En compagnie du Jeune Homme, à l'épicerie du quartier. Nous devons faire les courses rapidement avant d'aller chercher le Réceptionniste qui se joindra à nous pour le souper. Après quinze minutes de tergiversations, nous convenons d'une soirée petites bouchées. Brushetta, escargots au Ricard, fromages, pâté, proscuitto et melon, roulades de saumon fumé, et crevettes cocktails.
Puisque nous effectuons le tout avec la faim au ventre, le budget est vite dépassé. Tant pis.
Nous ramenons les nombreux sacs à la voiture. Je tente d'ouvrir le coffre arrière. Pépin. GROS pépin. Dans ma main, une clé cassée. La même qui débarre les portes de l'automobile, la même qui sert à mettre le contact. Panique.
Waitress : Non, non, non, NON.
Jeune Homme, le corps plein de spasmes pour cause de rire : J'avoue que c'est le genre de truc qui t'arrive tout le temps !
En secret, je tente de refouler mes larmes, ma rage. Juste envie de crier, donner des coups de pieds à ma foutue bagnole; tannée de ces mésaventures à la con, n'en peux plus, la vie, le sort, le destin, le bon Dieu ou je sais pas quoi qui s'acharne sans répit sur moi. Un break. S'il-vous-plaît.
JH : T'as une autre clé ?
Waitress : Oui.
JH : Où ça ?
Waitress : Chez moi...
Avec nos bottes comme moyen de transport, nous prenons la route vers l'appartement. Dans une soirée de - 72 000 °C. Et dire que la Waitress a oublié son foulard sur le crochet derrière la porte d'entrée...
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vendredi 14 décembre 2007
mardi 23 octobre 2007
Journée merdique d'octobre
Encore une nuit agitée. Je suis sur le canapé, endormie, lumières et télévision ouvertes. J’entends quand même ce qui se dit à l’écran. Une voix de petit garçon. Qui présente la météo. Allez savoir pourquoi, Waitress a la trouille. Terrifiée par un présentateur de météo, âgé de six ans. J’entends un bruit, qui provient de la porte d’entrée, située à la gauche du sofa. Quelqu’un qui entre chez moi. Je ne dors plus, mais garde les yeux clos. Trop peur de voir ce qui se passe. Sens la personne se déplacer, passer devant mon corps. Ou plutôt je le devine aux frottements de ses vêtements. L’inconnu s’assoit sur le divan, près de mes jambes. Waitress attend la suite. On soulève un bâton. Pour me frappe derrière la tête.
J’émerge du sommeil. Je suis sur le canapé, lumières et télévision ouvertes, allongée dans la même position que dans le rêve. Le cœur qui bat fort, je ne veux pas regarder autour de moi. Au cas où il y aurait quelqu’un. Je me raisonne après un moment, vais me coucher dans mon lit. Le même rêve une autre fois au cours de la nuit.
À 11h00, je quitte l’appartement pour me rendre au travail. Cigarette aux lèvres, Metric dans les oreilles. Sur le chemin St-Louis, tout prêt du restaurant, une voiture surgit d’une allée, me coupe le chemin. Au lieu d’avancée, elle s’arrête dans la rue. Demeure immobile. J’écrase la pédale de frein. Ma Sunfire glisse sur l’asphalte mouillée, un coup de volant à droite. Certaine d’emboutir le derrière de l’autre, je m’arrête à quelques millimètres de lui.
Les mains tremblantes, je me présente au travail. Le patron m’apprend que sept journalistes viennent luncher chez nous, que je m’occuperai d’eux. Pas de problème. Puisqu’ils arriveront d’ici peu, je tente de me ressaisir. Avec plus ou moins de succès. Toujours parcourue de tremblements, la bouche sèche. Ils arrivent. Prennent l’apéritif. Un deuxième. Ils attendent l’arrivée d’un retardataire. Tandis que je sers une autre table, Monsieur Magasine se pointe. (Voir ici et là)Merde. Merde, merde, merde.
Patron m’accroche pour me dire qui il est.
- Je sais.
- Une ancienne flamme ?
- Non.
- J’espère que l’histoire s’est bien finit, faudrait qu’il parle en bien du resto…
Dès qu’il me voit, il se lève, m’embrasse les joues, demande de mes nouvelles.
Les mains tremblantes, j’ouvre les bouteilles de vin, en fait le service, apporte les corbeilles de pain, les entrées sous l’œil calculateur de M. Magasine.
Malgré la nervosité, tout se passe bien. Waitress retire les assiettes vides, remplit les verres de vin, ajuste les couverts. Puis, le voisin de M. Magasine m’accroche par le coude.
- Mademoiselle, vous savez que le beau jeune homme ici est célibataire ?
Waitress bégaie. Merde, merde, merde. POURQUOI MOI ?
M. Magasine me demande si je passe l’hiver dans ce bistro.
- J’en suis à ma première semaine, je sais pas encore.
Premier à quitter la table pour poursuivre sa journée de travail, le garçon me fait à nouveau la bise en ajoutant qu’on se reverra bientôt. Sûrement, oui…
Avec un chef à l’air bête, aux réponses cinglantes, avec la pluie et le fait que ce n’est que le deuxième jour de la semaine, c’est ce que j’appelle une journée de merde.
Et en passant. Les journalistes, ça mangent et boient comme des porcs.
J’émerge du sommeil. Je suis sur le canapé, lumières et télévision ouvertes, allongée dans la même position que dans le rêve. Le cœur qui bat fort, je ne veux pas regarder autour de moi. Au cas où il y aurait quelqu’un. Je me raisonne après un moment, vais me coucher dans mon lit. Le même rêve une autre fois au cours de la nuit.
À 11h00, je quitte l’appartement pour me rendre au travail. Cigarette aux lèvres, Metric dans les oreilles. Sur le chemin St-Louis, tout prêt du restaurant, une voiture surgit d’une allée, me coupe le chemin. Au lieu d’avancée, elle s’arrête dans la rue. Demeure immobile. J’écrase la pédale de frein. Ma Sunfire glisse sur l’asphalte mouillée, un coup de volant à droite. Certaine d’emboutir le derrière de l’autre, je m’arrête à quelques millimètres de lui.
Les mains tremblantes, je me présente au travail. Le patron m’apprend que sept journalistes viennent luncher chez nous, que je m’occuperai d’eux. Pas de problème. Puisqu’ils arriveront d’ici peu, je tente de me ressaisir. Avec plus ou moins de succès. Toujours parcourue de tremblements, la bouche sèche. Ils arrivent. Prennent l’apéritif. Un deuxième. Ils attendent l’arrivée d’un retardataire. Tandis que je sers une autre table, Monsieur Magasine se pointe. (Voir ici et là)Merde. Merde, merde, merde.
Patron m’accroche pour me dire qui il est.
- Je sais.
- Une ancienne flamme ?
- Non.
- J’espère que l’histoire s’est bien finit, faudrait qu’il parle en bien du resto…
Dès qu’il me voit, il se lève, m’embrasse les joues, demande de mes nouvelles.
Les mains tremblantes, j’ouvre les bouteilles de vin, en fait le service, apporte les corbeilles de pain, les entrées sous l’œil calculateur de M. Magasine.
Malgré la nervosité, tout se passe bien. Waitress retire les assiettes vides, remplit les verres de vin, ajuste les couverts. Puis, le voisin de M. Magasine m’accroche par le coude.
- Mademoiselle, vous savez que le beau jeune homme ici est célibataire ?
Waitress bégaie. Merde, merde, merde. POURQUOI MOI ?
M. Magasine me demande si je passe l’hiver dans ce bistro.
- J’en suis à ma première semaine, je sais pas encore.
Premier à quitter la table pour poursuivre sa journée de travail, le garçon me fait à nouveau la bise en ajoutant qu’on se reverra bientôt. Sûrement, oui…
Avec un chef à l’air bête, aux réponses cinglantes, avec la pluie et le fait que ce n’est que le deuxième jour de la semaine, c’est ce que j’appelle une journée de merde.
Et en passant. Les journalistes, ça mangent et boient comme des porcs.

Libellés :
Histoire de route,
Les p'tits gars,
Pétage de cosh,
Rêve,
Travail de Waitress
mardi 21 août 2007
Joli Minois
Ce matin, le téléphone me tire du sommeil. Il est 11h30, je tente d’avoir une voix le moins empâtée possible, question d’orgueil. Ça ne fonctionne pas. Atteinte de la grippe, Waitress parle comme une rockeuse même après huit tasses de café.
Joli Minois : Je te réveille ?
Waitress : Nooooon. Ben, un p’tit peu, mais faut j’me lève.
Joli Minois : Veux-tu qu’on se voit jeudi soir ? Tu pourrais venir chez moi.
Waitress : Faudrait que tu me dises où tu habites, par contre.
Joli Minois : Bien je passerai te prendre après le boulot et j’irai te reconduire vendredi matin.
Waitress : Humm. Ma p’tite sœur monte à Québec vendredi, je verrai d’abord à quelle heure elle arrivera.
Joli Minois : Ahhh oui, c’est vrai.
Waitress : Je te rappelerai. Ce soir ou demain. Ben, on est quel jour ?
Joli minois : Euh. Mardi.
Waitress : Ahh. Juste mardi. Je te redonne des nouvelles alors.
Trois erreurs dans cette conversation. D’abord, jeudi soir, c’est loin pour me demander un rencart. Monsieur n’a pas daigné m’ajouter à ses plans du week-end, et ce matin, de retour au boulot, il s’est soudainement souvenu que j’existe. Je dois déjà l’ajouter à mon planning ? On verra, on verra.
Seconde erreur. Suite à une rupture, Joli Minois est retourné vivre chez sa mère, qui vit dans une sorte d’immense manoir, seule. Il m’y a invité la semaine dernière. Ce à quoi j’ai répondu que ça me rendait mal à l’aise. Mémoire de poisson rouge ?
Mais surtout, SURTOUT : Comment peut-on apprendre à connaître quelqu’un, afin de savoir si une histoire de couple, d’amour de ce que vous voudrez puisse naître, à raison de quelques heures de côtoiement par semaine ? Nos horaires sont incompatibles; il n’y a même pas possibilité de souper ensemble une seule fois dans une semaine ! Nous nous rencontrons le jeudi soir, vers 21h30 et à minuit, il faut qu’il dorme ! Merde, je fais comment pour savoir s’il est gentil, attentionné, s’il peut endurer mon rythme de vie, s’il apprécie mon humour, si j’apprécie le sien, si ça peut être agréable de faire l’épicerie avec lui ? Je le saurai en janvier prochain ? Impossible, d’ici là, c’est une relation d’amitié qui nous unira, rien d’autre. Waitress n’est pas pressée d’être en couple, seulement réaliste. Je me considère aussi comme une femme indépendante. Mais il y a un minimum de temps à investir avec l’autre.
Et M. Magazine qui appelle à mon travail, pour me laisser son numéro de téléphone. En précisant qu’il n’est plus en relation.
Joli Minois : Je te réveille ?
Waitress : Nooooon. Ben, un p’tit peu, mais faut j’me lève.
Joli Minois : Veux-tu qu’on se voit jeudi soir ? Tu pourrais venir chez moi.
Waitress : Faudrait que tu me dises où tu habites, par contre.
Joli Minois : Bien je passerai te prendre après le boulot et j’irai te reconduire vendredi matin.
Waitress : Humm. Ma p’tite sœur monte à Québec vendredi, je verrai d’abord à quelle heure elle arrivera.
Joli Minois : Ahhh oui, c’est vrai.
Waitress : Je te rappelerai. Ce soir ou demain. Ben, on est quel jour ?
Joli minois : Euh. Mardi.
Waitress : Ahh. Juste mardi. Je te redonne des nouvelles alors.
Trois erreurs dans cette conversation. D’abord, jeudi soir, c’est loin pour me demander un rencart. Monsieur n’a pas daigné m’ajouter à ses plans du week-end, et ce matin, de retour au boulot, il s’est soudainement souvenu que j’existe. Je dois déjà l’ajouter à mon planning ? On verra, on verra.
Seconde erreur. Suite à une rupture, Joli Minois est retourné vivre chez sa mère, qui vit dans une sorte d’immense manoir, seule. Il m’y a invité la semaine dernière. Ce à quoi j’ai répondu que ça me rendait mal à l’aise. Mémoire de poisson rouge ?
Mais surtout, SURTOUT : Comment peut-on apprendre à connaître quelqu’un, afin de savoir si une histoire de couple, d’amour de ce que vous voudrez puisse naître, à raison de quelques heures de côtoiement par semaine ? Nos horaires sont incompatibles; il n’y a même pas possibilité de souper ensemble une seule fois dans une semaine ! Nous nous rencontrons le jeudi soir, vers 21h30 et à minuit, il faut qu’il dorme ! Merde, je fais comment pour savoir s’il est gentil, attentionné, s’il peut endurer mon rythme de vie, s’il apprécie mon humour, si j’apprécie le sien, si ça peut être agréable de faire l’épicerie avec lui ? Je le saurai en janvier prochain ? Impossible, d’ici là, c’est une relation d’amitié qui nous unira, rien d’autre. Waitress n’est pas pressée d’être en couple, seulement réaliste. Je me considère aussi comme une femme indépendante. Mais il y a un minimum de temps à investir avec l’autre.
Et M. Magazine qui appelle à mon travail, pour me laisser son numéro de téléphone. En précisant qu’il n’est plus en relation.
mercredi 4 juillet 2007
Conversation
Jeune Homme : On aimerait tous être heureux comme dans une annonce de savon à lessive...
Jeune Homme : C'est nul, mais la vie est plus complexe.
Waitress: Ben moi je veux acheter du savon à lessive qui fait une pub où les gens sont laids et bouffent des anti-dépresseurs.
Leur linge sent bon pareil.
Jeune Homme : C'est nul, mais la vie est plus complexe.
Waitress: Ben moi je veux acheter du savon à lessive qui fait une pub où les gens sont laids et bouffent des anti-dépresseurs.
Leur linge sent bon pareil.
vendredi 29 juin 2007
Des petits pépins
Il est 5h30. Waitress au bout d'une nuit de trois heures de sommeil. J'ai punché, me trouve au Room Service de l'hôtel et je regarde l'horaire de la semaine prochaine.
Petit pépin. Ma présence est obligatoire en deux lieux différents dimanche prochain. Pareil pour samedi le 7 juillet. Merveilleux.
Mon talon de paie m'attend, accroché au mur de béton jaune-pipi-après-plusieurs-bières. J'ouvre l'enveloppe. Petit pépin. On m'a accordée une augmentation de salaire il y a un mois et demi. L'ajustement n'est toujours pas fait. On ne m'a pas donnée mon jour férié pour mon anniversaire, comme prévu dans la convention collective.
Le téléphone sonne. Méchante Patronne me dit que je dois être là dimanche prochain à 15h30.
- Je ne peux pas, je travaille déjà.
- Arrives à 5h30, debord.
- Je peux pas, je commence à 9h00.
- C'est ici ta priorité.
- Non.
- Comment, non ?
- Ben, vous pouvez seulement me donner six semaines à temps plein d'ici Noël, ce serait pas logique.
- ...
- ...
- Ça peut pas marcher de même. Je t'en reparle.
Il est 5h32. Waitress au bout d'une nuit de trois heures de sommeil. Je me souhaite une bonne journée.
Petit pépin. Ma présence est obligatoire en deux lieux différents dimanche prochain. Pareil pour samedi le 7 juillet. Merveilleux.
Mon talon de paie m'attend, accroché au mur de béton jaune-pipi-après-plusieurs-bières. J'ouvre l'enveloppe. Petit pépin. On m'a accordée une augmentation de salaire il y a un mois et demi. L'ajustement n'est toujours pas fait. On ne m'a pas donnée mon jour férié pour mon anniversaire, comme prévu dans la convention collective.
Le téléphone sonne. Méchante Patronne me dit que je dois être là dimanche prochain à 15h30.
- Je ne peux pas, je travaille déjà.
- Arrives à 5h30, debord.
- Je peux pas, je commence à 9h00.
- C'est ici ta priorité.
- Non.
- Comment, non ?
- Ben, vous pouvez seulement me donner six semaines à temps plein d'ici Noël, ce serait pas logique.
- ...
- ...
- Ça peut pas marcher de même. Je t'en reparle.
Il est 5h32. Waitress au bout d'une nuit de trois heures de sommeil. Je me souhaite une bonne journée.
mardi 26 juin 2007
De la vie de Waitress
Par un sale soir de novembre, un homme s'assoit au bar, à la gauche de Waitress. Il enfile quelques bières avec elle, en menant la conversation.
Waitress à une autre époque. Celle des cheveux longs, pantalons carottés. Du coeur fragile, de l'imagination débordante.
Elle sent un malaise au contact de l'homme. Ça provient de ses yeux. Un regard froid, pesant, calculateur. Une lueur de démence, comme on en voit parfois en attendant l'autobus. La petite voix qui hurle de partir. Sentiment d'urgence.
Waitress est restée là. Un soir. Deux semaines. Quelques mois. Une année.
Jeune et naïve, elle ne voit rien. De la violence du garçon, du mépris qu'il porte pour elle. Elle le laisse s'installer chez elle. Elle le laisse dicter sa vie.
Ça commence avec une interdiction de fumer à l'intérieur. Puis de boire sa sorte de bière préférée. Puis de fréquenter certaines personnes. Et le bar.
Un après-midi, elle décide quand même d'aller prendre une Boréale Rousse au bar. En cachette, avant de se rendre à l'université. Elle croise ses amis, boit avec eux. Passe un bon moment. Ils s'inquiètent pour elle.
Tout va bien, tout va bien. Je déménage, je retourne à Thetford le mois prochain. Il vient avec moi.
Elle oublie d'aller à l'école. Trop de plaisir. Trop saoule pour y aller aussi. À 22h00, elle ouvre la porte de l'appartement. Y trouve un garçon en colère parce qu'elle marche croche.
- T'es qu'une ostie de conne.
- Arrête de dire ça...
- J'sais pas pourquoi je reste avec toi.
- ...
Sur la joue gauche du revers de la main. Waitress par terre. Lui qui hurle à côté d'elle. Elle pleure. Elle a peur. Elle se lève, encore sur la joue gauche. Lui dit de dormir sur le sofa et elle va se coucher.
Le lendemain, il s'excuse. Il pleure aussi. La jeune femme au grand coeur mou décide de pardonner. Erreur.
À force de l'entendre vomir son mépris sur elle, elle se dit qu'elle est chanceuse. Elle si conne, si folle, si salope, malgré tout, il est là. Et il l'aime. Personne d'autre n'en ferait autant.
Ils se retrouvent dans leur nouvel appartement. Les querelles s'intensifient. Garçon Dérangé assassine Waitress à petit feu. Elle boit de plus en plus. Ne mange plus. Se pète la face du matin au soir.
Un jour, il lui casse une dent. Puis un doigt. Lui lance ses bouteilles de bières. L'étrangle. Lui fracasse la tête contre un mur. Commotion cérébrale. Elle a toujours une explication plausible à fournir aux marques. Ça passe dans le beurre. Sauf le jour où elle se présente au travail avec un oeil de raton-laveur.
Il la contrôle de plus en plus. Lit ses courriels, son journal intime. La frappe pour ce qu'elle y raconte.
Elle a peur. N'arrive pas à appeler la police. Si elle se rend au téléphone, il la frappe avec. Si elle se penche à la fenêtre en appelant au secours, il lui tape plus fort dessus. Elle n'appelle plus à l'aide. Elle se terre dans son petit corps de plus en plus malade.
- J'vais te tuer, câlis de folle.
Elle marche doucement vers lui. Écarte les bras et sourie.
- Vas-y, j'vais cesser d'avoir mal, au moins.
Il est lâche.
Un soir, avec une amie. Une nuit de champignons, d'alcool et de cocaïne. Elle se dit que c'est finit. Qu'il part de chez elle. Que ce n'est pas normal. Que ce n'est pas ça l'amour. Elle tombe trois fois dans les pommes avant de rentrer chez elle, au levé du soleil, en tremblant.
Elle se met nue, il se réveille.
- Avec qui t'as couché, salope.
- Personne. J'étais avec Miss V.
- S't'encore pire, tu m'as trahit.
La dernière fois. Il est parti ensuite. J'ai réussit à le foutre à la porte. Puis, six semaines pour réaliser qu'il me battait. Six semaines pour comprendre que j'avais laissé tout ça m'arriver. Le cercle de la violence toujours plus rapide. Une volée par jour. Pour bien dormir.
Depuis, je rêve de carnage. De sang qui coule. Waitress cassée. Waitress au corps brisé. La rage du garçon a pénétré son coeur. Elle est là, toujours.
à pisser rouge comme une fontaine elle apprit à mesurer l'amour à la douleur du corps oubliait de compter les pulsions du coeur pour comprendre qu'il fallait ralentir le débit
Waitress à une autre époque. Celle des cheveux longs, pantalons carottés. Du coeur fragile, de l'imagination débordante.
Elle sent un malaise au contact de l'homme. Ça provient de ses yeux. Un regard froid, pesant, calculateur. Une lueur de démence, comme on en voit parfois en attendant l'autobus. La petite voix qui hurle de partir. Sentiment d'urgence.
Waitress est restée là. Un soir. Deux semaines. Quelques mois. Une année.
Jeune et naïve, elle ne voit rien. De la violence du garçon, du mépris qu'il porte pour elle. Elle le laisse s'installer chez elle. Elle le laisse dicter sa vie.
Ça commence avec une interdiction de fumer à l'intérieur. Puis de boire sa sorte de bière préférée. Puis de fréquenter certaines personnes. Et le bar.
Un après-midi, elle décide quand même d'aller prendre une Boréale Rousse au bar. En cachette, avant de se rendre à l'université. Elle croise ses amis, boit avec eux. Passe un bon moment. Ils s'inquiètent pour elle.
Tout va bien, tout va bien. Je déménage, je retourne à Thetford le mois prochain. Il vient avec moi.
Elle oublie d'aller à l'école. Trop de plaisir. Trop saoule pour y aller aussi. À 22h00, elle ouvre la porte de l'appartement. Y trouve un garçon en colère parce qu'elle marche croche.
- T'es qu'une ostie de conne.
- Arrête de dire ça...
- J'sais pas pourquoi je reste avec toi.
- ...
Sur la joue gauche du revers de la main. Waitress par terre. Lui qui hurle à côté d'elle. Elle pleure. Elle a peur. Elle se lève, encore sur la joue gauche. Lui dit de dormir sur le sofa et elle va se coucher.
Le lendemain, il s'excuse. Il pleure aussi. La jeune femme au grand coeur mou décide de pardonner. Erreur.
À force de l'entendre vomir son mépris sur elle, elle se dit qu'elle est chanceuse. Elle si conne, si folle, si salope, malgré tout, il est là. Et il l'aime. Personne d'autre n'en ferait autant.
Ils se retrouvent dans leur nouvel appartement. Les querelles s'intensifient. Garçon Dérangé assassine Waitress à petit feu. Elle boit de plus en plus. Ne mange plus. Se pète la face du matin au soir.
Un jour, il lui casse une dent. Puis un doigt. Lui lance ses bouteilles de bières. L'étrangle. Lui fracasse la tête contre un mur. Commotion cérébrale. Elle a toujours une explication plausible à fournir aux marques. Ça passe dans le beurre. Sauf le jour où elle se présente au travail avec un oeil de raton-laveur.
Il la contrôle de plus en plus. Lit ses courriels, son journal intime. La frappe pour ce qu'elle y raconte.
Elle a peur. N'arrive pas à appeler la police. Si elle se rend au téléphone, il la frappe avec. Si elle se penche à la fenêtre en appelant au secours, il lui tape plus fort dessus. Elle n'appelle plus à l'aide. Elle se terre dans son petit corps de plus en plus malade.
- J'vais te tuer, câlis de folle.
Elle marche doucement vers lui. Écarte les bras et sourie.
- Vas-y, j'vais cesser d'avoir mal, au moins.
Il est lâche.
Un soir, avec une amie. Une nuit de champignons, d'alcool et de cocaïne. Elle se dit que c'est finit. Qu'il part de chez elle. Que ce n'est pas normal. Que ce n'est pas ça l'amour. Elle tombe trois fois dans les pommes avant de rentrer chez elle, au levé du soleil, en tremblant.
Elle se met nue, il se réveille.
- Avec qui t'as couché, salope.
- Personne. J'étais avec Miss V.
- S't'encore pire, tu m'as trahit.
La dernière fois. Il est parti ensuite. J'ai réussit à le foutre à la porte. Puis, six semaines pour réaliser qu'il me battait. Six semaines pour comprendre que j'avais laissé tout ça m'arriver. Le cercle de la violence toujours plus rapide. Une volée par jour. Pour bien dormir.
Depuis, je rêve de carnage. De sang qui coule. Waitress cassée. Waitress au corps brisé. La rage du garçon a pénétré son coeur. Elle est là, toujours.
à pisser rouge comme une fontaine elle apprit à mesurer l'amour à la douleur du corps oubliait de compter les pulsions du coeur pour comprendre qu'il fallait ralentir le débit
samedi 23 juin 2007
De la vérité
Waitress se sent triste. Triste et molle. Une envie de lâcher prise. De me rouler en boule et de rester là, longtemps. Sans rien penser. La switch à off, l'instant qu'il faudrait pour être plus forte afin de poursuivre. Poursuivre quoi, aucune idée.
Fatiguée du bonheur éclatant, des sourires à distribuer à tous. J'aurais besoin d'être franche, de dire se qui se joue dans ma tête, mais je n'y arrive pas. Même ici. Alors que je m'étais promis de ne jamais me censurer. C'était l'idée de venir écrire, raconter mes histoires avec mes émotions. Parce que j'en ai. Tout plein.
J'ai beau faire l'orgueilleuse au coeur sec, il bat fort, il se serre et devient lourd à porter. Je rêve d'avoir le moins de corps possible pour alléger mes pas, me sentir plus libre. Mais je fais l'indifférente ou la nounoune trop heureuse. Plus simple, plus facile. Soulève moins de question et ça passe inaperçu.
Faudra que je raconte ma véritable histoire. Ne peux plus passer à côté. Question d'extérioriser, de créer un échappatoire à la haine. La rage prend trop de place en Waitress, crée des rêves de carnage et de sang qui coule.
Ne plus faire semblant.
Fatiguée du bonheur éclatant, des sourires à distribuer à tous. J'aurais besoin d'être franche, de dire se qui se joue dans ma tête, mais je n'y arrive pas. Même ici. Alors que je m'étais promis de ne jamais me censurer. C'était l'idée de venir écrire, raconter mes histoires avec mes émotions. Parce que j'en ai. Tout plein.
J'ai beau faire l'orgueilleuse au coeur sec, il bat fort, il se serre et devient lourd à porter. Je rêve d'avoir le moins de corps possible pour alléger mes pas, me sentir plus libre. Mais je fais l'indifférente ou la nounoune trop heureuse. Plus simple, plus facile. Soulève moins de question et ça passe inaperçu.
Faudra que je raconte ma véritable histoire. Ne peux plus passer à côté. Question d'extérioriser, de créer un échappatoire à la haine. La rage prend trop de place en Waitress, crée des rêves de carnage et de sang qui coule.
Ne plus faire semblant.
jeudi 21 juin 2007
Leçon de survie
Ahhhh cher Lecteur, tu te demandes sans doute comment la Waitress réussis à passer au travers de sa semaine de fou sans saigner du nez, tout en trouvant le temps de te pondre de mauvais textes, n'est-ce pas ? Et tu te dis ça sans réfléchir au fait que je trouve encore du temps pour socialiser avec quelques personnes de mon choix ! (Pas longtemps c'est vrai, mais en deux minutes, il est possible d'avoir des nouvelles de tout le monde)
À 4h00 ce matin, après une fabuleuse nuit solitaire de trois longues heures de sommeil réparateur, mon cerveau fonctionnait à la vitesse lumière. Je dois aider mon prochain. Je vais donner mes trucs pour vivre sans repos jamais, et ce, sans recourir à l'utilisation de drogues illicites. Lecteur, soit attentif, donc.
- D'abord, le corps s'habitue au manque de sommeil. Après un certain temps qui varie selon la personne, le corps trouvera les nuits de trois ou quatre heures tout à fait normal. Au levé, on se sent alors plein d'énergie et la bonne humeur s'installe d'elle-même.
- Il faut boire davantage de café aussi. Et le préparer beaucoup plus fort. Par exemple, si je veux quatre tasses de café, je mets dans le filtre une cuillère de mouture pour la cafetière, 8 autres mesures et j'en ajoute une toute dernière pour la chance. Je répète l'expérience au besoin au cours de la journée.
- Le Red Bull. Sur la canette, la compagnie inscrit "Ne pas consommer plus de 500 ml par jour". C'est faux. Jusqu'à six canettes, je n'ai jamais eu de pépin. Dépassé ce stade, je ne peux rien garantir. L'idée avec ce breuvage, c'est qu'il faut le boire le plus rapidement possible et au bon moment. L'effet est temporaire, voilà pourquoi on répète aussi.
- On évite le partage de microbes autant que possible. En état de fatigue, les globules blancs deviennent beaucoup moins efficaces, on prend soin d'eux. Éviter de mettre sa langue dans la bouche d'un inconnu. Ne pas manger les restes des clients.
- Diminuer sa consommation d'alcool. Les lendemains deviennent de plus en plus pénibles et ça demande beaucoup d'énergie pour s'en remettre. Sans oublier que les bars sont des incitatifs au dépassement des couvres-feux. Ne pas fatiguer la machine plus que nécessaire.
- On fait le ménage dans nos relations. Toute personne qui nous tape sur les nerfs doit être expulsée de notre environnement social. On garde contact avec les gens vraiment importants, puisque chaque minute est comptée. Les bons amis comprennent qu'il peut être long avant de retourner un appel et sont contents lorsque l'on se rencontre.
C'est ainsi que je survie. Existence solitaire et morne à souhait. Manque d'entrain perpétuel. Ménage pas fait. Waitress n'en plus. Elle veut une vie. Va sans doute tenter d'en incorporer une à son horaire, tant pis pour le reste.
À 4h00 ce matin, après une fabuleuse nuit solitaire de trois longues heures de sommeil réparateur, mon cerveau fonctionnait à la vitesse lumière. Je dois aider mon prochain. Je vais donner mes trucs pour vivre sans repos jamais, et ce, sans recourir à l'utilisation de drogues illicites. Lecteur, soit attentif, donc.
- D'abord, le corps s'habitue au manque de sommeil. Après un certain temps qui varie selon la personne, le corps trouvera les nuits de trois ou quatre heures tout à fait normal. Au levé, on se sent alors plein d'énergie et la bonne humeur s'installe d'elle-même.
- Il faut boire davantage de café aussi. Et le préparer beaucoup plus fort. Par exemple, si je veux quatre tasses de café, je mets dans le filtre une cuillère de mouture pour la cafetière, 8 autres mesures et j'en ajoute une toute dernière pour la chance. Je répète l'expérience au besoin au cours de la journée.
- Le Red Bull. Sur la canette, la compagnie inscrit "Ne pas consommer plus de 500 ml par jour". C'est faux. Jusqu'à six canettes, je n'ai jamais eu de pépin. Dépassé ce stade, je ne peux rien garantir. L'idée avec ce breuvage, c'est qu'il faut le boire le plus rapidement possible et au bon moment. L'effet est temporaire, voilà pourquoi on répète aussi.
- On évite le partage de microbes autant que possible. En état de fatigue, les globules blancs deviennent beaucoup moins efficaces, on prend soin d'eux. Éviter de mettre sa langue dans la bouche d'un inconnu. Ne pas manger les restes des clients.
- Diminuer sa consommation d'alcool. Les lendemains deviennent de plus en plus pénibles et ça demande beaucoup d'énergie pour s'en remettre. Sans oublier que les bars sont des incitatifs au dépassement des couvres-feux. Ne pas fatiguer la machine plus que nécessaire.
- On fait le ménage dans nos relations. Toute personne qui nous tape sur les nerfs doit être expulsée de notre environnement social. On garde contact avec les gens vraiment importants, puisque chaque minute est comptée. Les bons amis comprennent qu'il peut être long avant de retourner un appel et sont contents lorsque l'on se rencontre.
C'est ainsi que je survie. Existence solitaire et morne à souhait. Manque d'entrain perpétuel. Ménage pas fait. Waitress n'en plus. Elle veut une vie. Va sans doute tenter d'en incorporer une à son horaire, tant pis pour le reste.
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Repos,
Travail de Waitress
jeudi 7 juin 2007
Votre appel est important
Cher Monsieur Bell,
Je suis dans l'obligation de vous informer de ma déception quant à vos services. Depuis ma plus tendre enfance, j'ai confiance en vous et votre compagnie. Vous avez toujours desservit la maison familiale avec un grand soucis quant à la qualité et à l'amabilité de vos employés. C'est pourquoi, lorsque je devins locataire, je fis appel à vos loyaux services.
Pendant quelques années, tout a bien été. Sauf peut-être cette fois où vous avez décidé que 20$ par mois ne convenait plus pour un temps illimité d'interurbains, mais bien pour 1500 minutes. Mes colocataires et moi avions donc reçu une facture de téléphone tellement élevé que nous n'avions pas mangé pendant près de deux semaines pour vous remettre ce qu'il restait dans nos comptes de banque. Mais bon. J'ai vite oublié.
Dernièrement par contre, vos employés semblent avoir de gros problèmes. Vous ne me croyez pas ? J'ai un exemple.
J'attendais la venue d'un technicien dans mon nouvel appartement, il devait être là en après-midi. Mais j'ai dû me présenter au travail à la dernière minute. N'écoutant que mon grand coeur, je me suis dit: "Je vais téléphoner chez Bell afin de canceller mon rendez-vous". Après avoir été transférée à trois reprises, après qu'on m'ait aussi raccrochée la ligne au nez, j'ai pu expliquer à une dame l'objet de mon appel. Elle m'a engueulée. Parce que je ne pouvais pas canceller, même si je le faisais, le technicien devait passer chez moi. Je me suis excusée de l'avoir dérangée pour une raison aussi stupide.
Lors de ma dernière facturation, une erreur s'est produite. On m'a chargée 50$ plus taxes en trop. Pour un service dont je ne voulais plus. Qui avait été annulé aussi. Après avoir complété trois chapelets de "Je vous salue Marie" afin de ne pas tomber sur quelqu'un qui aurait pu être insulté par mes questions, j'ai composé le 310-BELL en tremblant un peu des mains.
Un gentil jeune homme m'a alors répondu. Il était bien sympathique. L'ennui est qu'il ne connaissait pas bien le français. J'ai mis deux minutes à lui répéter mon numéro de téléphone, qu'il ne comprenait pas, et quatre autres à lui donner mon nom. "Vous avez un drôle de nom, mademoiselle". Faux. Mon prénom a fait parti du top 10 des plus populaires pendant quatre années consécutives. Et mon nom de famille ne contient que sept lettres, que j'ai bien épelé, d'une voix forte et claire.
- Vous devez payer votre facture en entier, Mademoiselle. Le montant sera crédité sur votre prochaine facturation.
- Pardon ? C'est qu'il s'agit de 50$, Monsieur l'Indien et l'erreur vient de votre côté.
- Dans ce cas, ne payez pas le 50$ et contestez les frais de retard le mois prochain.
- Oui, mais... C'est un peu stupide, non ? Vous n'avez qu'à annuler le montant et m'envoyer une nouvelle facture.
- Ah ! C'est impossible, les factures ne sont imprimées qu'une fois par mois.
- Wow. Merci beaucoup. Vous avez un extraordinaire service à la clientèle.
- Bonne journée, Mademoiselle, merci d'avoir appelé Bell.
Quelle a été ma surprise lorsque j'ai trouvé une nouvelle facture de votre compagnie où l'on me remerciait d'avoir payé le solde passé et qui ne contenait aucun crédit. J'ai donc repris mon chapelet ce matin, avant de discuter avec une nouvelle jeune femme.
- Il faut attendre de quatre à huit semaines avant de recevoir le crédit, puisqu'il s'agit d'un dépôt que nous vous avons demandé.
- */?*&?"($
- La commande est en date du 31 mars.
- &?%&*?
- Un instant svp.
- (Musique vraiment moche avec des "votre appel est important - merci d'appeler Bell - tout nos préposés sont occupés").
- Mademoiselle ?
- Oui ?
- Je vais faire une correction manuelle, nous vous devons maintenant 20,73$. Vous n'avez donc pas à payer de facture ce mois-ci.
- Ah. Merci beaucoup.
- Bonne journée et merci d'avoir appelé Bell.
Tout ce taponage pour ça. Vous devriez peut-être vous assurer que les nouveaux reçoivent tous la même formation ou je ne sais quoi. Il devient frustrant à la longue d'entendre autant de contradictions. Vos employés sont-ils heureux, Monsieur Bell ? Je comprends qu'ils doivent entendre beaucoup de chialage dans une journée, mais leur salaire ne compense-t-il pas cet inconvénient ? Non ? Et bien, payez leur des psychologues ou une salle de gym, je ne sais pas, moi.
En tant que cliente, veuillez prendre note que je déteste me faire niaiser. C'est pourquoi je vous demande de ne pas être estomaqué de me voir changer de compagnie et ce, pour TOUS mes services. Ras le bol.
Bonne journée, Monsieur Bell.
Votre très distinguée,
Waitress
Je suis dans l'obligation de vous informer de ma déception quant à vos services. Depuis ma plus tendre enfance, j'ai confiance en vous et votre compagnie. Vous avez toujours desservit la maison familiale avec un grand soucis quant à la qualité et à l'amabilité de vos employés. C'est pourquoi, lorsque je devins locataire, je fis appel à vos loyaux services.
Pendant quelques années, tout a bien été. Sauf peut-être cette fois où vous avez décidé que 20$ par mois ne convenait plus pour un temps illimité d'interurbains, mais bien pour 1500 minutes. Mes colocataires et moi avions donc reçu une facture de téléphone tellement élevé que nous n'avions pas mangé pendant près de deux semaines pour vous remettre ce qu'il restait dans nos comptes de banque. Mais bon. J'ai vite oublié.
Dernièrement par contre, vos employés semblent avoir de gros problèmes. Vous ne me croyez pas ? J'ai un exemple.
J'attendais la venue d'un technicien dans mon nouvel appartement, il devait être là en après-midi. Mais j'ai dû me présenter au travail à la dernière minute. N'écoutant que mon grand coeur, je me suis dit: "Je vais téléphoner chez Bell afin de canceller mon rendez-vous". Après avoir été transférée à trois reprises, après qu'on m'ait aussi raccrochée la ligne au nez, j'ai pu expliquer à une dame l'objet de mon appel. Elle m'a engueulée. Parce que je ne pouvais pas canceller, même si je le faisais, le technicien devait passer chez moi. Je me suis excusée de l'avoir dérangée pour une raison aussi stupide.
Lors de ma dernière facturation, une erreur s'est produite. On m'a chargée 50$ plus taxes en trop. Pour un service dont je ne voulais plus. Qui avait été annulé aussi. Après avoir complété trois chapelets de "Je vous salue Marie" afin de ne pas tomber sur quelqu'un qui aurait pu être insulté par mes questions, j'ai composé le 310-BELL en tremblant un peu des mains.
Un gentil jeune homme m'a alors répondu. Il était bien sympathique. L'ennui est qu'il ne connaissait pas bien le français. J'ai mis deux minutes à lui répéter mon numéro de téléphone, qu'il ne comprenait pas, et quatre autres à lui donner mon nom. "Vous avez un drôle de nom, mademoiselle". Faux. Mon prénom a fait parti du top 10 des plus populaires pendant quatre années consécutives. Et mon nom de famille ne contient que sept lettres, que j'ai bien épelé, d'une voix forte et claire.
- Vous devez payer votre facture en entier, Mademoiselle. Le montant sera crédité sur votre prochaine facturation.
- Pardon ? C'est qu'il s'agit de 50$, Monsieur l'Indien et l'erreur vient de votre côté.
- Dans ce cas, ne payez pas le 50$ et contestez les frais de retard le mois prochain.
- Oui, mais... C'est un peu stupide, non ? Vous n'avez qu'à annuler le montant et m'envoyer une nouvelle facture.
- Ah ! C'est impossible, les factures ne sont imprimées qu'une fois par mois.
- Wow. Merci beaucoup. Vous avez un extraordinaire service à la clientèle.
- Bonne journée, Mademoiselle, merci d'avoir appelé Bell.
Quelle a été ma surprise lorsque j'ai trouvé une nouvelle facture de votre compagnie où l'on me remerciait d'avoir payé le solde passé et qui ne contenait aucun crédit. J'ai donc repris mon chapelet ce matin, avant de discuter avec une nouvelle jeune femme.
- Il faut attendre de quatre à huit semaines avant de recevoir le crédit, puisqu'il s'agit d'un dépôt que nous vous avons demandé.
- */?*&?"($
- La commande est en date du 31 mars.
- &?%&*?
- Un instant svp.
- (Musique vraiment moche avec des "votre appel est important - merci d'appeler Bell - tout nos préposés sont occupés").
- Mademoiselle ?
- Oui ?
- Je vais faire une correction manuelle, nous vous devons maintenant 20,73$. Vous n'avez donc pas à payer de facture ce mois-ci.
- Ah. Merci beaucoup.
- Bonne journée et merci d'avoir appelé Bell.
Tout ce taponage pour ça. Vous devriez peut-être vous assurer que les nouveaux reçoivent tous la même formation ou je ne sais quoi. Il devient frustrant à la longue d'entendre autant de contradictions. Vos employés sont-ils heureux, Monsieur Bell ? Je comprends qu'ils doivent entendre beaucoup de chialage dans une journée, mais leur salaire ne compense-t-il pas cet inconvénient ? Non ? Et bien, payez leur des psychologues ou une salle de gym, je ne sais pas, moi.
En tant que cliente, veuillez prendre note que je déteste me faire niaiser. C'est pourquoi je vous demande de ne pas être estomaqué de me voir changer de compagnie et ce, pour TOUS mes services. Ras le bol.
Bonne journée, Monsieur Bell.
Votre très distinguée,
Waitress
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