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vendredi 9 novembre 2007

Friday night fever

Depuis que je travaille au bistro, il existe la tradition du vendredi. Le seul soir (ou presque...) où je me permets de me péter la face sans remord, sans appréhension par rapport au lendemain.

Vendredi dernier, j'ai eu du plaisir. Comme tout le temps. Même si en cours de conversation avec Copine, je me suis sentie un peu moche. Pourquoi ? Simplement parce que j'ai réalisé que je profitais mal de mon célibat. Depuis la dernière année et demie, peu d'homme se sont retrouvés dans mon lit. Comme je me suis ramassée dans celui de bien peu de garçons. Toutes histoires ayant été racontée ici, je me considère comme une petite fille sage. Cinq hommes. En 18 mois. Dire que certaines rumeurs de la blogosphère me décrivaient comme une femme facile au début de l'été ! Copine, au physique qui ne répond pas nécessairement aux critères de beautés actuels, me bat largement. Après trois mois de vie seule. Faut croire que j'ai trop de principes...

La Waitress se dirige vers le bar, comme à chaque vendredi depuis quelques semaines. Le coeur léger. Plein d'ivresse. J'y rejoindrai mes amis. Mes connaissances. Ces gens pour qui je m'inquiète. Ces personnes que j'aime. Qui font en sorte que l'existence est belle.

Les pupilles dilatées je les rejoindrai d'ici quinze minutes. Et qui sait. Le bar m'offrira peut-être une nouvelles histoire pour demain...

dimanche 28 octobre 2007

Des principes de Waitress

Vendredi. Waitress se pointe au bar, pour participer à la fin du cinq-à-sept. Assise au comptoir, je commande une bière, question de ne pas exagérer autant que la semaine précédente. Les gins & tonic, c’est traitre.


Al Bee m’accompagne, se tient à ma gauche. Nous nous relatons les diverses aventures de la semaine. Mon boulot et les hésitations, M. Magazine et l’envie de mourir sur place. Il me raconte la belle S. qui lui torture le cœur, qu’il ne veut plus revoir pour un temps. Arrive une série de shooters, gracieuseté la Barmaid. La traditionnelle tournée des « Amis du vendredi ».


Al Bee me présente son voisin, Pit. Une connaissance. Il discute avec nous, on déconne. Sur leur pseudo sortie de prison pour le week-end, de ma condition de dinde qui commence à freaker à l’approche de Noël.


20h17. Al Bee doit quitter, rejoindre une autre amie à qui il a promis de faire les courses.

- Tu fais quoi ensuite, Waitress ?
- Aucune idée encore, pas de plan pour la soirée.
- Moi je vais repasser plus tard. Penses-tu rester ici ?
- Sais pas, j’irai peut-être en haute-ville.
- Laisse un message sur le répondeur si tu vas ailleurs.


Je vais appeler Copine. Répondeur. Plus tôt, je lui ai laissé un message comme quoi je serais au bar, une invitation à me rejoindre. Elle ne viendra pas.


De retour à mon tabouret, une vodka attend à côté de ma bière. Chin-chin, Pit. Nous conversons à propos du service, métier qu’il a pratiqué pendant de nombreuses années. Jusqu’à écœurement. Il a alors entrepris une formation en boucherie. A vécu sa jeunesse dans un chalet près de ma ville natale. Nous en parlons. Puis, la littérature et le cinéma passent. Nos goûts sont souvent similaires. Conversation intéressante.


Nous montons au deuxième étage, où il y a moins de monde et moins de bruit. Vodka, vodka, bière. Je finis par me retourner et constater qu’Al Bee est de nouveau à mes côtés. On déconne un peu, lui me regarde avec de grands sourires.


Pit se rapproche de plus en plus de mon corps. Frisson. Sa main saisit la mienne. Il s’approche et m’embrasse. Ses lèvres pulpeuses sur les miennes. Frisson. Je me retire un peu. Il revient, n’ai pas la volonté de résister. Me propose d’aller chez moi.


- Non.


Il insiste, j’ai envie de flancher. Il m’embrasse encore, me mordille le bras. Chair de poule.


- J’aimerais te faire l’amour.
- Moi aussi. Mais, non.


Je sors fumer une cigarette avec Al Bee. Lui raconte ce qui se passe.


- Pourquoi tu dis pas oui ?
- Parce qu’il est tellement en couple.
- C’est pas ton problème.
- Je sais. Mais j’veux pas m’immiscer dans cette histoire-là.


Il me fait un colleux, me flatte les cheveux. Retour à l’intérieur. Pit poursuit son manège. Me murmure des obscénités au creux de l’oreille, m’embrasse, me mords. Sa main conduit la mienne à son entrejambe. Érection. Je me tasse, fais de gros yeux. Non. Non. Non.


Je commande deux gins d’un coup. Bois le premier en deux gorgées. Il sait maintenant que je ne changerai pas d’idée. Quitte le bar. Je bois l’autre verre doucement, les yeux rivés sur le comptoir. Last call. C’est à mon tour de partir.


Tôt samedi matin, je me suis réveillée. Encore cocktail. Un goût amer dans la bouche. Sans savoir pourquoi, je me doute qu’il m’aurait fait l’amour doucement. Qu’il aurait su dévorer mon corps, que nos gestes auraient gagné en agressivité. Que s’aurait été bon. Il aurait remis ses vêtements. Appeler un taxi pour regagner son appartement. Et sa copine.


Mais j’exige une cuillère après l’amour.

jeudi 30 août 2007

Les trains qui passent

Lundi, le week-end de Waitress s’amorce. Je me pointe au bar, où Française m’attend, deux gins sur la petite table de la terrasse. Nous sommes au milieu du cinq-à-sept de la restauration. Outre Française, deux autres cuisiniers sont là, de même que le serveur responsable d’un nouveau resto du Carré d’Youville. Un propriétaire de bar boit à la table derrière nous, tout le monde qui jase, tout le monde qui niaise et c’est parti. La danse des verres vides des verres pleins.

M. Magazine arrive, avec quelques amis. Bonjour discret de la tête. Profitant d’un aller-retour à l’intérieur de ma copine, il vient s’assoir à ma table. Il porte un affreux chandail beige-gris. À col roulé. Son sourire et ses yeux pétillants compensent presque son manque de goût.


- Ta patronne t’a dit que j’ai téléphoné ?
- Si.
- Deux fois ?
- Si.
- Pourquoi tu n’as pas rappelé ?


Waitress qui patine. On m’a dit qu’il avait une copine. Ce qui m’a convaincu de ne pas retourner le premier appel. Ensuite, je ne retourne jamais d’appel.


- Pourquoi ?
- Je suis une personne timide.
- As-tu idée du nombre de possibilité que tu as manqué par pudeur ?


Waitress cassée. Je réfléchie aux occasions ratées parce que je n’ai pas osé. Toutes ces fois où une invitation et un numéro m’attendaient sur le répondeur. Ces hommes qui laissent un puis deux messages et qui ne donnent plus de nouvelles. Normal. Mon silence interprété comme un refus. Oui, combien de perches tendues ?


Waitress en pleine angoisse devant M. Magazine. Je tente un subtil changement de sujet, mais j’ai la tête ailleurs. Je pense aux vies possibles que j’ai évitées. À cette boîte sous mon lit, remplie de numéros de téléphone que je n’ai jamais composés. Pourquoi ?


Par peur. Du ridicule, comme du bonheur. Une ligne qui s’étend sur chaque moment de mon quotidien; Waitress et la crainte de la nourriture, Waitress aux instincts réprimés, aux désirs refoulés. Waitress et la peur de vivre.


L’incertitude qui me donne des boutons, les prises de décisions qui m’empêchent de dormir. Cette incapacité à formuler des « Je rêve de », « J’aimerais bien ». Les projets avortés par la simple pensé que c’est impossible, que je ne peux pas me permettre un tel truc.


Il me semble que je n’ai rien fait de l’été. Ni du reste de l’année. Pourquoi ? Combien de vies possibles j’ai regardé passé ?


Faudrait cesser de regarder les trains passer, en choisir un, par raison ou par hasard, mais tenter quelque chose. Oser, choisir d’être moi, une femme qui mord dans la vie, en mode action. En finir avec cette habitude à me laisser flotter au vent, sans m’accrocher à rien jamais. Vivre, tomber, me péter la gueule, mais foutre quelque chose avec la certitude d’exister.


M. Magazine qui parle devant moi. Et la Waitress qui n’écoute plus rien. Qui se dit par contre qu’elle ne prendra pas ce train là. Il s’avère que le garçon pu du bec.

mercredi 22 août 2007

Soirée morne d'août

Waitress au travail. Ne reste plus que quelques tables à servir et je toucherai mon pourboire, de même que le volant de ma voiture. Soirée plutôt moche. Des clients mornes qui boivent de la bière sans alcool. Des enfants qui hurlent et piochent et renversent tout. Une dame a même réussit à lancer le jaune d'oeuf de ses pâtes carbonara sur ma jupe. MA jupe. Sans s'excuser. Pas ma faute si ton mari me matte. Baise-le plus souvent et il saura se conduire en public.

J'entre dans la cuisine, où Française nettoie sa table chaude.

- Est-ce qu'on sort ce soir ?
- T'as soif ?
- Autant que toi...

Nous convenons de nous rejoindre au bar sur St-Vallier, faire de la terrasse sur des chaises de plastique vert. Nous avons manqué quelques soirées Mottés dans les dernières semaines, nous espérons bien nous reprendre.

De retour à Québec, je dépose Balou à son bar de la Haute-Ville, redescend vers mon quartier crade. Dès que j'entre, le téléphone.

- Tu t'en viens ?
- Ben là, j'arrive chez nous.
- Mets ton linge de pitoune Waitress, pis arrive.
- C'est bon, je pars dans cinq minutes, tu peux me caller un gin.

J'arrive au bar. Française hurle que sa poule de luxe est là. Un chien accroché à la clôture de la terrasse essaie de me manger un mollet au passage. Hummm. Pas grand monde. Tranquille partout dans la ville. Deux autre cuisiniers boivent leur bière d'après-shiff. Comme quoi nous terminons tous aux même heures. C'est le cinq-à-sept de la restauration. Il est près de minuit.

La mornitude me suit encore. Il ne passe rien. Un grand punk finit par me demander d'aller fumer un joint avec lui. Tentation. Waitress a arrêté ça il y a un an, faut poursuivre. Il revient ensuite, en me donnant du vous, tentant de savoir mon nom. On se présente, il enfourche sa bicyclette et part.

Après cinq gins tonic, Française démarre sa moto tandis que je marche vers l'appartement. Avec une envie de frencher, d'avoir des lèvres sur les miennes. Je n'ai rencontré personne sur le chemin du retour.

jeudi 9 août 2007

Des garçons

Lundi, 2h47 du matin. Sur la terrasse du bar, en compagnie de ma copine et collègue de travail Française. Chaque dimanche, après la soirée au resto, nous nous retrouvons là, sur une chaise de plastique de la Basse-Ville. C’est la soirée morons. Comme si tout les mottés solitaires de la ville s’y donnent aussi rendez-vous. On se bidonne ensemble, devant ces hommes trop gelés trop saouls qui défilent devant nous, gin tonic en main.

Cette semaine par contre, peu de mottés sur la terrasse. Comme s’ils se reposaient en vu du spectacle de Slayer. À notre table, M. Magazine. Aussi d’origine française, c’est un garçon bien gentil, bien charmant, bien cultivé qui aime les restaurants. Nous lui parlons du nôtre, sur l’Île, avec l’idée de le convaincre de passer nous voir. Ni une ni l’autre ne voulons toucher du chômage cet hiver. Il faut qu’il écrive un article sur notre établissement.

La conversation est agréable, elle passe des restaurants aux voyages, à notre célibat. Musique. Les gins se succèdent à une vitesse folle.

- J’en bois un dernier, ensuite je file. J’ai une date demain matin.

Apparaît alors un autre gin devant moi, avec une vodka canneberge. Encore et encore et encore. 2h47. Last call. Waitress complètement bourrée. Française aussi.

Nous quittons le bar, chacun dans notre direction. M. Magazine prend le même chemin que moi. Il profite de la marche pour poser des questions plus approfondies sur mon célibat.

- Bien ça fait un peu plus d’un an que je suis seule.
- Comment ça ?
- J’ai fait très peu de rencontre intéressante au cours de la dernière année. Une seule en fait. Je ne cherche pas à être en couple, je n’ai besoin de personne pour être heureuse. Ça arrivera quand ça arrivera, c’est tout.
- Tu viens faire un tour chez moi ?
- Pas longtemps.

Dans une rue inconnue, je monte des marches qui mènent je ne sais où. À l’intérieur, c’est immense. M. Magazine habite un loft du centre-ville. Plafonds hauts, mur du salon entièrement fenêtré, îlot de cuisine. La conversation se poursuit, sur tout et rien.

- Tu m’excuseras, j’suis saoule.
- T’inquiètes, moi aussi.

Assise sur un tabouret de cuisine, j’avale un verre d’eau à grandes gorgées. Une lampe est allumée, déposée sur le plancher. Elle crée de superbes jeux d’ombres sur les murs. Le reste de l’éclairage provient des lumières de la ville. Ambiance feutrée. M. Magazine se trouve agenouillé à mes côtés, un bras accroché à mes jambes. Il se lève d’un coup, prend mon visage entre ses mains, m’embrasse.

Ses lèvres chaudes sur les miennes. Du confort bien apaisant, de l’affection rose bonbon. Sa langue qui frôle la mienne, ses doigts dans mon cou.

- Il faut que je parte.
- T’as qu’à la canceller, ta date.
- Non. Je m’en vais.

Dehors, le ciel pâlit à l’est. Merde. Je suis complètement bourrée. Je marche un instant avant de constater que j’ignore où je me trouve. Mes pieds avancent au hasard, jusqu’à ce que je me repère grâce à l’épicerie Rochon.

J’entre dans mon appartement à 5h00 du matin. Il faut que je mange. Je me concocte un sandwich, question de ralentir la digestion de l’alcool et me sentir mieux au levé. Je finis par tombée endormie sur le sofa.


*


J’ouvre les yeux trente minutes avant mon rendez-vous avec Joli Minois. En panique, puisque mon appartement ressemble au Cambodge. Avec l’impression d’être toujours en ivresse. Je courre partout, lave la vaisselle qui n’est constitué que de tasses à café, de verres et de quelques ustensiles. Passe un balai rapide, lance du linge dans ma chambre, dont je prends soin de fermer la porte. Je prépare ma cafetière, mets le rond du poêle en marche. J’enfile un capri noir, une camisole noire et blanche à pois et à motifs étranges. Elle donne l’impression que j’ai un peu de seins. Alors que j’allais entreprendre mon maquillage, on cogne à la porte. Merde, merde, j’ai l’air de rien encore.

Je fais entrer Joli Minois. Dehors, il pleut à grosses gouttes. Il fait sombre partout. Un album de Feist joue en arrière plan. Dans ses mains, un grand sac en papier remplit de croissants et de muffins frais. Il me sourie, je lui sourie. Qu’est-ce qu’il est beau. Il porte une chemise noire avec un pantalon pâle, presque blanc.

Le café est prêt, je lui en offre un. Il s’assoit sur les marches de la cuisine. Waitress à sa droite. On s’allume une clope, moment calme. On rit, on parle, on s’empiffre de croissants. J’aime le regarder raconter des histoires. Son visage et ses mains sont expressifs, c’est une chose que j’adore chez les gens. Les heures passent à une vitesse folle, à un moment mon lecteur CD s’est arrêté, au bout de toute la musique qu’il y avait dedans, mais je ne m’en suis pas aperçue. J’ai vu l’heure sur la cuisinière.

- Je vais devoir commencer à me préparer pour le travail.
- Déjà ! Je vais y aller.

Il remet ses souliers. Sur le bord de la porte, je ne sais que faire. J’ai envie de l’embrasser. Je dépose deux baisers sur ses joues, ses bras se serrent sur mon corps. Je reste là un instant, les yeux fermés, le nez collé sur ses vêtements à respirer son odeur.
*


C’est la tête dans le cul que je me suis pointée au travail. Mais avec un grand sourire sur les lèvres qui ne m’a pas quitté depuis.

jeudi 2 août 2007

Waitress de retour !

Le 5 juillet dernier, après avoir publié mon dernier texte, un malheur est arrivé. J'ai saoulé mon ordinateur au vin blanc. Je m'attendais à voir une explosion, des flammes, quelque chose après que le liquide alcoolisé se soit répandu. Non. Il a juste éteint. Et n'a plus jamais voulu fonctionner depuis.

Je devais aller magasiner un nouvel ordi avec Jeune Homme, mais l'incompatibilité de nos horaires m'est apparut évidente il y a de cela quelques jours. Je suis donc partie seule, à la conquête de la technologie. Me voilà de retour parmi vous.

Au cours des dernières semaines, j'ai occupé mon temps loin de l'écran. J'ai eu une vie, puisque je n'ai plus qu'un emploi. Je suis reposée, en pleine possession de mes moyens.

Parmi les nombreuses aventures qui me sont arrivées, plusieurs seront à raconter. Voici un résumé :

- J'ai coupé mes cheveux (à la garçonne, et selon le Maiken, c'est joli !)
- J'ai dormi avec une lesbienne à deux reprises
- J'ai fait ma tournette à l'Îsle-aux-Coudres
- J'ai rencontré un p'tit gars qui devrait me téléphoner aujourd'hui...
- J'ai fait copuler des escargots dans ma main droite
- J'ai fait la découverte de la charmante municipalité de Neufchâtel en compagnie de Maiken
- J'ai dormi (une activité des plus palpitantes !)
- J'ai frenché
- J'ai aussi tenté d'apprivoiser une sauterelle naissante, mais trop indiscipliné, je l'ai relâché dans la nature
- Vu quelques groupes en spectacle
- Oublié le Charmant Garçon (bien mieux à faire !!!!)
- Fait de la photo


Bref, moi qui craignais l'apparence d'une solitude angoissante, je me suis retrouvée constamment entourée d'amis, de connaissances, de plaisir, d'alcool, de soleil, de petits bonheurs simples.

Et c'est le début...

vendredi 8 juin 2007

Retour à la case départ

Jeudi soir, j'ai rendez-vous avec Charmant Garçon au bar, à 22h00. J'y ai déjà un rendez-vous à 18h30 avec une copine que je n'ai pas vu depuis un certain temps.


À l'arrivée de Charmant Garçon, Waitress est un peu paf. Coc-ke-tail comme dirait le Jeune Homme. Je m'enfile deux autres gin tonic pendant qu'il boit sa première bière.


- Je ne suis pas supposé être ici, je me suis fait remplacer pour ce soir, j'avais oublié.

- Veux-tu aller ailleurs ?

- On pourrait aller à La Cuisine, si ça te dit.

- Go.


Nous nous installons à une table. Commande un pichet de rousse. Très joli et original le concept de la bière dans un arrosoir, ça me plaît. Plusieurs personnes autour boivent aussi de la bière, la musique est bonne, le staff plutôt sympa. Waitress décide alors de foncer.


- Je peux te poser une question ?

- Ben... oui.

- Est-ce que t'as juste l'intention de me baiser pendant un bout ou tu voudrais me connaître ?


Charmant Garçon s'étouffe avec sa bière.


- Euh...

- C'est cru, c'est sec, mais désolée, je suis comme ça.


CG prend quelques secondes pour réfléchir.


- Si je voulais juste te baiser, on ne se verrait plus déjà.


Élan de joie dans le coeur de Waitress. Il ouvre encore la bouche.


- Mais je sais que je ne suis pas prêt à m'engager pour l'instant.


Élan de désespoir dans le coeur de Waitress.


- Est-ce qu'il y avait une bonne réponse ?

- Non. Juste la réponse honnête.


Je fais semblant de rien, pose d'autres questions, change de sujet. À la fin du pichet, Charmant Garçon m'accompagne jusque chez moi. Une autre nuit ensemble, aussi agréable que les autres.


Mais aujourd'hui, Waitress a de la peine. Elle sait que Charmant Garçon ne l'aime pas, qu'il ne l'aimera jamais. C'est juste du temporaire, un bon moment à passer avec lui.


J'ai une énorme carapace. Depuis plusieurs années, personne ne l'a percée, personne n'a vu ce qu'il y avait derrière. On se protège comme on peut, on évite de mettre du sentiment. Pas de désir, pas de peine. Le coeur léger et vide et sec à perpétuité.


J'avais oublié. Waitress se ferme à nouveau. Et pour plus longtemps encore.

mardi 22 mai 2007

Charmant Garçon, résumé de quelques jours

Comme vous voulez, je vous raconte à propos de Charmant Garçon­ Toutefois, je vous avoue que je suis déçue de constater qu'outre Jiji, personne ne manifeste d'intérêt face à ma vie professionnelle...

Jeudi, Waitress termine sa soirée à l'hôtel. Il est minuit trente, je me suis apportée des vêtements jolis et légèrement sexy dans le but de passer par le bar. Je retouche mon maquillage, ma coiffure et je marche vers la Basse-Ville. Petits papillons dans le ventre. Est-ce qu'il me trouvera stupide si je retourne le voir tout de suite ? Est-ce que j'aurai l'air trop intéressée ? Devant moi, la terrasse, où quelques personnes fument une cigarette. Il n'est pas dehors. J'ouvre la porte, la musique me monte aux oreilles. Hésitation. La porte se referme. Waitress marche vite, vite, vite jusque chez elle.

Froussarde. C'est tout ce que je me répète sur le chemin. Je suis déçue. J'aurais aimé le voir. Tant pis. Je vais me coucher.

O
Vendredi, 19h00. Il me reste 8h30 devant moi avant que mon cadran-singe-hystérique-qui-hurle-dans-la-jungle me dise qu'il faut aller travailler. J'ai les yeux grands ouverts, je n'ai pas sommeil. Je lis un peu, rien à faire, je sourie en pensant à Charmant Garçon. Est-ce qu'il pourrait être au bar ? Je me convaincs que deux verres d'alcool m'aideront sans doute à m'endormir. Je me fais belle. Me dirige vers le quartier St-Rock.
Il n'est pas là. Tant pis, j'ai soif. Je m'assoie au bar, à droite d'un hippie. Poncho, cheveux blonds en queue de cheval, petites lunettes à monture métallique rondes. Il sent la gomme de sapin. Bref, un hippie. Gin tonic. Une fois. Deux fois. Une connaissance s'assoie à ma droite. Gin tonic trois fois. Je termine mon verre et je file. À l'autre bout du comptoir, j'aperçois un ami que je n'ai pas vu depuis plusieurs mois. Me lève et vais lui parler.
Smouck, smouck, becs sur les joues, grosse colle, je suis contente de te voir. Il me raconte qu'il est en amour, qu'il habite la Rive-Sud avec sa nouvelle copine, que tout va bien pour lui. Lorsque je discute avec quelqu'un, je regarde toujours ses yeux. Sans raison, mes yeux se retrouvent à 45 degrés. Il est là. Charmant Garçon a les yeux plantés dans les miens, un sourire aux lèvres. J'essaie de ne pas lui répondre, mais ma bouche ignore ma volonté. Deux secondes passent. Je reviens à mon ami, qui poursuit son histoire. Je n'entends plus rien. Tout ce que je sais, c'est que Charmant Garçon s'est dirigé vers moi, qu'il attend un peu en retrait et que je veux lui parler. Aurevoir vieil ami, à la prochaine.
Charmant Garçon se penche pour m'embrasser sur la joue. Je n'ai pas terminé mon mouvement qui me permettrait de me placer bien face à lui. Il interprète ça comme un refus.
- Ah pardon, tu veux pas.
- Quoi ? Ben oui, je veux, en lui tendant la joue.
- Je peux prendre un verre avec toi ?
- Oui, oui, mes affaires sont là bas.
On décide d'aller sur la terrasse. Il fait froid, je m'en fou. On discute, les yeux dans les yeux, en souriant toujours. On fume des clops ensemble. Je me sens bien. Nos verres sont à secs, il sait que je me lève bientôt pour le travail. Le barman arrive et me demande si je veux autre chose en me donnant des coups de coudes.
- Je sais pas trop, je ne m'endors pas, mais ce serait pas sage.
Je vais voir mon ami WC en y pensant. Retour à l'extérieur, Barman dépose une bouteille de bière devant Charmant Garçon.
- Ben, j'peux-tu t'accompagner pour un dernier verre ?
- Bien sûr.
- Gin tonic.
On boit lentement. Mais nous touchons quand même le fond des verres. Je rassemble mes effets personnels en annonçant mon départ. Il se lève avec moi, nous allons dans des directions opposées.
- J'ai été vraiment nono hier matin.
- Comment ça ?
- Je t'ai donné mon numéro de téléphone, mais j'ai pas pris le tient. Est-ce que tu veux me le donner ?
- As-tu du papier et un crayon ?
Je n'ai pas terminé ma phrase que j'ai un stylo dans les mains.
- Je ne t'aurais pas téléphoné. J'fais pas partie du clan des appleuses.
- Moi non plus. Donnes-moi ton e-mail aussi, si tu veux.
Smouck, smouck, becs sur les joues, un peu trop près des lèvres et qui durent quelques secondes de trop. Aurevoir.
Je n'ai aucune idée du chemin que j'ai emprunté pour rentrer à la maison. Tout ce dont je me souviens, ce sont les papillons, le sourire et le bonheur.
Est-ce que je l'ajoute tout de suite à mon MSN ? Est-ce que j'aurais l'air trop intéressée ? Je le fais, en me souvenant de ma tendance à perdre les bouts de papiers qui traînent dans mes poches.
Je me mets au lit. Incapable de dormir. Je découvre comment les sourires heureux ne sont pas propices au sommeil.
O
Samedi, 4h00 du mat. Je lis mes blogs préférés et mes mails. Il m'a écrit. Pour me dire qu'il est content de m'avoir vu. Qu'il est passé au bar en souhaitant que je sois là. Je lui répond la même chose.
O
Samedi, 18h00. Je rentre chez moi. Je dois aller au party de Jeune Homme qui vient de me téléphoner pour dire que le souper est prêt et qu'on m'attend.
- J'arrive, j'arrive. Juste le temps de me préparer.
Je vais voir mes mails. Il m'a encore écrit. Qu'il serait au bar, au cinq à sept. Qu'est-ce que je fais ? Je suis fatiguée. J'ai besoin de Red Bull. Avec de l'alcool. À moins que j'aille boire une vodka-red bull au bar ? Je saisie le téléphone. Coloc de Jeune Homme répond.
- Désolée, attendez-moi pas pour souper, j'ai pas le temps, j'arrive un peu plus tard.
18h30. Vite, vite, le cinq à sept approche de la fin, faudrait pas le manquer. Je cours vers le bar, il est là. Avec un ami. Zut. Mais non, c'est pas grave, il m'invite avec eux. Son ami parle beaucoup. Beaucoup, beaucoup. Encore plus que moi. Charmant Garçon me regarde. Je le regarde. On sourit. Aucune idée de ce que l'Autre dit, j'écoute à peine. Termine mon deuxième verre, je me sauve festoyer en courant.
O
Dimanche, 13h00. Je reviens chez moi, après une nuit de débauche totale en pleurant parce que je dois me préparer pour le travail. Première chose que je fais : Vérifier mes mails.
Un autre message. Où il me demande si je serais passé au bar s'il ne m'aurait pas dit qu'il y serait. Hésitation devant la réponce. La vérité ou pas ? Est-ce que je désire qu'il sache que j'avais envie de le voir, ou bien je mets le tout sur le compte du hasard ? Je décide d'être franche.
Demain, je vois Charmant Garçon. Seule. On s'organise un souper, chez moi. Je sais, je sais, il aurait fallu choisir un lieu neutre, mais j'y avais pensé et il l'a aussi proposé. J'ai besoin de vous.
D'abord, cette nuit, il faut que tout le monde accroche une paire de bobette propre à sa corde à linge. Et la nuit prochaine également. Ça me porte bonheur, et on serait en train de créer un nouveau mouvement de solidarité.
Ensuite, je me demande quoi mettre au menu. Il faut réfléchir au fait que je vais sûrement vouloir l'embrasser à la fin du repas. Ail, oignon et moules sont donc proscrites. J'aurai des fromages, un gros fruit pour désert (ananas, papaye ou autre, selon les prix au supermarché). J'ai pensé aux avocats farcis en accompagnement. Mais le reste ? Suggestions !!!!!!
Troisième point. Je m'habille comment ? Pantalon ? Jupe au tissu doux doux doux ? Décolleter ou pas ? En noir ou en couleur ? Cheveux remontés ou détachés ?
Tout ce que je veux, c'est une belle soirée. Peut-être un dodo collé ensuite. J'espère aussi avoir pleins de trucs à raconter. S'il fallait que je ne sache plus quoi dire après quelques heures ? Et si je rate le repas ?
S'il-vous-plaît, on n'oublie pas les bobettes sur la corde à linge !

jeudi 17 mai 2007

Petits papillons (petits, petits)

Constatant que je me mène une vie rangée quant aux garçons, une amie s'est mise en tête de me présenter un de ses copains en manque de sexe. Je comprends pourquoi elle y tient tant. Gars-en-Manque aimerait coucher avec Copine. Copine aimerait coucher avec Gars-en-manque. Mais elle est en couple. Donc, en m'insérant entre eux deux, elle croit qu'elle saura se retenir. Belle tactique. Et c'est ainsi qu'elle m'a donnée rendez-vous hier, au bar.

Dehors, il fait gris. Je m'habille en mois de mai, ce qui signifie pas chaudement. Je ne tarde pas de constater que mes souliers ballerines sont plus ou moins de circonstance. Je marche quand même vers le bar; impossible de reculer, sinon on pourrait me reprocher mon retard. "C'est l'été, c'est l'été", que je ne cesse de me répéter. Le pouvoir de la pensée est sans fin, je me sens envahit d'une douce chaleur qui m'aide à me rendre à destination sans claquer des dents. Les mains bleues, je pousse la porte.

17h59. Je m'installe au comptoir. Gin tonic. Que je sirote en me disant à quel point je me transforme en une personne fade; je deviens raisonnable et ponctuelle, une calamité. Je me tape une conversation ennuyeuse à propos du travail d'un quinquagénaire ennuyeux qui se tient à ma droite. Tout en louchant sur la porte, souhaitant voir apparaître Copine. Elle tarde, je dois discuter avec l'autre.

Arrive Monsieur Patate. Il demande si la place à ma gauche est libre.
- Si vous êtes riche, bien sûr.

J'ai pu analyser son portefeuille en le voyant s'asseoir deux bancs plus loin.

Copine se pointe avec trente minutes de retard. Seule. Smouck, smouck, becs sur les joues, grosses colles, elle me dit que Gars-en-Manque débarquera bientôt. Plutôt présente pour passer du temps avec elle, j'ai tout de même hâte de voir. Monsieur Patate parle avec moi, on se fait un petit speed dating; chacun notre tour, nous racontons les grandes lignes de notre existence en deux minutes, suivies d'une période de question de trente secondes. On rigole un peu, mais il s'est disqualifié avec son: "Monsieur Patate, trente-quatre ans, célibataire". Reste que j'ai du plaisir, il est drôle et sympathique. Il quitte le bar en me demandant un rendez-vous, que je ne lui accorde pas en passant par la bande: "On va sans doute se revoir ici, je viens souvent et toi aussi. Laissons le hasard travailler".

Arrive Gars-en-Manque. Waitress de constater qu'il a plus de trente ans (Non, mais ! Vous êtes vraiment beaucoup de cette génération à chercher amour et sexe dans les bars !) et même s'il parait bien, il perd toutes chances de finir dans mon lit. Timide, il me parle peu; il dépose son regard dans le décolleté de Copine afin de se donner contenance.

Après son départ, Copine fait son enquête:
- Pis, comment tu le trouves ?
- Ben... j'sais pas, il ne me disait rien, il était trop occupé à te manger des yeux.
- Pour vrai ? Tu crois que je l'intéresse ?
- C'est assez évident.
- Mais il t'a trouvé de son goût.
- J'crois pas, il ne me regardait même pas.
- Il arrêtait pas de loucher vers toi.
- Pour vrai ? On appelle ça être subtil.
- C'est toi qui te virais de bord pour radoter avec les autres.
- Ah.

Je sors fumer une cigarette. Je bavarde avec les gens qui entretiennent leur cancer autour de moi. Dont un charmant garçon.

- T'es venue visité mon appartement, toi ?
- Eh. Peut-être. Disons que j'en ai vu plusieurs. T'habites où ?
- À Limoilou.
- Oui, oui, oui ! Je me souviens de toi.

Le premier appartement que j'ai visité, en mars dernier, était le sien. Puisqu'il m'a déjà accueillis chez lui, nous nous considérons vite comme des intimes.

Copine rentre dormir vers 22h00. J'ai un gin tonic encore plein devant moi, je choisie de rester. Je termine mon verre et je file aussi. Charmant Garçon est assis à mes côtés. Par politesse, je converse avec lui, à propos de son travail, ses intérêts, ses études. Gentil. Une certaine douceur émane de lui, lorsqu'il sourit, j'ai l'impression que le fond de son regard participe au mouvement de ses lèvres. En revenant de visiter mon ami WC, un nouveau verre m'attend, tandis que le propriétaire m'offre un shooter.

À 2h30, je suis toujours là, à discuter avec Charmant Garçon. Je me sens bien, il est agréable et joli. Nous nous faisons maintenant face, nos corps se frôlent souvent, un sourire au visage, on ne se lâche plus des yeux. Il m'offre d'aller voir ce qui se passe à la Cuisine après nos verres. J'accepte. Aurevoir à tout le monde, on paie nos bills qui sont énormes.

Dans le froid et la pluie de mai, nous marchons côte à côte. Bien entendu, la Cuisine est fermée. Mercredi soir, normal. Mon regard plonge dans les yeux de Charmant Garçon qui s'approche pour m'embrasser. Ses lèvres sont douces, chaude sur ma bouche.

- Veux-tu venir chez moi ou on va chez toi, Waitress ?
- ...
- ...
- Ben, j'ai pas l'habite de ramener chez moi un gars le premier soir.
- On peut juste dormir collé.
- Accepté. Mais à condition que tu t'attendes à rien d'autre.
- Ça me va.

Dans mon lit, nos pieds sont congelés. On rit, on s'embrasse, on se réchauffe ensemble. Ses lèvres sur mes lèvres. Sur mes joues. Dans mon cou, dans mon dos. Sa peau est douce contre la mienne, il sent bon. Tout mon corps frissonne, le sien aussi. Je finis par lui demander d'arrêter. J'ai envie de coucher avec lui, mais je préfère m'abstenir. Ça le fait rire. Il ressemble à un enfant heureux, il est beau. On s'endort en cuillère. Sommeil paisible.

Ce matin, pas de gêne. On parle encore, on rit ensemble. Je partage le premier café avec lui avant son départ. Le taxi arrive devant la porte. Il me dit qu'il travaille au bar ce soir. Me donne son numéro de téléphone. Merci pour la soirée, becs sur les joues, il franchit la porte.

Je me sens bien. Et je me demande si j'irai boire un verre après le travail. Si un jour j'oserai lui téléphoner. Je ne fais pas partie du clan des "appleuses". Trop timide. Waitress est une poule mouillée, faut pas l'oublier.

mercredi 9 mai 2007

Solitude


4h30 du mat, je ne sais trop de quoi vous parlez. Tout va tellement vite dans ma tête. Encore une nuit de débauche, encore une nuit à donner mon numéro de téléphone à des gens qui n'appelleront jamais.


C'est un truc qui me fait chier. Et je joue le même jeu pourtant. Pourquoi est-ce que je donne mes coordonnées à quelqu'un qui n'en a rien à foutre et qui agit par pure politesse ? Pourquoi je mets des bouts de papier dans mon sac en disant "Je t'appelle vendredi prochain pour telle soirée à tel bar " ? Les gens sont tout simplement incapable de se dire que non, ça ne nous intéresse pas, on préfère la game, la putain de game que j'avoue tant adorer. La politesse. Nos parents nous ont bien élevés.


Demain, je vais appeler Équipier. Et je sais qu'il aura une excuse toute prête pour me dire qu'il ne sera pas des nôtres. Pendant ce temps là, j'aurai mis mon apppart en ordre complet, je me serai fait belle. Pour rien. À moins que Maiken se soit décidé à venir, mais mon intuition me porte à croire qu'il n'y sera pas.


Désolée, Waitress la toujours joviale et positive est un peu en mode depress. Peut-être parce qu'un ami qu'elle aime bien l'a réveillé au téléphone cet après-midi et qu'une chicane complètement stupide s'en est suivie. Et que je me sens mal à l'aise. Je sais que j'aurais dont dû fermer ma yeule. Dire des "non c'est pas grave" comme je fais toujours. Mais non. J'ai dit que je n'aime pas qu'on me mente en pleine face. Résultat ? Mon ami me boude parce que je l'ai traité de menteur !!!!!!! Bordel que les gens sont compliqués. Ça m'énerve, quelqu'un qui n'assume pas ses actes et qui te fait feeler cheap lorsque tu lui fais remarquer !


Criss que les gens sont compliqués. Vive les îles désertes à certains moments !

lundi 7 mai 2007

Les aimants

Lundi soir, dernier jour de travail. Le week-end débutera à 23h00. Au cours de la soirée, je saisie le téléphone pour parler à Jeune Homme.

- Heil tu veux venir me rejoindre au bar ? On pourrait faire de la terrasse...
- Mouais, ça serait une idée. Je vais invité Réceptionniste.
- Coooooooool !
- Heil Pierrot Lapin a écrit un message à propos de tits fucking sur mon blog. Je l'ai effacé.
- Non ! Ya fait ça aussi sur le mien, mais je lui ai dit que le tits fucking était pas mon unique but dans la vie.

À ce moment, mon collègue de travail, un homme de cinquante ans, lève un sourcil.

- Oups, scuse moi, j'crois que Pinch Coworker est en train de s'étouffer à côté.
- Bon, bin rappelle-moi en finissant, Waitress.

23h47, Waitress se pointe au bar. En premier. Oui, oui, je suis arrivée en avance. Pour la première et dernière fois de ma vie. Je me commande un verre au bar.

- Heil salut !

Un joli garçon assis au comptoir me regarde.

- Allô. Ça va bien ?
- Moi c'est Louis.
- Enchantée, Waitress, en tendant la main vers lui.

Louis tente de lever son verre pour tchintchiner avec moi.

- Pas tout suite, j'ai rien à boire !

Mon gin tonic se pointe.

- Ok, on trinque ensemble, mais avant, tu enlèves ton manteau.

Et Louis de s'exécuter. J'adore voir les hommes faire ce que je demande, en particulier lorsque c'est complètement stupide.

- Santé, Louis ! Bonne soirée.

Jeune Homme finit par me rejoindre sur la terrasse, juste au bon moment pour m'éviter une longue et ennuyeuse conversation avec un quinquagénaire que je connais un peu. Bla bla bla, on jase, il me raconte ses dernières frustrations, me recommande de ne pas coucher avec Équipier mercredi prochain, ne me croit pas lorsque je lui affirme en toute sincérité que le but n'est pas là.

- Don't fuck the pay roll, ma belle.
- Je sais, j'suis pas du genre à faire ça.
- (!&*/"*&/*&/ (Jeune Homme s'étouffe avec une gorgée de Jack 7'up).

Au loin, titubant sur le trottoir, j'aperçois un autre collègue de travail (on est beaucoup dans mon hôtel, c'est normal que je vois toujours quelqu'un quelque part). Je lève un bras en l'air en criant son nom. Il s'installe à notre table.

Ouf. Collègue #38 a commencé sa soirée tôt. C'est la quatrième fois qu'il nous raconte qu'il s'est réveillé ce matin.

- Non ! Encore ? (J'peux pas m'en empêcher, mais il ne remarque rien. Heureusement, Jeune Homme rit avec moi).

Ça fait maintenant trois fois que je lui demande quelle sorte de drogue il a pris au cours de la soirée, parce que je suis incapable de comprendre comment il peut être mêlé à ce point. Chaque fois, il répond qu'il s'en va faire le party tout seul chez lui. Humm.

Le barman se pointe et m'appelle par mon nom pour me dire qu'un shooter m'attend à côté de Louis. J'entre, bois le verre, dis merci et retourne sur la terrasse. Quoi ? C'est pas parce que tu me paies à boire que je vais t'écouter parler ensuite !

Retour à l'extérieur. Jeune Homme entre dans le bar, chercher un autre verre et faire un tour à l'urinoir.

- Tu sais Waitress, tu m'intéresses vraiment. Et je suis gêné.
- Eh ben. Pourtant, j'pense pas être particulièrement intimidante, tsé.

Retour de Jeune Homme. Notez que Collègue #38 prend un temps fou à enligner assez de mots pour former une phrase complète. Et il continue son discourt:

- Je suis heureux. Et amoureux.
- Oui. De la vie, hein ! de répondre Waitress.

Fin de la conversation. À partir de ce moment, Collègue #38 est complètement écarté de la conversation, même incapable de nous regarder. Sa seule interaction consistait à lâcher de temps en temps:

- Vous vous aimez vous deux, ça parait.

Lorsqu'il quitte la terrasse, Jeune Homme et moi-même décidons de concert qu'il est préférable de le reconduire jusque chez lui. Collègue #38 de protester. Waitress craint qu'il n'entre en collision avec une borne fontaine et devienne ainsi stérile. Ma grande compassion fait en sorte que je considère comme un devoir de le raccompagner.

Long voyage pour n'arriver que trois coins de rue plus loin. Après avoir débarré sa porte, j'entre dans sa salle de bain (soyez pas inquiets, elle est propre). Ressors de là et Jeune Homme me tire presque par le chandail pour me faire retourner chez moi. Collègue #38 se tient près de la porte, une guitare au cou. Aurevoir, pas de bec sur les joues, on s'en va. Mon intuition me pousse à courir pour être hors de porté de vue de Collègue #38 si jamais il sort pour nous suivre.

- Tu sais pas ce qu'il m'a dit pendant que tu étais à la salle de bain ?
- Quoi ?
- Il m'a demandé si c'était le temps de te dire qu'il était amoureux fou.
- ...
- J'lui ai conseillé de plutôt t'inviter à prendre une bière la prochaine fois qu'il te verrait à job.
- ...
- Tu iras pas, hein ?
- ...
- Non, ça c'est le genre de gars qui va t'appeler la nuit juste pour te parler.
-...
- ...
- Tu viens prendre une dernière bière chez moi, Jeune Homme ?
- Ah non, j'suis trop fatigué.

O
Je me demande... Pourquoi j'attire juste les fuckés, les vieux et les alcolos drogués dans la vie ? Si Maiken serait encore de ce monde, je pourrais lui demander une réponse toute psychologique de la question. Mais il gambade dans les terres froides du Nord où l'internet ne semble pas exister. Quelqu'un d'autre a une explication ?

lundi 23 avril 2007

Encore !


Demain, lundi, à 23h00 précise, je suis forcée de retrouver ma vie de débauche. Pour deux jours. Le repos du corps aura été bref cette semaine.


Des suggestions ? ...

dimanche 22 avril 2007

Week-End



Jeudi, tard dans la nuit. Je remonte la rue St-Jean, direction les escaliers Victoria, en compagnie de Jeune Homme et d'un de ses amis, rencontré plus tôt dans la soirée. Ce dernier m'offre le bras, question de galanterie. Non, plutôt pour m'aider à marcher droit, afin de réduire les probabilités que je décède écrasée sous une voiture.

L'air est frais, mais confortable. Vêtue d'une petite jupe noire, de mes souliers ballerines et de mon éternel veston en velours noirs, je respire fort, besoin de printemps dans mes poumons. J'ai dansé ce soir. Ce que je ne fais jamais, manque de liberté corporelle.

Les lumières de la ville s'offrent à moi, je veux rire encore, parler avec ces deux gentils garçons qui m'entourent. Nous marchons ensemble, nous sommes beaux à marcher ensemble. Je suis saoule, je me sens bien.



Vendredi, à l'heure du souper. Il fait chaud, je porte une autre jupe, celle au tissu doux, doux, doux, qui me donne d'éternelles caresses sur les fesses. Je conduis ma voiture, lunettes de soleil, fenêtres ouvertes, une cigarette à la main. Avec Jeune Homme comme passager. Il joue avec les dés en minou accrochés au rétroviseur. On chante "J'aime la bourgeoisie" de Numéro dans le trafic. Direction resto, nous allons rejoindre d'anciennes collègues de travail.

Une d'elles nous apprend qu'elle a vomit à son unique tentative pour avaler du sperme, pendant que l'autre nous explique qu'elle est une femme fontaine. Les tables voisines nous regardaient. Faut dire que nous nous trouvions dans un restaurant familial.


De retour chez Jeune Homme, Chouchou débarque de Trois-Rivières. Le bar nous appel. On commence par la piste de danse, mais finalement, c'est de jaser dont on a envie. Assis à la la terrasse, pupilles dilatées, on mâche notre gomme, entouré de belles personnes à regarder.

Retour à mon hôtel cet après-midi. Il faisait beau, la rue Cartier grouillait de monde alors que je me dirigeais vers la machine à punch. Ça ne m'a pas dérangée. Travailler, c'est donner un repos à mon corps. Je me couche à des heures raisonnables, deviens sage l'espace de quatre, cinq jours. Pour être en forme au prochain week-end.

jeudi 12 avril 2007

Mercredi vin blanc

J'adore le vin rouge. C'est ce que je bois, peu importe le repas que je prépare, même si le gars de la SAQ me crie "Sacrilège" lorsque je lui demande conseil. On peut toujours trouver une bonne bouteille qui va finir par se marier avec les arômes. Du moins, à mon avis. Je ne saurais dire exactement pourquoi je n'apprécie pas les vins blancs, peut-être que ceux que j'ai goûtés avaient des parfums trop lourds ou me semblaient trop sucrés.


Toutefois, mon manque flagrant de connaissance en vin blanc m'a fait patiner plus qu'à mon tour à l'ancien resto. Déjà que mes connaissances en vin sont plutôt limités, pour le blanc, j'allais toujours chercher un collègue de travail et si ce n'était pas possible, je disais des conneries. Heureusement, on ne m'a jamais démasquée dans ma grande supercherie.


De là l'idée Mercredi Vin Blanc. Un nouvel événement à Québec qui a débuté hier soir et qui semble bien prometteur. Le but de l'exercice consiste à découvrir les vertues du vin blanc, qui iront de pair avec la belle saison et la chaleur à nos portes, tout en instaurant un esprit de tradition entre Jeune Homme et moi et les personnes qui accepteront de suivre nos péripéties.


Jeune Homme se pointe chez moi vers les 18h00. Bien entendu, je ne suis pas prête, me reste un peu de ménage à faire avant de me maquiller et de me peigner. Je fais vite, JH a faim, son humeur l'indique clairement. Il me demande un morceau de fromage (j'en ai toujours quelque part au frigo) et je l'invite à se servir. Surgissant dans la cuisine, je le vois croquer dans un morceau de pain garnit de Saint-Morgon.


- Euh le pain, j'pense pas que ce soit une bonne idée.

- Pourquoi ?

- Ben, il est vieux un peu.

- Y goûte pas frais, frais, mais ça va.

- C'est celui de notre dernier souper.

- Ben non, Waitress, c'est pas ça qu'on a acheté ensemble!

- Ah. Ça veut dire qu'il est encore plus vieux que ça...


Nous arrivons à la SAQ où nous rencontrons Coloc de Jeune Homme, qui achète une bouteille pour se joindre à nous. J'essaie de lui donner mon adresse pour qu'il nous rejoigne après sa douche, mais c'est difficile. La madame de la SAQ nous vient en aide avec un papier et un crayon. La même dame qui s'est foutue de ma geule lorsque j'ai choisit ma bouteille de blanc parce que l'étiquette disait que c'était un vin "viril". Elle a pas compris que je blaguais...


À l'épicerie, on opte pour des moules à la thaïe. Pour les septiques, sachez que je ne suis pas une grande amatrice de moules. Mais ce sont les meilleures que j'ai mangé dans ma vie, parce que le goût des moules était absent. La préparation est aussi très facile. Suffit d'ajouter du lait de coco aux moules, de la sauce sichuanaise, de la coriandre fraîche, du gingembre râpé et une petite touche de rhum brun. Hummmm.


Ce fût un souper tout en éclat de rire, juste du beau plaisir. Trois célibataires autour de la table, avec du vin à profusion, ça ne pouvait pas être autrement. J'ai aussi appris que je souffre du pattern du gars non-disponible. Mon cul, oui !


Jeune Homme et Waitress ont alors pris la route du karaoké, pour finir sur une note plus tranquille. Loin de la brosse du siècle, c'était un bel adon, puisque le choix musical des participants versait souvent vers les chansons tristounettes. Que nous avons bien pris soin de massacrer avec le meilleur de nous-même.


Ah oui. Lors de notre départ, nous avons fait connaissance d'un certain Marc. Après m'avoir matté la craque de seins (qui est loin d'être impressionnante !), j'ai eu l'impression de me faire cruser. Vu la vocation du bar, je me suis sentie toute croche, du genre "Non, mais t'es grave Waitress ! Comme si tous les hommes pouvaient te faire de l'oeil, t'as un problème mental". Jeune Homme a perçu l'événement de la même façon que moi. Malheur ! Désormais, il va coucher avec mes hétéros qui lui feront de l'oeil après quelques verres !


Et voici notre coup de coeur du premier Mercredi Vin Blanc:




Formidable sur ma terrasse lors des chaudes journées d'été, à l'heure de l'apéro, coucher de soleil en arrière plan !

vendredi 16 mars 2007

Gin Tonic


Petite soirée entre anciens collègues de travail, hier soir au Scan. Bien sympathique, mais le drame a été évité de justesse vers les 2h17.



Mercredi midi, le téléphone sonne. Une voix d'homme au bout du fil que je ne replace pas. C'est Tit Cute, un joli garçon de trois ans mon cadet avec qui j'ai eu l'occasion d'approfondir les vérités de l'infidélité et de la culpabilité. Invitation, on va prendre un verre avec les autres du resto. J'accepte et commence déjà à me demander ce que je porterai.



Jeudi midi, le téléphone sonne. C'est Tit Cute encore, mais cette fois je fais semblant de ne pas le replacer. Confirmation, on se rejoint tous entre 20h00 et 21h00. Avertissement: "Ma blonde va venir nous retrouver en fin de soirée". Cool. Je raccroche et commence sérieusement à me demander ce que je vais porter.



Je dois rejoindre Jeune Homme. Le plan est de souper ensemble avant de se pointer au bar. Bien sûr, je cogne à la porte de mon ami avec quelques heures de retard. Si vous verriez mon appartement... Le Cambodge, en pire. Des vêtements couvrent les planchers, du salon à cuisine, sans épargner l'interminable corridors. Et je ne suis pas jolie du tout, aucun effort semble se présenter dans ma tenue vestimentaire; un jeans, un chandail tout ce qu'il y a d'ordinaire et j'ai les cheveux détachés. Bon, j'ai finit par me dire que nous allions jouer au billard et que la mini-jupe est donc à proscrire. Étant complètement nulle à ce sport, je ne dois surtout pas avoir à me demander si on verra mes fesses ou mes seins à chaque fois que je tente de donner un coup de baguette.



Tout le monde se retrouve, ça s'embrasse, ça fait des chin-chin, on rit, on parle en mal de ce petit chef merdique et roux que nous avons détesté à l'unisson. Je parle peu avec Tit Cute. En fait, je n'ai rien de spécial à lui dire, je m'en fiche beaucoup et je prends un malin plaisir à le regarder échanger des regards plein de promesses sexuelles avec Jeune Homme.



Arrive la copine de Tit Cute. Pas de présentation, pas de salutation générale. Est-elle timide à ce point ? Veut-elle être là ? Je ne sais trop. C'est une jolie brunette qui aurait pu être belle si un sourire aurait surpris ses lèvres de temps en temps.



Clop time, la bande sort dehors. Qui Waitress reconnaît ? La seule personne qu'elle ne veut pas voir. Un ex, qu'elle tente de laisser derrière elle depuis plusieurs années déjà, un homme qui vient encore hanter ses cauchemars. C'est à ce moment que les choses ont commencé à déraper. Les verres de gin tonic ont passé du stade semi-éternel au putain-c'est-toujours-vide-s't'affaire-là.



Plus le temps passait, plus il y avait de gens que je connaissais. Sorte de thématique retrouve ton ex. Waitress devenait nerveuse, le danger était partout autour d'elle, des oreilles indiscrètes, des regards qui font peur. La soif est devenue terrible et ma bouche allait plus vite que mon cerveau. Inévitable, j'ai dit une vacherie à Jolie Brunette. En fait, pas une vacherie, plutôt, j'ai eu l'occasion de me foutre un peu de sa gueule et j'ai peut-être trop insisté. Petit malaise, Jeune Homme me fait des gros yeux, il me tire un coin de chandail pour me glisser à l'oreille un "Refais pu jamais ça !".



Waitress s'en sent encore mal. J'ai tenté d'être très gentille par la suite en posant des tonnes de questions à Jolie Brunette pour me rattraper. Elle a répondu à mes questions. Sans m'en renvoyer, bien sûr. Au pire, j'aurai l'air d'avoir un sens de l'humour un peu douteux. Ou d'une alcoolique qui ne sait pas quand s'arrêter. Il était 2h17.