaque minute est comptée. Les bons amis comprennent qu'il peut être long avant de retourner un appel et sont contents lorsque l'on se rencontre.
C'est ainsi que je survie. Existence solitaire et morne à souhait. Manque d'entrain perpétuel. Ménage pas fait. Waitress n'en plus. Elle veut une vie. Va sans doute tenter d'en incorporer une à son horaire, tant pis pour le reste.
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Pétage de cosh,
Repos,
Travail de Waitress
mercredi 6 juin 2007
Des soupers trop arrosés de Waitress
Lundi. Waitress commence sa journée, avec un café et une cigarette devant son ordinateur. Je viens d'apprendre que je ne travaillerai pas le soir même à l'Île, congé forcé. Lui aussi. Je ne réfléchie pas plus longtemps et lui envoie une invitation à souper.
À 14h00, tout est décidé. Au menu: Poulet farcit aux épinards et au fromage de chèvre, purée de pommes de terre sucrées aux pommes et aux pacanes avec des asperges en accompagnement. Quelques fromages en entrée, une bouteille de blanc à l'apéro et une autre de rouge pour le repas. Charmant Garçon cognera à la porte dans quatre heures. Ce qui signifie bientôt. Ranger l'appartement. Faire les courses. Et entamer les préparatifs du souper. En plus de me mettre belle. Une véritable course.
Ma mère me téléphone. Une heure et demie de moins pour tout faire. Époussetage, balayeuse, lavage de plancher. À 16h45, tout est propre. J'ai même classé les vêtements de mon garde-robe selon les couleurs. Je m'attache les cheveux, enfile un jeans et une camisole rayée très jolie et qui me donne un semblant de poitrine et je saute dans ma voiture.
À l'épicerie, je commence à être nerveuse. Et si je rate le repas ? Pire, s'il arrive chez moi pendant que je tâte du poulet et qu'il décide de partir ? Vite, vite, vite, Waitress arrive à la caisse en joggant, bouscule une vieille femme qui me menace de sa canne et je zigne de la patte pendant que le commis emballe mes achats. SAQ maintenant.
Je veux une bouteille de Vino Verde pour l'apéro et une autre d'un vin espagnol que j'adore. Je cherche partout, je ne les vois pas. Bon. J'accroche un conseillé, lui parle de mes deux bouteilles et demande où elles se trouvent.
- Désolé Mademoiselle, nous sommes en rupture de stock.
- Quoi ?
- Je n'en ai plus.
- Merde !
Waitress panique.
- Bon. Écoutez, monsieur. J'ai un souper ce soir, faut que j'impressionne quelqu'un. Mon menu sera fantastique. Pas question que je le gâche avec un mauvais vin. Donnez-moi quelque chose de merveilleux, je me fiche du prix ! Que ce soit bon, c'est le seul critère.
À la caisse, je paie mes achats. Je me plante avec ma grosse sacoche, mes 4 sacs d'épicerie et celui de la SAQ. Un homme de plus de 55 ans me regarde.
- Vous allez prendre l'autobus, mademoiselle ?
- Non, je prends pas l'autobus, que je lui dit, mon porte-clés entre les dents.
- Je vais aller vous conduire chez vous.
- Non, non, j'ai ma voiture.
- Attendez-moi, je vais vous aider à amener vos sacs à l'auto.
- NON ! Bonne fin de journée.
Je cours sous la pluie jusqu'à ma voiture, passe près de me faire écraser par un maniaque qui ne s'attendait pas à me voir passer. Ouvres tes yeux, p'tit criss. Vite, vite, je vais être en retard. Je stationne Ginette le plus rapidement possible, accroche la chaîne de trottoir. Deux points.
Je cours partout dans la cuisine, coordonne toutes les étapes. Il cogne à la porte. Zut. Je suis pas peignée. Même pas maquillée ! Merde, tant pis. On cuisine ensemble, en se disant des niaiseries. J'ouvre la bouteille de blanc. Une fois terminée, nous passons à table et j'entame le rouge.
La nourriture est excellente, le vin aussi. On entre un peu dans les confidences, on discute de notre enfance. Nous passons au salon pour finir le vin. Musique, chandelles, ambiance feutrée. J'offre un café alcoolisé. Un peu avant 23h00, il propose d'aller chercher de la bière au dépanneur. Nous revenons avec une caisse de six et du vin blanc et mes pieds sont nus. J'ai cassé mes sandales en route, les ai laissé au coin d'une rue.
On jase, on boit, on jase. À 1h30 du matin, je suis saoule. Lui aussi. Il parle beaucoup, j'essaie de l'embrasser. Il se tasse. Merde. Je ne l'intéresse pas. Il m'embrasserait sinon. Je refais le test un peu plus tard, même résultat.
Ensuite, les choses sont floues. Nous étions nus au salon. J'ai ramené des condoms. Nous avons fini par atterrir au lit. Vers 7h00 du matin, nous nous sommes endormis.
Au réveil, en plein après-midi, j'ai constaté les dégâts. Dans ma chambre, des enveloppes de condoms vides partout. Un tiroir sur le plancher. Mon vibrateur à côté du lit. Je me lève. J'ai mal partout. Aux jambes, aux bras. Une brûlure sur la main gauche. Une autre sur la droite. À la cuisine, de la vaisselle partout. Des vêtements. Au salon, les chandelles ont coulé. La lampe n'est pas éteinte. Des verres, des bouteilles. Encore des enveloppes de condoms vides. Et un putain de mal de tête.
À 14h00, tout est décidé. Au menu: Poulet farcit aux épinards et au fromage de chèvre, purée de pommes de terre sucrées aux pommes et aux pacanes avec des asperges en accompagnement. Quelques fromages en entrée, une bouteille de blanc à l'apéro et une autre de rouge pour le repas. Charmant Garçon cognera à la porte dans quatre heures. Ce qui signifie bientôt. Ranger l'appartement. Faire les courses. Et entamer les préparatifs du souper. En plus de me mettre belle. Une véritable course.
Ma mère me téléphone. Une heure et demie de moins pour tout faire. Époussetage, balayeuse, lavage de plancher. À 16h45, tout est propre. J'ai même classé les vêtements de mon garde-robe selon les couleurs. Je m'attache les cheveux, enfile un jeans et une camisole rayée très jolie et qui me donne un semblant de poitrine et je saute dans ma voiture.
À l'épicerie, je commence à être nerveuse. Et si je rate le repas ? Pire, s'il arrive chez moi pendant que je tâte du poulet et qu'il décide de partir ? Vite, vite, vite, Waitress arrive à la caisse en joggant, bouscule une vieille femme qui me menace de sa canne et je zigne de la patte pendant que le commis emballe mes achats. SAQ maintenant.
Je veux une bouteille de Vino Verde pour l'apéro et une autre d'un vin espagnol que j'adore. Je cherche partout, je ne les vois pas. Bon. J'accroche un conseillé, lui parle de mes deux bouteilles et demande où elles se trouvent.
- Désolé Mademoiselle, nous sommes en rupture de stock.
- Quoi ?
- Je n'en ai plus.
- Merde !
Waitress panique.
- Bon. Écoutez, monsieur. J'ai un souper ce soir, faut que j'impressionne quelqu'un. Mon menu sera fantastique. Pas question que je le gâche avec un mauvais vin. Donnez-moi quelque chose de merveilleux, je me fiche du prix ! Que ce soit bon, c'est le seul critère.
À la caisse, je paie mes achats. Je me plante avec ma grosse sacoche, mes 4 sacs d'épicerie et celui de la SAQ. Un homme de plus de 55 ans me regarde.
- Vous allez prendre l'autobus, mademoiselle ?
- Non, je prends pas l'autobus, que je lui dit, mon porte-clés entre les dents.
- Je vais aller vous conduire chez vous.
- Non, non, j'ai ma voiture.
- Attendez-moi, je vais vous aider à amener vos sacs à l'auto.
- NON ! Bonne fin de journée.
Je cours sous la pluie jusqu'à ma voiture, passe près de me faire écraser par un maniaque qui ne s'attendait pas à me voir passer. Ouvres tes yeux, p'tit criss. Vite, vite, je vais être en retard. Je stationne Ginette le plus rapidement possible, accroche la chaîne de trottoir. Deux points.
Je cours partout dans la cuisine, coordonne toutes les étapes. Il cogne à la porte. Zut. Je suis pas peignée. Même pas maquillée ! Merde, tant pis. On cuisine ensemble, en se disant des niaiseries. J'ouvre la bouteille de blanc. Une fois terminée, nous passons à table et j'entame le rouge.
La nourriture est excellente, le vin aussi. On entre un peu dans les confidences, on discute de notre enfance. Nous passons au salon pour finir le vin. Musique, chandelles, ambiance feutrée. J'offre un café alcoolisé. Un peu avant 23h00, il propose d'aller chercher de la bière au dépanneur. Nous revenons avec une caisse de six et du vin blanc et mes pieds sont nus. J'ai cassé mes sandales en route, les ai laissé au coin d'une rue.
On jase, on boit, on jase. À 1h30 du matin, je suis saoule. Lui aussi. Il parle beaucoup, j'essaie de l'embrasser. Il se tasse. Merde. Je ne l'intéresse pas. Il m'embrasserait sinon. Je refais le test un peu plus tard, même résultat.
Ensuite, les choses sont floues. Nous étions nus au salon. J'ai ramené des condoms. Nous avons fini par atterrir au lit. Vers 7h00 du matin, nous nous sommes endormis.
Au réveil, en plein après-midi, j'ai constaté les dégâts. Dans ma chambre, des enveloppes de condoms vides partout. Un tiroir sur le plancher. Mon vibrateur à côté du lit. Je me lève. J'ai mal partout. Aux jambes, aux bras. Une brûlure sur la main gauche. Une autre sur la droite. À la cuisine, de la vaisselle partout. Des vêtements. Au salon, les chandelles ont coulé. La lampe n'est pas éteinte. Des verres, des bouteilles. Encore des enveloppes de condoms vides. Et un putain de mal de tête.
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lundi 4 juin 2007
Fucking Bitch
Waitress se pointe au centre commercial. Je déteste cet endroit, en particulier lorsque l'objet de ma visite consiste à acheter du linge. J'ai beaucoup de difficulté à trouver des morceaux qui me plaisent d'abord et qui me font ensuite. Souvent, les trucs fashions me donnent un air ridicule. J'ai un drôle de corps. Trop de bras, trop de jambes, comme une adolescente. Et pas assez de poitrine. Comme une fillette. Je finis par me terrer dans une cabine d'essayage, en larme. Voilà pourquoi je hais le centre commercial.
Donc, vendredi soir. Il faudrait bien que je me trouve quelques choses pour passer au travers de l'été et des vêtements noirs pour le travail. Dont une robe noire pour les soirs de mariage, question de faire un peu plus chic et voler la vedette à la mariée. Et partir avec le marier, s'il est riche et trop vieux pour le sexe, sans enfant et au seuil de la mort.
Premier magasin. Remplit d'ados en délires. Ça saute partout, ça s'énerve. Merde, à quel âge les médecins arrêtent de prescrire du Ritalin ? Je me sens vieille, mais quelques mères sont aussi présentes dans l'endroit; ce n'est pas moi qui augmente la moyenne d'âge. J'essaie quelques trucs qui me font pouffer de rire lorsque je sors de la cabine pour m'observer dans le miroir. Entre autre, une paire de jeans cigarettes. J'ai l'air d'avoir de minuscules mollets et un cul immense, tout le monde me regarde me taper les cuisses. J'achète quand même une jolie chemise noire.
Deuxième magasin. Aussi remplit d'adolescentes en délire. Ici, je dois préciser que je ne peux pas vraiment m'habiller dans les magasins pour "femmes" puisque souvent, les plus petites tailles sont trop grandes en certains endroits sur mon corps. Pas le choix d'aller voir chez les boutonneuses sans hanches sans seins. Je finis par trouver quelques jolies jupes, deux robes noires et quelques camisoles. Vendeuse me dirige vers une cabine d'essayage. Commence par une des robes noires. Waitress sors dehors pour faire la tourniquet devant la glace et demande à Vendeuse comment bien placer la robe.
- Hummm. J'suis pas certaine que c'est joli sur moi.
- Ben, faut être vraiment mince pour que ça soit beau ça.
Pardon ? J'ai juste un peu de hanche, je suis une femme. Rien ne dépasse nul part, c'est toi qui a du gras qui passe par-dessus ta ceinture, c'est toi qui a un énorme bucket et est-ce que j'ai l'air de te juger pour autant ? Je me sens profondément insultée, je retourne dans la cabine est serrant très fort les muscles de ma mâchoire. La bitch. Criss de bitch. Ferme ta geule Waitress, c'est mieux de même. Contente toi de toujours regarder sa graisse avec mépris plutôt que ces yeux avec un sourire.
Je passe l'autre robe noire sur mon corps qui me va à merveille. Elle est conçue pour les filles-poitrine-de-cerise-sans-beurre-sans-cuisson, fait classe et reste pratique pour se balader les bras chargés d'assiettes. J'achète quelques morceaux en soldes (tout est en solde à cette période de l'année...) et demande si elle peut me garder la deuxième robe pour 45 minutes, le temps que j'aille voir un autre endroit et éviter de regretter une impulsion.
- Je vais la garder jusqu'à la fermeture, prends ton temps.
- Merci.
J'arrive dans le dernier magasin que je veux voir. Commence à trouver que ça fait longtemps que je magasine. J'ai de la statique dans les cheveux à force de passer des chandails et des camisoles dessus, j'ai une grafigne sur la joue droite à cause d'un étiquette et je suis encore insultée de l'autre Vendeuse Bitch. Le centre commercial, un véritable gym pour moi.
Je me console un peu en réussissant à entrer dans un jeans 00 et un autre de taille 25. Regarde un peu les robes, décide de repasser à l'autre magasin pour acheter celle qui m'allait bien.
- Allô ! Je viens chercher une robe noire mise de côté un peu plus tôt, que je dis à une autre vendeuse qui a l'air plus sympathique.
- Euh.
- Quoi ?
- Vendeuse Bitch, viendrais-tu ici ?
Vendeuse Bitch arrive. Mes yeux méprisants sur son ventre.
- C'est elle ma madame de la robe noire, expliques lui, toi.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Ben j'ai fait essayer ta robe à une cliente pis elle l'a achetée.
- Mais je l'ai fait mettre de côté, moi !
- Je vais appeler à un autre magasin pour te la faire venir.
- Laisse faire, j'en avais besoin demain midi. Merci beaucoup. Vous avez un super magasin.
Un dernier regard plein de haine sur les cuisses de Vendeuse Bitch et je file. Bannir le magasin Limité de mes prochaines tournées.
Avis légal : Waitress la Femme Insatiable n'a rien contre les personnes de taille forte et ne juge pas les gens à leur poid. Elle ne fait que détester les grosses bitchs, au même titre que les maigres bitchs.
Donc, vendredi soir. Il faudrait bien que je me trouve quelques choses pour passer au travers de l'été et des vêtements noirs pour le travail. Dont une robe noire pour les soirs de mariage, question de faire un peu plus chic et voler la vedette à la mariée. Et partir avec le marier, s'il est riche et trop vieux pour le sexe, sans enfant et au seuil de la mort.
Premier magasin. Remplit d'ados en délires. Ça saute partout, ça s'énerve. Merde, à quel âge les médecins arrêtent de prescrire du Ritalin ? Je me sens vieille, mais quelques mères sont aussi présentes dans l'endroit; ce n'est pas moi qui augmente la moyenne d'âge. J'essaie quelques trucs qui me font pouffer de rire lorsque je sors de la cabine pour m'observer dans le miroir. Entre autre, une paire de jeans cigarettes. J'ai l'air d'avoir de minuscules mollets et un cul immense, tout le monde me regarde me taper les cuisses. J'achète quand même une jolie chemise noire.
Deuxième magasin. Aussi remplit d'adolescentes en délire. Ici, je dois préciser que je ne peux pas vraiment m'habiller dans les magasins pour "femmes" puisque souvent, les plus petites tailles sont trop grandes en certains endroits sur mon corps. Pas le choix d'aller voir chez les boutonneuses sans hanches sans seins. Je finis par trouver quelques jolies jupes, deux robes noires et quelques camisoles. Vendeuse me dirige vers une cabine d'essayage. Commence par une des robes noires. Waitress sors dehors pour faire la tourniquet devant la glace et demande à Vendeuse comment bien placer la robe.
- Hummm. J'suis pas certaine que c'est joli sur moi.
- Ben, faut être vraiment mince pour que ça soit beau ça.
Pardon ? J'ai juste un peu de hanche, je suis une femme. Rien ne dépasse nul part, c'est toi qui a du gras qui passe par-dessus ta ceinture, c'est toi qui a un énorme bucket et est-ce que j'ai l'air de te juger pour autant ? Je me sens profondément insultée, je retourne dans la cabine est serrant très fort les muscles de ma mâchoire. La bitch. Criss de bitch. Ferme ta geule Waitress, c'est mieux de même. Contente toi de toujours regarder sa graisse avec mépris plutôt que ces yeux avec un sourire.
Je passe l'autre robe noire sur mon corps qui me va à merveille. Elle est conçue pour les filles-poitrine-de-cerise-sans-beurre-sans-cuisson, fait classe et reste pratique pour se balader les bras chargés d'assiettes. J'achète quelques morceaux en soldes (tout est en solde à cette période de l'année...) et demande si elle peut me garder la deuxième robe pour 45 minutes, le temps que j'aille voir un autre endroit et éviter de regretter une impulsion.
- Je vais la garder jusqu'à la fermeture, prends ton temps.
- Merci.
J'arrive dans le dernier magasin que je veux voir. Commence à trouver que ça fait longtemps que je magasine. J'ai de la statique dans les cheveux à force de passer des chandails et des camisoles dessus, j'ai une grafigne sur la joue droite à cause d'un étiquette et je suis encore insultée de l'autre Vendeuse Bitch. Le centre commercial, un véritable gym pour moi.
Je me console un peu en réussissant à entrer dans un jeans 00 et un autre de taille 25. Regarde un peu les robes, décide de repasser à l'autre magasin pour acheter celle qui m'allait bien.
- Allô ! Je viens chercher une robe noire mise de côté un peu plus tôt, que je dis à une autre vendeuse qui a l'air plus sympathique.
- Euh.
- Quoi ?
- Vendeuse Bitch, viendrais-tu ici ?
Vendeuse Bitch arrive. Mes yeux méprisants sur son ventre.
- C'est elle ma madame de la robe noire, expliques lui, toi.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Ben j'ai fait essayer ta robe à une cliente pis elle l'a achetée.
- Mais je l'ai fait mettre de côté, moi !
- Je vais appeler à un autre magasin pour te la faire venir.
- Laisse faire, j'en avais besoin demain midi. Merci beaucoup. Vous avez un super magasin.
Un dernier regard plein de haine sur les cuisses de Vendeuse Bitch et je file. Bannir le magasin Limité de mes prochaines tournées.
Avis légal : Waitress la Femme Insatiable n'a rien contre les personnes de taille forte et ne juge pas les gens à leur poid. Elle ne fait que détester les grosses bitchs, au même titre que les maigres bitchs.
dimanche 3 juin 2007
Démasquée
Depuis que je tiens ce blog, très peu de gens que je côtoie connaissent mon adresse ou même l'existence de ce bout d'internet. Même s'ils y sont des personnages. J'ai toujours considéré mon anonymat comme un gage de non censure. Un coin où je peux dire ce que je pense et raconter les événements comme je l'entends.
À l'hôtel, plusieurs personnes se sont mis à ma recherche. J'ai eu quelques sueurs. Puisque je parle de certains d'eux. Puisque je parle du reste de ma vie, ce que je ne fais pas nécessairement avec tous. À chaque quart de travail, des collègues arrivaient avec une liste de blogs. Ils n'ont jamais nommé celui de Femme Insatiable. J'aurais été obligé de dire qu'ils avaient trouvé. Waitress est mauvaise menteuse.
Mais j'ai été démasquée. Du moins, je le crois. Non, j'en suis certaine. Par la seule personne que je n'aurais pas voulu. Vous avez deviné.
Vendredi soir, soirée arrosée. Waitress rentre chez elle, hoquet en prime. Avec Charmant Garçon. Nous avons faim. Je commande un truc vraiment épouvantable à manger. Pendant ce temps, au salon, CG regarde sur mon ordinateur. Dans ma liste de favoris. Clique sur Femme Insatiable alors que j'hurle "NOOOONNNN" en le poussant de là. Trop tard. Vive l'impulsion. S'aurait été trop simple de ne pas réagir.
J'ignore s'il est repassé lire quelques choses. Mais s'il l'a fait, je suis foutue. Il sait maintenant que je suis un peu folle.
Comme de fait, pas de nouvelle depuis. Eh merde. Moi et ma grande gueule.
À l'hôtel, plusieurs personnes se sont mis à ma recherche. J'ai eu quelques sueurs. Puisque je parle de certains d'eux. Puisque je parle du reste de ma vie, ce que je ne fais pas nécessairement avec tous. À chaque quart de travail, des collègues arrivaient avec une liste de blogs. Ils n'ont jamais nommé celui de Femme Insatiable. J'aurais été obligé de dire qu'ils avaient trouvé. Waitress est mauvaise menteuse.
Mais j'ai été démasquée. Du moins, je le crois. Non, j'en suis certaine. Par la seule personne que je n'aurais pas voulu. Vous avez deviné.
Vendredi soir, soirée arrosée. Waitress rentre chez elle, hoquet en prime. Avec Charmant Garçon. Nous avons faim. Je commande un truc vraiment épouvantable à manger. Pendant ce temps, au salon, CG regarde sur mon ordinateur. Dans ma liste de favoris. Clique sur Femme Insatiable alors que j'hurle "NOOOONNNN" en le poussant de là. Trop tard. Vive l'impulsion. S'aurait été trop simple de ne pas réagir.
J'ignore s'il est repassé lire quelques choses. Mais s'il l'a fait, je suis foutue. Il sait maintenant que je suis un peu folle.
Comme de fait, pas de nouvelle depuis. Eh merde. Moi et ma grande gueule.

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vendredi 11 mai 2007
Waitress la poule mouillée
Waitress se sent audacieuse.
Dimanche, jour J. À 20h00, les premiers accords se feront entendre à l'aréna Maurice-Richard et tous les fans entonneront les paroles des merveilleuses chansons d'Arcade Fire. Et je serai parmi eux, debout au parterre, en poussant de petits cris aigus dictés par ma joie, tenant parfois la main de Mademoiselle Y ou de l'Ex, comme pour m'assurer de la réalité de la soirée.
Reste à monter à Montréal. Je croyais m'y rendre en autobus, mais le coût du voyage m'a convaincue qu'il existait un moyen plus économique. Allô Stop me sembla alors une pertinente solution. Mais je ne suis pas inscrite. Donc, après avoir payé mon inscription, et le coût du voyage, il me faut revenir à Québec. Pas de veine, faut prendre l'autocar.
J'ai ainsi décidé de m'y rendre avec Ginette, ma jolie Sunfire blanche. Bien que nous sommes vendredi, juste d'y penser, mes mains sont moites et mon coeur bat fort. La nervosité n'est plus pour le show, mais pour la route à faire. Je suis du genre à éviter les autoroutes, les changements de voies, le trafic et les stationnements en parallèles. Imaginez maintenant l'angoisse qui m'habite. Je ne connais pas du tout Montréal, j'ai même demandé à un copain s'il fallait bien que je prenne le pont à Québec pour m'y rendre...
Donc Waitress appelle l'Ex ce matin pour lui annoncer la nouvelle. Elle tombe sur le répondeur.
- Bonjour vous êtes bien au 555-1234, laissez-moi un p'tit message.
- Bipppp.
- Salut, c'est Waitress. Mouais ben, pour dimanche, j'ai décidé de monter avec mon char. Donc on va partir très, très, très tôt, comme ça y'aura pas de monde sur le chemin, ça va être plus facile pour moi. Je compte sur toi, hein. J'espère vraiment, vraiment que tu es un excellent copilote. Et va falloir que tu sois fin psychologue aussi. J'attends ton appel.
Eh merde. L'impression de m'être mis les pieds dans les plats avec mes bonnes idées. Depuis quand je me sens courageuse, aussi ?

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mercredi 9 mai 2007
Solitude

4h30 du mat, je ne sais trop de quoi vous parlez. Tout va tellement vite dans ma tête. Encore une nuit de débauche, encore une nuit à donner mon numéro de téléphone à des gens qui n'appelleront jamais.
C'est un truc qui me fait chier. Et je joue le même jeu pourtant. Pourquoi est-ce que je donne mes coordonnées à quelqu'un qui n'en a rien à foutre et qui agit par pure politesse ? Pourquoi je mets des bouts de papier dans mon sac en disant "Je t'appelle vendredi prochain pour telle soirée à tel bar " ? Les gens sont tout simplement incapable de se dire que non, ça ne nous intéresse pas, on préfère la game, la putain de game que j'avoue tant adorer. La politesse. Nos parents nous ont bien élevés.
Demain, je vais appeler Équipier. Et je sais qu'il aura une excuse toute prête pour me dire qu'il ne sera pas des nôtres. Pendant ce temps là, j'aurai mis mon apppart en ordre complet, je me serai fait belle. Pour rien. À moins que Maiken se soit décidé à venir, mais mon intuition me porte à croire qu'il n'y sera pas.
Désolée, Waitress la toujours joviale et positive est un peu en mode depress. Peut-être parce qu'un ami qu'elle aime bien l'a réveillé au téléphone cet après-midi et qu'une chicane complètement stupide s'en est suivie. Et que je me sens mal à l'aise. Je sais que j'aurais dont dû fermer ma yeule. Dire des "non c'est pas grave" comme je fais toujours. Mais non. J'ai dit que je n'aime pas qu'on me mente en pleine face. Résultat ? Mon ami me boude parce que je l'ai traité de menteur !!!!!!! Bordel que les gens sont compliqués. Ça m'énerve, quelqu'un qui n'assume pas ses actes et qui te fait feeler cheap lorsque tu lui fais remarquer !
Criss que les gens sont compliqués. Vive les îles désertes à certains moments !
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Histoire de fille,
Les p'tits gars,
Mâle Alpha,
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Repos
lundi 7 mai 2007
Les aimants
Lundi soir, dernier jour de travail. Le week-end débutera à 23h00. Au cours de la soirée, je saisie le téléphone pour parler à Jeune Homme.
- Heil tu veux venir me rejoindre au bar ? On pourrait faire de la terrasse...
- Mouais, ça serait une idée. Je vais invité Réceptionniste.
- Coooooooool !
- Heil Pierrot Lapin a écrit un message à propos de tits fucking sur mon blog. Je l'ai effacé.
- Non ! Ya fait ça aussi sur le mien, mais je lui ai dit que le tits fucking était pas mon unique but dans la vie.
À ce moment, mon collègue de travail, un homme de cinquante ans, lève un sourcil.
- Oups, scuse moi, j'crois que Pinch Coworker est en train de s'étouffer à côté.
- Bon, bin rappelle-moi en finissant, Waitress.
23h47, Waitress se pointe au bar. En premier. Oui, oui, je suis arrivée en avance. Pour la première et dernière fois de ma vie. Je me commande un verre au bar.
- Heil salut !
Un joli garçon assis au comptoir me regarde.
- Allô. Ça va bien ?
- Moi c'est Louis.
- Enchantée, Waitress, en tendant la main vers lui.
Louis tente de lever son verre pour tchintchiner avec moi.
- Pas tout suite, j'ai rien à boire !
Mon gin tonic se pointe.
- Ok, on trinque ensemble, mais avant, tu enlèves ton manteau.
Et Louis de s'exécuter. J'adore voir les hommes faire ce que je demande, en particulier lorsque c'est complètement stupide.
- Santé, Louis ! Bonne soirée.
Jeune Homme finit par me rejoindre sur la terrasse, juste au bon moment pour m'éviter une longue et ennuyeuse conversation avec un quinquagénaire que je connais un peu. Bla bla bla, on jase, il me raconte ses dernières frustrations, me recommande de ne pas coucher avec Équipier mercredi prochain, ne me croit pas lorsque je lui affirme en toute sincérité que le but n'est pas là.
- Don't fuck the pay roll, ma belle.
- Je sais, j'suis pas du genre à faire ça.
- (!&*/"*&/*&/ (Jeune Homme s'étouffe avec une gorgée de Jack 7'up).
Au loin, titubant sur le trottoir, j'aperçois un autre collègue de travail (on est beaucoup dans mon hôtel, c'est normal que je vois toujours quelqu'un quelque part). Je lève un bras en l'air en criant son nom. Il s'installe à notre table.
Ouf. Collègue #38 a commencé sa soirée tôt. C'est la quatrième fois qu'il nous raconte qu'il s'est réveillé ce matin.
- Non ! Encore ? (J'peux pas m'en empêcher, mais il ne remarque rien. Heureusement, Jeune Homme rit avec moi).
Ça fait maintenant trois fois que je lui demande quelle sorte de drogue il a pris au cours de la soirée, parce que je suis incapable de comprendre comment il peut être mêlé à ce point. Chaque fois, il répond qu'il s'en va faire le party tout seul chez lui. Humm.
Le barman se pointe et m'appelle par mon nom pour me dire qu'un shooter m'attend à côté de Louis. J'entre, bois le verre, dis merci et retourne sur la terrasse. Quoi ? C'est pas parce que tu me paies à boire que je vais t'écouter parler ensuite !
Retour à l'extérieur. Jeune Homme entre dans le bar, chercher un autre verre et faire un tour à l'urinoir.
- Tu sais Waitress, tu m'intéresses vraiment. Et je suis gêné.
- Eh ben. Pourtant, j'pense pas être particulièrement intimidante, tsé.
Retour de Jeune Homme. Notez que Collègue #38 prend un temps fou à enligner assez de mots pour former une phrase complète. Et il continue son discourt:
- Je suis heureux. Et amoureux.
- Oui. De la vie, hein ! de répondre Waitress.
Fin de la conversation. À partir de ce moment, Collègue #38 est complètement écarté de la conversation, même incapable de nous regarder. Sa seule interaction consistait à lâcher de temps en temps:
- Vous vous aimez vous deux, ça parait.
Lorsqu'il quitte la terrasse, Jeune Homme et moi-même décidons de concert qu'il est préférable de le reconduire jusque chez lui. Collègue #38 de protester. Waitress craint qu'il n'entre en collision avec une borne fontaine et devienne ainsi stérile. Ma grande compassion fait en sorte que je considère comme un devoir de le raccompagner.
Long voyage pour n'arriver que trois coins de rue plus loin. Après avoir débarré sa porte, j'entre dans sa salle de bain (soyez pas inquiets, elle est propre). Ressors de là et Jeune Homme me tire presque par le chandail pour me faire retourner chez moi. Collègue #38 se tient près de la porte, une guitare au cou. Aurevoir, pas de bec sur les joues, on s'en va. Mon intuition me pousse à courir pour être hors de porté de vue de Collègue #38 si jamais il sort pour nous suivre.
- Tu sais pas ce qu'il m'a dit pendant que tu étais à la salle de bain ?
- Quoi ?
- Il m'a demandé si c'était le temps de te dire qu'il était amoureux fou.
- ...
- J'lui ai conseillé de plutôt t'inviter à prendre une bière la prochaine fois qu'il te verrait à job.
- ...
- Tu iras pas, hein ?
- ...
- Non, ça c'est le genre de gars qui va t'appeler la nuit juste pour te parler.
-...
- ...
- Tu viens prendre une dernière bière chez moi, Jeune Homme ?
- Ah non, j'suis trop fatigué.
- Heil tu veux venir me rejoindre au bar ? On pourrait faire de la terrasse...
- Mouais, ça serait une idée. Je vais invité Réceptionniste.
- Coooooooool !
- Heil Pierrot Lapin a écrit un message à propos de tits fucking sur mon blog. Je l'ai effacé.
- Non ! Ya fait ça aussi sur le mien, mais je lui ai dit que le tits fucking était pas mon unique but dans la vie.
À ce moment, mon collègue de travail, un homme de cinquante ans, lève un sourcil.
- Oups, scuse moi, j'crois que Pinch Coworker est en train de s'étouffer à côté.
- Bon, bin rappelle-moi en finissant, Waitress.
23h47, Waitress se pointe au bar. En premier. Oui, oui, je suis arrivée en avance. Pour la première et dernière fois de ma vie. Je me commande un verre au bar.
- Heil salut !
Un joli garçon assis au comptoir me regarde.
- Allô. Ça va bien ?
- Moi c'est Louis.
- Enchantée, Waitress, en tendant la main vers lui.
Louis tente de lever son verre pour tchintchiner avec moi.
- Pas tout suite, j'ai rien à boire !
Mon gin tonic se pointe.
- Ok, on trinque ensemble, mais avant, tu enlèves ton manteau.
Et Louis de s'exécuter. J'adore voir les hommes faire ce que je demande, en particulier lorsque c'est complètement stupide.
- Santé, Louis ! Bonne soirée.
Jeune Homme finit par me rejoindre sur la terrasse, juste au bon moment pour m'éviter une longue et ennuyeuse conversation avec un quinquagénaire que je connais un peu. Bla bla bla, on jase, il me raconte ses dernières frustrations, me recommande de ne pas coucher avec Équipier mercredi prochain, ne me croit pas lorsque je lui affirme en toute sincérité que le but n'est pas là.
- Don't fuck the pay roll, ma belle.
- Je sais, j'suis pas du genre à faire ça.
- (!&*/"*&/*&/ (Jeune Homme s'étouffe avec une gorgée de Jack 7'up).
Au loin, titubant sur le trottoir, j'aperçois un autre collègue de travail (on est beaucoup dans mon hôtel, c'est normal que je vois toujours quelqu'un quelque part). Je lève un bras en l'air en criant son nom. Il s'installe à notre table.
Ouf. Collègue #38 a commencé sa soirée tôt. C'est la quatrième fois qu'il nous raconte qu'il s'est réveillé ce matin.
- Non ! Encore ? (J'peux pas m'en empêcher, mais il ne remarque rien. Heureusement, Jeune Homme rit avec moi).
Ça fait maintenant trois fois que je lui demande quelle sorte de drogue il a pris au cours de la soirée, parce que je suis incapable de comprendre comment il peut être mêlé à ce point. Chaque fois, il répond qu'il s'en va faire le party tout seul chez lui. Humm.
Le barman se pointe et m'appelle par mon nom pour me dire qu'un shooter m'attend à côté de Louis. J'entre, bois le verre, dis merci et retourne sur la terrasse. Quoi ? C'est pas parce que tu me paies à boire que je vais t'écouter parler ensuite !
Retour à l'extérieur. Jeune Homme entre dans le bar, chercher un autre verre et faire un tour à l'urinoir.
- Tu sais Waitress, tu m'intéresses vraiment. Et je suis gêné.
- Eh ben. Pourtant, j'pense pas être particulièrement intimidante, tsé.
Retour de Jeune Homme. Notez que Collègue #38 prend un temps fou à enligner assez de mots pour former une phrase complète. Et il continue son discourt:
- Je suis heureux. Et amoureux.
- Oui. De la vie, hein ! de répondre Waitress.
Fin de la conversation. À partir de ce moment, Collègue #38 est complètement écarté de la conversation, même incapable de nous regarder. Sa seule interaction consistait à lâcher de temps en temps:
- Vous vous aimez vous deux, ça parait.
Lorsqu'il quitte la terrasse, Jeune Homme et moi-même décidons de concert qu'il est préférable de le reconduire jusque chez lui. Collègue #38 de protester. Waitress craint qu'il n'entre en collision avec une borne fontaine et devienne ainsi stérile. Ma grande compassion fait en sorte que je considère comme un devoir de le raccompagner.
Long voyage pour n'arriver que trois coins de rue plus loin. Après avoir débarré sa porte, j'entre dans sa salle de bain (soyez pas inquiets, elle est propre). Ressors de là et Jeune Homme me tire presque par le chandail pour me faire retourner chez moi. Collègue #38 se tient près de la porte, une guitare au cou. Aurevoir, pas de bec sur les joues, on s'en va. Mon intuition me pousse à courir pour être hors de porté de vue de Collègue #38 si jamais il sort pour nous suivre.
- Tu sais pas ce qu'il m'a dit pendant que tu étais à la salle de bain ?
- Quoi ?
- Il m'a demandé si c'était le temps de te dire qu'il était amoureux fou.
- ...
- J'lui ai conseillé de plutôt t'inviter à prendre une bière la prochaine fois qu'il te verrait à job.
- ...
- Tu iras pas, hein ?
- ...
- Non, ça c'est le genre de gars qui va t'appeler la nuit juste pour te parler.
-...
- ...
- Tu viens prendre une dernière bière chez moi, Jeune Homme ?
- Ah non, j'suis trop fatigué.
O
Je me demande... Pourquoi j'attire juste les fuckés, les vieux et les alcolos drogués dans la vie ? Si Maiken serait encore de ce monde, je pourrais lui demander une réponse toute psychologique de la question. Mais il gambade dans les terres froides du Nord où l'internet ne semble pas exister. Quelqu'un d'autre a une explication ?
mercredi 2 mai 2007
Les bonnes manières de Waitress
Décidément, je ne suis pas sortable.

En compagnie de Mâle Alpha, j'ai un petit creux. Lui aussi. Un goût de côtes levées envahi mon être. Direction le restaurant Scores le plus près.
Notre apéro arrive. Déshydratée, je pense à commander un verre d'eau à ce moment. Mais notre serveuse est très occupée. Quand même, il y a huit autres clients dans sa section. J'attends. J'attends. J'attends. Point de verre d'eau, ni de serveuse à l'horizon. Au lieu de piquer une crise, j'avale mon Bloody Mary d'un trait. Ça fait du bien. Mais j'ai toujours soif. Je me rabat donc sur la soupe poulet et nouilles.
Nos assiettes arrivent pendant que nous sommes en train de piller le bar à salade. Zut, j'ai encore loupé mon verre d'eau. J'entame alors une crève de la faim. Pas question d'avaler quoi que ce soit sans liquide devant moi.
Au bout de cinq minutes, la serveuse se pointe en panique.
- Désolée, est-ce que j'ai fait une erreur ?
- Euh, non, j'aimerais juste avoir un verre d'eau s'il-vous-plaît.
Verre d'eau arrive. Et là, me prend un fou rire incroyable.
Je me suis mise à observer les gens autour de moi. À ma gauche, un couple d'obèses au look très BS (je sais, je sais, couple d'assistés sociaux souffrants d'embonpoint) dévorent leurs assiettes sans se parler, ni se regarder. Passe le gérant, au sourire figé dans la cocaïne. Suivie d'une serveuse d'environ 19 ans qui a une coiffure absolument ri-di-cu-le. Vous avez vu cette mode qui consiste à faire un dôme avec son toupet ? Je n'ai rien contre, je l'utilise moi-même pour travailler. Mais là, c'est carrément exagéré; la fille semble se promené avec un demi ballon de basket sur la tête. Et c'est ainsi pour chaque personne qui passe.
Fin des côtes levées, j'ai encore faim. Mâle Alpha propose de partager une tarte au citron. J'accepte. Arrive une belle pointe de tarte, avec plein de meringue et de la crème fouettée sur le tour de l'assiette. Ma fourchette rafle une petite montage et c'est plus fort que moi. Je lance le tout sur Mâle Alpha qui en ramasse plein la gueule et le chandail.
Autour de nous, plus personne ne parle. J'éclate de rire et les autres en font autant. Mon compagnon m'imite avec sa fourchette, mais avant qu'il projette sa pelleté sur moi, je plonge sous la table en hurlant "Noooooooon ! Dans ta bouche la fourchette, dans ta bouche !". Et je lui mord une cuisse pour qu'il m'écoute.
Le dessert terminé, Mâle Alpha se lève pour aller à la salle de bain. Comme il passe derrière moi, sa grande main m'étale de la mousse blanche sur tout le visage et je recommence à hurler pendant qu'il se sauve. Aucune idée du comment il a fait pour cacher ça dans ses mains sans que je m'en aperçoive.

Bref, nous avons bien ri et les autres clients aussi. La serveuse, elle, je ne sais pas. Son pourboire devrait nous avoir excusés. Mais je suis restée les cheveux à moitié collés pour le reste de la soirée. Ça m'apprendra.
Et maintenant...
Qui veut m'inviter au restaurant ?

dimanche 29 avril 2007
Cuite
J'ai survécu. Je me lève d'une nuit de plus de seize heures de sommeil, encore cernée, mais j'ai survécu.
Par contre, mes collègues de travail doivent se poser bien des questions. Me suis pointée à 5h30, les yeux grands ouverts, en sautant partout. La gueule ne m'arrêtais pas, je parlais plus vite que Louis-José Houde.
Vers les 9h00 par contre, j'ai senti une baisse d'énergie. J'ai lâché l'eau pour le café. Erreur !
Quinze minutes plus tard, je suis dans l'ascensseur, le coeur au bord des lèvres. Je dois sans cesse passer devant le container, rien pour m'aider. J'ai l'odorat fragile. Waitress ne jase plus. Waitress est bien pâle. Waitress a un fichu de mal de tête.
J'ai touché le bonheur en déposant le pied sur la marche de béton juste en avant de ma porte. Me suis coulée un bain, enfillée ma robe de chambre. Le téléphone a sonné, mais j'ai laissé le répondeur jouer. Évachée sur le divan, avec une tasse d'eau chaude, mes clops et un chat sur les genoux, un sourire aux lèvres j'ai pensé: "Maudit que j'suis nounoune des fois".
Par contre, mes collègues de travail doivent se poser bien des questions. Me suis pointée à 5h30, les yeux grands ouverts, en sautant partout. La gueule ne m'arrêtais pas, je parlais plus vite que Louis-José Houde.
Vers les 9h00 par contre, j'ai senti une baisse d'énergie. J'ai lâché l'eau pour le café. Erreur !
Quinze minutes plus tard, je suis dans l'ascensseur, le coeur au bord des lèvres. Je dois sans cesse passer devant le container, rien pour m'aider. J'ai l'odorat fragile. Waitress ne jase plus. Waitress est bien pâle. Waitress a un fichu de mal de tête.
J'ai touché le bonheur en déposant le pied sur la marche de béton juste en avant de ma porte. Me suis coulée un bain, enfillée ma robe de chambre. Le téléphone a sonné, mais j'ai laissé le répondeur jouer. Évachée sur le divan, avec une tasse d'eau chaude, mes clops et un chat sur les genoux, un sourire aux lèvres j'ai pensé: "Maudit que j'suis nounoune des fois".
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