Le Jeune Homme sort à peine de chez moi. Une belle journée, une belle soirée comme il n'en a pas eu depuis longtemps.
Aujourd'hui, lundi, premier jour à l'essaie à mon nouvel emploi. L'entrevue de la semaine dernière s'est finalement bien déroulé. Le patron du resto a à peine regardé mon CV, ce qui m'a donnée un bon coup de main. Je lui ai fait comprendre que je sais m'adapter à toute situation et que je connais bien mon métier, même si je le pratique depuis moins de deux ans. Il m'a crue, m'a fait confiance, ce qui m'a été bénéfique ce midi, alors que nous attendions quinze clients et que s'en est pointé plus que le double de nos espérances.
Au retour du boulot, je devais joindre Joli Minois pour un rendez-vous. Une voix nasiale au téléphone, il est grippé. Dur. Trop pour qu'il lui soit possible de me rencontrer. Puisque la dernière fois qu'il devait me voir il était trop fatigué, je me dis que cette histoire ne mène à rien. Je choisie de mettre une croix dessus. Tannée des espérances. J'ai mieux à faire. Waitress du vent à nouveau, des histoires sans queue ni tête, du ballottement. Rien à faire des emmerdeurs.
Jeune Homme qui me propose de le rejoindre à son boulot, sur une rue piétonnière du Vieux-Québec. Je le rejoins avec seulement quinze minutes de retard. Prêts pour un souper au Moine Echanson, question de découvrir de nouveaux fromages et charcuteries du terroir. Un lieu où l'on peut même boire du vin d'ici, tellement bon que mes propres préjugés tombent.
Nous marchons sur la rue St-Jean, animée par quelques touristes égarés. Au Carré d'Youville, trois bonshommes de neige nous attendent, l'air heureux. La patinoire est ouverte, un tas de neige font juste à côté. J'ai une envie de bagarre de boule de neige, envie non partagée. J'opte donc pour l'abstinence.
Un peu plus loin sur St-Jean, le resto est fermé, de retour mercredi. Merde.
- Jeune Homme, on fait quoi ?
- J'sais pas trop. J'ai une envie de sushis debord.
Nous convenons d'un établissement pas trop loin du Drague. J'en ai entendu de bons commentaires. L'endroit est malheureusement fermé. Nous parlons de la possibilité d'aller au Blue Grill, où nous ne sommes jamais allés. Nouvelle expérience. Tandis que nous marchons, Jeune Homme propose d'aller cogner chez le Maiken. Pourquoi pas ? Je me mets un peu de baume à lèvre, juste au cas.
Je cogne à la porte du dit Maiken. Qui répond, clop en bouche, vêtu d'un pyjama. "Fuck" et la porte se referme. S'ouvre à nouveau, comme une invitation à pénétrer dans l'appartement. Nous nous exécutons.
Trois personnes à une table du Blue Grill, désert. Nous discutons, de choses et d'autres. Moi, de Joli Minois qui me floche doucement, que je veux cesser de fréquenter. Du Jeune Homme et du Black & Blue. Du Maiken et de sa dernière fréquentation. Du Jeune Homme et de sa future date. Du célibat, du temps qui passe, de ma volonté à rencontrer un homme assez aisé pour m'emmener dans des cocktails dînatoire pour que je puisse me montrer en belle robe noire ou rouge sexy signée Chanel et boire des bulles.
La nourriture est infecte. Nous discutons quand même. le Maiken trouve la serveuse Jolie. Je ne suis pas d'accord avec lui, Ni souriante ni sympathique, elle fait son boulot comme si nous étions de trop dans la salle, pourtant vide.
Nous allons à l'épicerie, JH et moi avec une envie de tartare, le Maiken avec l'envie de faire les courses. J'y rencontre un ancien collègue de travail, smouck smouck, becs sur les joues, comment ça va.
JH et moi devant un tartare avec trop de mayonnaise chez moi. Infecte aussi.
Mais la Waitress avec un sentiment de bien être; l'impression d'avoir passé une journée où elle se sent un peu vivante, enfin.
Et le Joli Minois qui ne fera plus parti des préoccupations quotidiennes...
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lundi 15 octobre 2007
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