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vendredi 7 décembre 2007

Waitress commence à répondre...

Waitress au travail. Le restaurant est fermé, les serveurs font le ménage au plus vite pour quitter l'endroit. Patron dîne au comptoir. Entre deux bouchés, il passe des commentaires sur chacun de nous.
Patron: J'dois pas être si pire que ça, y'a Waitress que j'ai encore jamais fait pleurer.
Waitress: Parce que j'attends d'être chez nous pour brailler...
Patron la bouche ouverte. Pas un mot. Et le réconfort des sourires silencieux de mes collègues.

vendredi 9 novembre 2007

Friday night fever

Depuis que je travaille au bistro, il existe la tradition du vendredi. Le seul soir (ou presque...) où je me permets de me péter la face sans remord, sans appréhension par rapport au lendemain.

Vendredi dernier, j'ai eu du plaisir. Comme tout le temps. Même si en cours de conversation avec Copine, je me suis sentie un peu moche. Pourquoi ? Simplement parce que j'ai réalisé que je profitais mal de mon célibat. Depuis la dernière année et demie, peu d'homme se sont retrouvés dans mon lit. Comme je me suis ramassée dans celui de bien peu de garçons. Toutes histoires ayant été racontée ici, je me considère comme une petite fille sage. Cinq hommes. En 18 mois. Dire que certaines rumeurs de la blogosphère me décrivaient comme une femme facile au début de l'été ! Copine, au physique qui ne répond pas nécessairement aux critères de beautés actuels, me bat largement. Après trois mois de vie seule. Faut croire que j'ai trop de principes...

La Waitress se dirige vers le bar, comme à chaque vendredi depuis quelques semaines. Le coeur léger. Plein d'ivresse. J'y rejoindrai mes amis. Mes connaissances. Ces gens pour qui je m'inquiète. Ces personnes que j'aime. Qui font en sorte que l'existence est belle.

Les pupilles dilatées je les rejoindrai d'ici quinze minutes. Et qui sait. Le bar m'offrira peut-être une nouvelles histoire pour demain...

lundi 15 octobre 2007

Un lundi d'octobre

Le Jeune Homme sort à peine de chez moi. Une belle journée, une belle soirée comme il n'en a pas eu depuis longtemps.

Aujourd'hui, lundi, premier jour à l'essaie à mon nouvel emploi. L'entrevue de la semaine dernière s'est finalement bien déroulé. Le patron du resto a à peine regardé mon CV, ce qui m'a donnée un bon coup de main. Je lui ai fait comprendre que je sais m'adapter à toute situation et que je connais bien mon métier, même si je le pratique depuis moins de deux ans. Il m'a crue, m'a fait confiance, ce qui m'a été bénéfique ce midi, alors que nous attendions quinze clients et que s'en est pointé plus que le double de nos espérances.

Au retour du boulot, je devais joindre Joli Minois pour un rendez-vous. Une voix nasiale au téléphone, il est grippé. Dur. Trop pour qu'il lui soit possible de me rencontrer. Puisque la dernière fois qu'il devait me voir il était trop fatigué, je me dis que cette histoire ne mène à rien. Je choisie de mettre une croix dessus. Tannée des espérances. J'ai mieux à faire. Waitress du vent à nouveau, des histoires sans queue ni tête, du ballottement. Rien à faire des emmerdeurs.

Jeune Homme qui me propose de le rejoindre à son boulot, sur une rue piétonnière du Vieux-Québec. Je le rejoins avec seulement quinze minutes de retard. Prêts pour un souper au Moine Echanson, question de découvrir de nouveaux fromages et charcuteries du terroir. Un lieu où l'on peut même boire du vin d'ici, tellement bon que mes propres préjugés tombent.

Nous marchons sur la rue St-Jean, animée par quelques touristes égarés. Au Carré d'Youville, trois bonshommes de neige nous attendent, l'air heureux. La patinoire est ouverte, un tas de neige font juste à côté. J'ai une envie de bagarre de boule de neige, envie non partagée. J'opte donc pour l'abstinence.

Un peu plus loin sur St-Jean, le resto est fermé, de retour mercredi. Merde.

- Jeune Homme, on fait quoi ?
- J'sais pas trop. J'ai une envie de sushis debord.

Nous convenons d'un établissement pas trop loin du Drague. J'en ai entendu de bons commentaires. L'endroit est malheureusement fermé. Nous parlons de la possibilité d'aller au Blue Grill, où nous ne sommes jamais allés. Nouvelle expérience. Tandis que nous marchons, Jeune Homme propose d'aller cogner chez le Maiken. Pourquoi pas ? Je me mets un peu de baume à lèvre, juste au cas.

Je cogne à la porte du dit Maiken. Qui répond, clop en bouche, vêtu d'un pyjama. "Fuck" et la porte se referme. S'ouvre à nouveau, comme une invitation à pénétrer dans l'appartement. Nous nous exécutons.

Trois personnes à une table du Blue Grill, désert. Nous discutons, de choses et d'autres. Moi, de Joli Minois qui me floche doucement, que je veux cesser de fréquenter. Du Jeune Homme et du Black & Blue. Du Maiken et de sa dernière fréquentation. Du Jeune Homme et de sa future date. Du célibat, du temps qui passe, de ma volonté à rencontrer un homme assez aisé pour m'emmener dans des cocktails dînatoire pour que je puisse me montrer en belle robe noire ou rouge sexy signée Chanel et boire des bulles.

La nourriture est infecte. Nous discutons quand même. le Maiken trouve la serveuse Jolie. Je ne suis pas d'accord avec lui, Ni souriante ni sympathique, elle fait son boulot comme si nous étions de trop dans la salle, pourtant vide.

Nous allons à l'épicerie, JH et moi avec une envie de tartare, le Maiken avec l'envie de faire les courses. J'y rencontre un ancien collègue de travail, smouck smouck, becs sur les joues, comment ça va.

JH et moi devant un tartare avec trop de mayonnaise chez moi. Infecte aussi.

Mais la Waitress avec un sentiment de bien être; l'impression d'avoir passé une journée où elle se sent un peu vivante, enfin.

Et le Joli Minois qui ne fera plus parti des préoccupations quotidiennes...

jeudi 2 août 2007

Waitress de retour !

Le 5 juillet dernier, après avoir publié mon dernier texte, un malheur est arrivé. J'ai saoulé mon ordinateur au vin blanc. Je m'attendais à voir une explosion, des flammes, quelque chose après que le liquide alcoolisé se soit répandu. Non. Il a juste éteint. Et n'a plus jamais voulu fonctionner depuis.

Je devais aller magasiner un nouvel ordi avec Jeune Homme, mais l'incompatibilité de nos horaires m'est apparut évidente il y a de cela quelques jours. Je suis donc partie seule, à la conquête de la technologie. Me voilà de retour parmi vous.

Au cours des dernières semaines, j'ai occupé mon temps loin de l'écran. J'ai eu une vie, puisque je n'ai plus qu'un emploi. Je suis reposée, en pleine possession de mes moyens.

Parmi les nombreuses aventures qui me sont arrivées, plusieurs seront à raconter. Voici un résumé :

- J'ai coupé mes cheveux (à la garçonne, et selon le Maiken, c'est joli !)
- J'ai dormi avec une lesbienne à deux reprises
- J'ai fait ma tournette à l'Îsle-aux-Coudres
- J'ai rencontré un p'tit gars qui devrait me téléphoner aujourd'hui...
- J'ai fait copuler des escargots dans ma main droite
- J'ai fait la découverte de la charmante municipalité de Neufchâtel en compagnie de Maiken
- J'ai dormi (une activité des plus palpitantes !)
- J'ai frenché
- J'ai aussi tenté d'apprivoiser une sauterelle naissante, mais trop indiscipliné, je l'ai relâché dans la nature
- Vu quelques groupes en spectacle
- Oublié le Charmant Garçon (bien mieux à faire !!!!)
- Fait de la photo


Bref, moi qui craignais l'apparence d'une solitude angoissante, je me suis retrouvée constamment entourée d'amis, de connaissances, de plaisir, d'alcool, de soleil, de petits bonheurs simples.

Et c'est le début...

jeudi 5 juillet 2007

Nouvelle

- Waitress ?
- Humm ?
- As-tu des problèmes de drogue ?
- Euh pas vraiment.
- Ben... as-tu des dettes de drogues ?
- Non plus, faut en faire beaucoup avant d'arriver là.
- Des dettes de jeux ?
- C'est quoi ces questions là ?
- On se demande juste pourquoi tu travailles autant...
- Je sais pas, je sais pas...

Exemple typique de conversation. Collègues et amis émettent beaucoup d'hypothèses depuis un certain temps. Waitress s'est demandée pourquoi, justement.

Au départ, l'idée était de ne pas avoir de vie. Plus d'impression de solitude, plus de temps pour les nouvelles rencontres, le coeur qui s'oublie et devient machine, le cerveau trop mort pour réfléchir. L'ennui, c'est que j'ai quand même réussis à avoir un semblant de vie. À m'attacher aux gens qui m'entourent. Et c'est ce que je tentais d'éviter.

Puis, la lassitude est venue. Plus de force dans mes bras, ni dans mes cuisses. Mon corps qui s'efface. Mes soupirs à longueur de journée. Et la panique et l'angoisse. Décidé de faire quelque chose.

Demain, j'accroche ma cravate rouge et soyeuse. Un dernier huit heures à l'hôtel. Pourtant, aucun soulagement en vue.

J'affronterai à nouveau ma solitude, mon quotidien vide, ma table de cuisine trop grande pour une seule personne. Nouvelle panique, nouvelle angoisse. Je ferai face à la vie.

jeudi 28 juin 2007

Elle rêve de l'île...

Si mes horaires de travail ne changent pas, j'aurai droit à deux merveilleuses journées de congé. Collées. Je me suis promis qu'à la première occasion, j'irais faire un tour à l'Île-aux-Coudres, voir une amie qui y joue l'aubergiste pour les prochains mois.


Je m'y rends chaque été. Cette île est magique. Le seul lieu que je connaisse où j'arrive à décrocher. Total abandon des notions du temps. Comme si les heures, les jours n'ont plus la même longueur. Je ne fais qu'être là et c'est suffisant. Avec une envie de rire, d'écrire, de m'amuser. En me sentant vivante à travers chaque cellule de mon corps.


Le Crapet-Soleil. Du beau plaisir. Sourires chaleureux, accolades énergisantes. Mll Y. Avec ses grands yeux pétillants, ses vêtements et ses gestes colorés.


Un tour de l'île en vélo, en voiture, à pied. L'odeur du fleuve, les montagnes de Charlevoix. Le vent dans mes cheveux, mes pieds dans le sable chaud. C'est manger du Migneron frais, le soir, enroulé dans une couverture autour d'un feu en comptant les étoiles. Des silences plein de vie, un endroit qui tient de baume pour le coeur.


Irai-je à l'île seule ou accompagnée ? J'aime la partager avec quelqu'un. J'y ai invité Charmant Garçon. Viendra, viendra pas. Je crois qu'il travaillera. Dommage. Il pourrait y faire de belles photographies.


Peu importe. J'y serai. Le coeur ouvert à la beauté, le corps comme un récipient à bonheur.


Waitress a besoin d'une pause de ville. Du bruit, des charognes, des blessures. Des questions sans réponse. Du vide.


Waitress a besoin d'énergie pure. De gens heureux.


Redevenir la femme aux grands éclats de rire.

jeudi 21 juin 2007

Leçon de survie

Ahhhh cher Lecteur, tu te demandes sans doute comment la Waitress réussis à passer au travers de sa semaine de fou sans saigner du nez, tout en trouvant le temps de te pondre de mauvais textes, n'est-ce pas ? Et tu te dis ça sans réfléchir au fait que je trouve encore du temps pour socialiser avec quelques personnes de mon choix ! (Pas longtemps c'est vrai, mais en deux minutes, il est possible d'avoir des nouvelles de tout le monde)

À 4h00 ce matin, après une fabuleuse nuit solitaire de trois longues heures de sommeil réparateur, mon cerveau fonctionnait à la vitesse lumière. Je dois aider mon prochain. Je vais donner mes trucs pour vivre sans repos jamais, et ce, sans recourir à l'utilisation de drogues illicites. Lecteur, soit attentif, donc.

- D'abord, le corps s'habitue au manque de sommeil. Après un certain temps qui varie selon la personne, le corps trouvera les nuits de trois ou quatre heures tout à fait normal. Au levé, on se sent alors plein d'énergie et la bonne humeur s'installe d'elle-même.

- Il faut boire davantage de café aussi. Et le préparer beaucoup plus fort. Par exemple, si je veux quatre tasses de café, je mets dans le filtre une cuillère de mouture pour la cafetière, 8 autres mesures et j'en ajoute une toute dernière pour la chance. Je répète l'expérience au besoin au cours de la journée.

- Le Red Bull. Sur la canette, la compagnie inscrit "Ne pas consommer plus de 500 ml par jour". C'est faux. Jusqu'à six canettes, je n'ai jamais eu de pépin. Dépassé ce stade, je ne peux rien garantir. L'idée avec ce breuvage, c'est qu'il faut le boire le plus rapidement possible et au bon moment. L'effet est temporaire, voilà pourquoi on répète aussi.

- On évite le partage de microbes autant que possible. En état de fatigue, les globules blancs deviennent beaucoup moins efficaces, on prend soin d'eux. Éviter de mettre sa langue dans la bouche d'un inconnu. Ne pas manger les restes des clients.

- Diminuer sa consommation d'alcool. Les lendemains deviennent de plus en plus pénibles et ça demande beaucoup d'énergie pour s'en remettre. Sans oublier que les bars sont des incitatifs au dépassement des couvres-feux. Ne pas fatiguer la machine plus que nécessaire.

- On fait le ménage dans nos relations. Toute personne qui nous tape sur les nerfs doit être expulsée de notre environnement social. On garde contact avec les gens vraiment importants, puisque chaque minute est comptée. Les bons amis comprennent qu'il peut être long avant de retourner un appel et sont contents lorsque l'on se rencontre.

C'est ainsi que je survie. Existence solitaire et morne à souhait. Manque d'entrain perpétuel. Ménage pas fait. Waitress n'en plus. Elle veut une vie. Va sans doute tenter d'en incorporer une à son horaire, tant pis pour le reste.

mercredi 6 juin 2007

Des soupers trop arrosés de Waitress

Lundi. Waitress commence sa journée, avec un café et une cigarette devant son ordinateur. Je viens d'apprendre que je ne travaillerai pas le soir même à l'Île, congé forcé. Lui aussi. Je ne réfléchie pas plus longtemps et lui envoie une invitation à souper.

À 14h00, tout est décidé. Au menu: Poulet farcit aux épinards et au fromage de chèvre, purée de pommes de terre sucrées aux pommes et aux pacanes avec des asperges en accompagnement. Quelques fromages en entrée, une bouteille de blanc à l'apéro et une autre de rouge pour le repas. Charmant Garçon cognera à la porte dans quatre heures. Ce qui signifie bientôt. Ranger l'appartement. Faire les courses. Et entamer les préparatifs du souper. En plus de me mettre belle. Une véritable course.

Ma mère me téléphone. Une heure et demie de moins pour tout faire. Époussetage, balayeuse, lavage de plancher. À 16h45, tout est propre. J'ai même classé les vêtements de mon garde-robe selon les couleurs. Je m'attache les cheveux, enfile un jeans et une camisole rayée très jolie et qui me donne un semblant de poitrine et je saute dans ma voiture.

À l'épicerie, je commence à être nerveuse. Et si je rate le repas ? Pire, s'il arrive chez moi pendant que je tâte du poulet et qu'il décide de partir ? Vite, vite, vite, Waitress arrive à la caisse en joggant, bouscule une vieille femme qui me menace de sa canne et je zigne de la patte pendant que le commis emballe mes achats. SAQ maintenant.

Je veux une bouteille de Vino Verde pour l'apéro et une autre d'un vin espagnol que j'adore. Je cherche partout, je ne les vois pas. Bon. J'accroche un conseillé, lui parle de mes deux bouteilles et demande où elles se trouvent.

- Désolé Mademoiselle, nous sommes en rupture de stock.
- Quoi ?
- Je n'en ai plus.
- Merde !

Waitress panique.

- Bon. Écoutez, monsieur. J'ai un souper ce soir, faut que j'impressionne quelqu'un. Mon menu sera fantastique. Pas question que je le gâche avec un mauvais vin. Donnez-moi quelque chose de merveilleux, je me fiche du prix ! Que ce soit bon, c'est le seul critère.

À la caisse, je paie mes achats. Je me plante avec ma grosse sacoche, mes 4 sacs d'épicerie et celui de la SAQ. Un homme de plus de 55 ans me regarde.

- Vous allez prendre l'autobus, mademoiselle ?
- Non, je prends pas l'autobus, que je lui dit, mon porte-clés entre les dents.
- Je vais aller vous conduire chez vous.
- Non, non, j'ai ma voiture.
- Attendez-moi, je vais vous aider à amener vos sacs à l'auto.
- NON ! Bonne fin de journée.

Je cours sous la pluie jusqu'à ma voiture, passe près de me faire écraser par un maniaque qui ne s'attendait pas à me voir passer. Ouvres tes yeux, p'tit criss. Vite, vite, je vais être en retard. Je stationne Ginette le plus rapidement possible, accroche la chaîne de trottoir. Deux points.

Je cours partout dans la cuisine, coordonne toutes les étapes. Il cogne à la porte. Zut. Je suis pas peignée. Même pas maquillée ! Merde, tant pis. On cuisine ensemble, en se disant des niaiseries. J'ouvre la bouteille de blanc. Une fois terminée, nous passons à table et j'entame le rouge.

La nourriture est excellente, le vin aussi. On entre un peu dans les confidences, on discute de notre enfance. Nous passons au salon pour finir le vin. Musique, chandelles, ambiance feutrée. J'offre un café alcoolisé. Un peu avant 23h00, il propose d'aller chercher de la bière au dépanneur. Nous revenons avec une caisse de six et du vin blanc et mes pieds sont nus. J'ai cassé mes sandales en route, les ai laissé au coin d'une rue.

On jase, on boit, on jase. À 1h30 du matin, je suis saoule. Lui aussi. Il parle beaucoup, j'essaie de l'embrasser. Il se tasse. Merde. Je ne l'intéresse pas. Il m'embrasserait sinon. Je refais le test un peu plus tard, même résultat.

Ensuite, les choses sont floues. Nous étions nus au salon. J'ai ramené des condoms. Nous avons fini par atterrir au lit. Vers 7h00 du matin, nous nous sommes endormis.

Au réveil, en plein après-midi, j'ai constaté les dégâts. Dans ma chambre, des enveloppes de condoms vides partout. Un tiroir sur le plancher. Mon vibrateur à côté du lit. Je me lève. J'ai mal partout. Aux jambes, aux bras. Une brûlure sur la main gauche. Une autre sur la droite. À la cuisine, de la vaisselle partout. Des vêtements. Au salon, les chandelles ont coulé. La lampe n'est pas éteinte. Des verres, des bouteilles. Encore des enveloppes de condoms vides. Et un putain de mal de tête.

jeudi 19 avril 2007

Waitress se prend en main

Un chien hurle son ennui, appelle son maître de toute la puissance de ses cordes vocales, comme un loup qui cherche sa bande. C'est ce qui me réveille. Collectionneuse de cadrans aux sonneries étranges, je me lance sur celui qui imite un singe hystérique dans la jungle avant de comprendre que j'entends bien un chien. Moment de panique, il n'aboie pas dehors, mais DANS ma chambre. Je regarde sous le lit, au fond du garde-robe. Non, il ne se trouve pas chez moi. On l'a juste attaché près de la fenêtre.


Me revient à l'esprit que j'ai décidé de me remettre au jogging. Moment d'hésitation. Je me dirige vers la cafetière ou mes vêtements de sport ? Je choisis mon amie la cafetière.


Dans le pot de café, je trouve le vide. C'est un signe.


Plan de match: courir jusqu'au dépanneur le plus loin que je connaisse pour acheter ma drogue matinale et revenir. Faut se trouver une source de motivation. J'enfile mon kit de sport neuf, celui qui est joli et bien moulant, qui me fait de belles petites fesses. Queue de cheval montée à la hâte, je débute mes étirements au salon. Quand soudain, un piéton passe devant moi, vêtu d'un gros manteau d'hiver, avec foulard et mitaines. Humm.


J'ai tendance à avoir le printemps précoce. Je me sens peut-être sexy et confortable dans mon pantalon 3/4, c'est le mois d'avril et il neigeait encore en début de semaine. Je me raisonne et mets mon pantalon bleu, en tissu étrange pas moulant du tout qui fait un horrible bruit de "stichhhh stichhhhh" chaque fois que je bouge dedans. On est loin du look sporto-pitoune.


Je sors dehors. Le soleil réchauffe mon visage, superbe journée. Mes jambes s'élancent, je joggs. Je regarde les noms de rues défiler, comptant celles qui restent avant le dépanneur. Et je l'aperçois. Un splendide mâle qui se ballade seul, que je rencontrerai dans quelques secondes. En réalité, je commence à être crevée, je cherche mon souffle. Avec mon pantalon bruyant. L'orgueil est plus fort, j'accélère et tente de contrôler ma respiration. Croise Splendide Mâle, sourire et battement de cils.


Et s'il se retourne pour me regarder ? Pas question de ralentir, faut maintenir le rythme. Je devine le dépaneur au loin, encore un petit effort.


Sac de café à la main, je vois un autre splendide mâle (c'est le printemps les amis !) passé devant le dep. Je reprends mon exercice, tourne le coin de la rue. Bordel ! Splendide Mâle 2 emprunte le même chemin que moi, celui qui mène directement à mon appartement. Il pourra me regarder jusqu'à la fin. J'arrête de jogger pour faire de la course de fond.


Arrivée à la maison, étalée sur la céramique de la cuisine, le thorax qui monte et descend rapidement, le corps en sueur, je rayonne de fierté. La première tentative de remise en forme dépasse mes attentes. Surtout que j'ai couru comme une cinglée.


Reste que je me sens un peu nounoune...