Waitress, assise dans les marches de la cuisine, tard dans la nuit. Charmant Garçon à sa gauche.
Le coeur bat fort et vite, les mains moites. Je parle. Lui dis que je m'attache, que je deviens amoureuse. Que je vois bien que ce n'est pas réciproque, mais j'ai besoin de l'entendre avec sa voix.
Pas d'erreur. Charmant Garçon ne l'aime pas. Il passe un bon moment. Waitress du divertissement, du bonbon qui fait du bien aux hommes.
Son visage dans ses mains, ses yeux qui se détournent des miens, il se sent mal. Pas de larme. Je prends ma douleur, la pousse loin, loin, loin. Peur de sentir mon corps se casser parce que la douleur est solide. Je donne un sourire. Tout petit. Ma main sur son bras.
- C'est correcte, tu sais.
Charmant Garçon dans mon lit. On a fait l'amour. Non. Rendu là, j'appelle ça baiser. On a baisé ensemble, chacun avec son plaisir, sans y mettre beaucoup de coeur. Une couchette froide et rapide pour mieux dormir.
***
Le lendemain, on passe la journée ensemble. Comme si je n'avais rien dit. Suis allée l'aider à terminer la peinture de sa chambre et, en étendant de la couleur liquide, j'ai pensé à Mâle Alpha.
Mâle Alpha qui m'aimait. Que je n'aimais pas. Qui est quand même venu m'aider à peinturer mon nouvel appartement. Le retour du balancier.
***
Plus tard, seule dans mon lit, j'ai crié. Pas trop fort, pour ne pas réveiller les voisins. Juste pour que quelque chose sorte de moi. Est venue une larme. Une seule que j'ai laissé sécher sur ma joue.
On passe à autre chose. Waitress du vent, de la carapace, qui se laisse glisser sans s'accrocher.
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mercredi 4 juillet 2007
jeudi 28 juin 2007
Elle rêve de l'île...
Si mes horaires de travail ne changent pas, j'aurai droit à deux merveilleuses journées de congé. Collées. Je me suis promis qu'à la première occasion, j'irais faire un tour à l'Île-aux-Coudres, voir une amie qui y joue l'aubergiste pour les prochains mois.
Je m'y rends chaque été. Cette île est magique. Le seul lieu que je connaisse où j'arrive à décrocher. Total abandon des notions du temps. Comme si les heures, les jours n'ont plus la même longueur. Je ne fais qu'être là et c'est suffisant. Avec une envie de rire, d'écrire, de m'amuser. En me sentant vivante à travers chaque cellule de mon corps.
Le Crapet-Soleil. Du beau plaisir. Sourires chaleureux, accolades énergisantes. Mll Y. Avec ses grands yeux pétillants, ses vêtements et ses gestes colorés.
Un tour de l'île en vélo, en voiture, à pied. L'odeur du fleuve, les montagnes de Charlevoix. Le vent dans mes cheveux, mes pieds dans le sable chaud. C'est manger du Migneron frais, le soir, enroulé dans une couverture autour d'un feu en comptant les étoiles. Des silences plein de vie, un endroit qui tient de baume pour le coeur.
Irai-je à l'île seule ou accompagnée ? J'aime la partager avec quelqu'un. J'y ai invité Charmant Garçon. Viendra, viendra pas. Je crois qu'il travaillera. Dommage. Il pourrait y faire de belles photographies.
Peu importe. J'y serai. Le coeur ouvert à la beauté, le corps comme un récipient à bonheur.
Waitress a besoin d'une pause de ville. Du bruit, des charognes, des blessures. Des questions sans réponse. Du vide.
Waitress a besoin d'énergie pure. De gens heureux.
Redevenir la femme aux grands éclats de rire.

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Histoire de route,
Repos,
Rêve
mercredi 20 juin 2007
Réflexion
Mercredi matin, je me réveille aux côtés de Charmant Garçon. Le cadran sonnera dans une heure, pour que je puisse retourner chez moi afin de me préparer au travail. Je le regarde dormir un instant. J'écoute sa respiration. Et je réfléchie.
Nous avons fait l'amour avant de sombrer dans un sommeil profond. Moment agréable. Ses caresses qui me font trembler, ses lèvres sur les miennes qui mettent le feu à mon corps. Waitress, loin du type criarde, n'a pu s'empêcher d'hurler à l'orgasme. Trop fort, trop intense. Les cris sont venus d'eux-mêmes.
- Chut, la fenêtre est ouverte.
- Ohhh... désolée, je m'excuse, hummm...
- C'est pas grave, c'est pour toi.
Pour moi ? J'suis pas chez nous, j'connais personne ici, comment c'est pour moi ?
La pluie qui tombe. Sur l'asphalte, sur les feuilles des arbres. Murmures d'eau. Je m'endors avec cette musique. La même avec laquelle je m'ouvre les yeux.
Et je pense. À cette façon qu'il a de rester loin de moi tout au long du jour. Charmant Garçon prend un soin fou à conserver une distance entre nos corps, distance que je respecte. Pourtant, dès que les lumières s'éteignent, il me touche, m'embrasse. Avec des gestes doux qui me déroutent. Puisque dès que l'on sort du lit, il reprend son attitude je-m'en-fou-je-t'écoute-parler-en-regardant-partout. Résultat ? À l'heure des aurevoirs, je ne sais jamais quoi faire. Parfois, il m'embrasse sur les lèvres. Et le reste du temps, il dépose de délicats baisers sur mes joues.
D'accord, Waitress l'Angoissée avoue qu'elle se pose toujours trop de questions. Mais ce matin, tandis qu'il dormait à ma droite, je me suis un peu demandée ce que je faisais là. Pincement au coeur.
Nous avons fait l'amour avant de sombrer dans un sommeil profond. Moment agréable. Ses caresses qui me font trembler, ses lèvres sur les miennes qui mettent le feu à mon corps. Waitress, loin du type criarde, n'a pu s'empêcher d'hurler à l'orgasme. Trop fort, trop intense. Les cris sont venus d'eux-mêmes.
- Chut, la fenêtre est ouverte.
- Ohhh... désolée, je m'excuse, hummm...
- C'est pas grave, c'est pour toi.
Pour moi ? J'suis pas chez nous, j'connais personne ici, comment c'est pour moi ?
La pluie qui tombe. Sur l'asphalte, sur les feuilles des arbres. Murmures d'eau. Je m'endors avec cette musique. La même avec laquelle je m'ouvre les yeux.
Et je pense. À cette façon qu'il a de rester loin de moi tout au long du jour. Charmant Garçon prend un soin fou à conserver une distance entre nos corps, distance que je respecte. Pourtant, dès que les lumières s'éteignent, il me touche, m'embrasse. Avec des gestes doux qui me déroutent. Puisque dès que l'on sort du lit, il reprend son attitude je-m'en-fou-je-t'écoute-parler-en-regardant-partout. Résultat ? À l'heure des aurevoirs, je ne sais jamais quoi faire. Parfois, il m'embrasse sur les lèvres. Et le reste du temps, il dépose de délicats baisers sur mes joues.
D'accord, Waitress l'Angoissée avoue qu'elle se pose toujours trop de questions. Mais ce matin, tandis qu'il dormait à ma droite, je me suis un peu demandée ce que je faisais là. Pincement au coeur.
samedi 9 juin 2007
Rien à comprendre
Vendredi soir. Il fait beau. Il fait chaud. Un temps idéal pour la terrasse. Où se trouve Waitress ? Seule à la maison, avec deux films d'amour complètement moches et stupides et une tonne de bouffe devant elle. L'idée est de provoquer le sommeil; une fin de semaine composée de deux doubles m'attend, dont une journée de vingt-deux heures de travail samedi. Dormir. Please.
Je commence le premier vidéo. Vraiment moche. Après quinze minutes, plutôt que d'avoir les paupières tombantes, je me sens frustrée de voir qu'il y a de l'argent gaspillé dans des trucs aussi mauvais. Je me connecte à MSN, question de voir ce qui si passe. Charmant Garçon est là, en directe du travail.
Il finit par me demander si j'ai envie d'aller prendre une bière avec lui.
- Ben... Ok, mais juste une, je veux me coucher tôt.
- Oui, oui, juste une, je suis fatigué.
- Où ?
- Au Scan, comme d'habitude ?
- C'est une idée. Ou je peux passer au dep et tu viens chez moi aussi.
- Approuvé. Je vais au dep, passe chez toi et on ira dans un parc.
Trente minutes plus tard, il est là, deux canettes de bière dans son sac. Il regarde mes pieds.
- Heil c'est les nouveaux souliers que t'as achetés aujourd'hui ?
- Oui, c'est ceux-là.
- Sont vraiment beaux.
- Merci. Je les aime bien.
Tandis qu'on marche, je constate qu'il fait un peu froid. J'enfile un chandail jaune en petit tricot, qui me laisse les épaules dénudées. Au coin de Charest, nous attendons la traverse piéton.
- C'est joli ton chandail jaune.
- Merci.
Nous nous installons sur un banc du minuscule parc à chiens de la rue Victoria. Les canettes s'ouvrent. On discute de tout et de rien. Je garde une distance raisonnable entre nos deux corps.
- J'aime ça, le bruit du vent dans les feuilles.
- Oui, ça sonne doux, confortable, dans les oreilles.
Il me fait rire avec ses niaiseries, auquelles j'en rajoute toujours un peu. Il rit aussi. Il me regarde tout le temps, avec son beau sourire. Me parle les yeux plongés dans mes yeux. Serrement au coeur.
- On fait un bout ?
- Oui, faut que j'aille dormir.
Au coin de la rue Charest, nos routes se séparent. Il s'informe de mon prochain congé. Me dit de lui donner des nouvelles. De l'inviter à faire de quoi lundi soir, mon premier moment de repos.
- Bonne nuit.
- Bonne nuit.
Charmant Garçon se penche, m'embrasse les deux joues. Lorsque je pars vers chez moi, il se retourne.
- Merci, c'était vraiment agréable, encore une fois.
Je commence le premier vidéo. Vraiment moche. Après quinze minutes, plutôt que d'avoir les paupières tombantes, je me sens frustrée de voir qu'il y a de l'argent gaspillé dans des trucs aussi mauvais. Je me connecte à MSN, question de voir ce qui si passe. Charmant Garçon est là, en directe du travail.
Il finit par me demander si j'ai envie d'aller prendre une bière avec lui.
- Ben... Ok, mais juste une, je veux me coucher tôt.
- Oui, oui, juste une, je suis fatigué.
- Où ?
- Au Scan, comme d'habitude ?
- C'est une idée. Ou je peux passer au dep et tu viens chez moi aussi.
- Approuvé. Je vais au dep, passe chez toi et on ira dans un parc.
Trente minutes plus tard, il est là, deux canettes de bière dans son sac. Il regarde mes pieds.
- Heil c'est les nouveaux souliers que t'as achetés aujourd'hui ?
- Oui, c'est ceux-là.
- Sont vraiment beaux.
- Merci. Je les aime bien.
Tandis qu'on marche, je constate qu'il fait un peu froid. J'enfile un chandail jaune en petit tricot, qui me laisse les épaules dénudées. Au coin de Charest, nous attendons la traverse piéton.
- C'est joli ton chandail jaune.
- Merci.
Nous nous installons sur un banc du minuscule parc à chiens de la rue Victoria. Les canettes s'ouvrent. On discute de tout et de rien. Je garde une distance raisonnable entre nos deux corps.
- J'aime ça, le bruit du vent dans les feuilles.
- Oui, ça sonne doux, confortable, dans les oreilles.
Il me fait rire avec ses niaiseries, auquelles j'en rajoute toujours un peu. Il rit aussi. Il me regarde tout le temps, avec son beau sourire. Me parle les yeux plongés dans mes yeux. Serrement au coeur.
- On fait un bout ?
- Oui, faut que j'aille dormir.
Au coin de la rue Charest, nos routes se séparent. Il s'informe de mon prochain congé. Me dit de lui donner des nouvelles. De l'inviter à faire de quoi lundi soir, mon premier moment de repos.
- Bonne nuit.
- Bonne nuit.
Charmant Garçon se penche, m'embrasse les deux joues. Lorsque je pars vers chez moi, il se retourne.
- Merci, c'était vraiment agréable, encore une fois.
vendredi 8 juin 2007
Retour à la case départ
Jeudi soir, j'ai rendez-vous avec Charmant Garçon au bar, à 22h00. J'y ai déjà un rendez-vous à 18h30 avec une copine que je n'ai pas vu depuis un certain temps.
À l'arrivée de Charmant Garçon, Waitress est un peu paf. Coc-ke-tail comme dirait le Jeune Homme. Je m'enfile deux autres gin tonic pendant qu'il boit sa première bière.
- Je ne suis pas supposé être ici, je me suis fait remplacer pour ce soir, j'avais oublié.
- Veux-tu aller ailleurs ?
- On pourrait aller à La Cuisine, si ça te dit.
- Go.
Nous nous installons à une table. Commande un pichet de rousse. Très joli et original le concept de la bière dans un arrosoir, ça me plaît. Plusieurs personnes autour boivent aussi de la bière, la musique est bonne, le staff plutôt sympa. Waitress décide alors de foncer.
- Je peux te poser une question ?
- Ben... oui.
- Est-ce que t'as juste l'intention de me baiser pendant un bout ou tu voudrais me connaître ?
Charmant Garçon s'étouffe avec sa bière.
- Euh...
- C'est cru, c'est sec, mais désolée, je suis comme ça.
CG prend quelques secondes pour réfléchir.
- Si je voulais juste te baiser, on ne se verrait plus déjà.
Élan de joie dans le coeur de Waitress. Il ouvre encore la bouche.
- Mais je sais que je ne suis pas prêt à m'engager pour l'instant.
Élan de désespoir dans le coeur de Waitress.
- Est-ce qu'il y avait une bonne réponse ?
- Non. Juste la réponse honnête.
Je fais semblant de rien, pose d'autres questions, change de sujet. À la fin du pichet, Charmant Garçon m'accompagne jusque chez moi. Une autre nuit ensemble, aussi agréable que les autres.
Mais aujourd'hui, Waitress a de la peine. Elle sait que Charmant Garçon ne l'aime pas, qu'il ne l'aimera jamais. C'est juste du temporaire, un bon moment à passer avec lui.
J'ai une énorme carapace. Depuis plusieurs années, personne ne l'a percée, personne n'a vu ce qu'il y avait derrière. On se protège comme on peut, on évite de mettre du sentiment. Pas de désir, pas de peine. Le coeur léger et vide et sec à perpétuité.
J'avais oublié. Waitress se ferme à nouveau. Et pour plus longtemps encore.

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mercredi 6 juin 2007
Des soupers trop arrosés de Waitress
Lundi. Waitress commence sa journée, avec un café et une cigarette devant son ordinateur. Je viens d'apprendre que je ne travaillerai pas le soir même à l'Île, congé forcé. Lui aussi. Je ne réfléchie pas plus longtemps et lui envoie une invitation à souper.
À 14h00, tout est décidé. Au menu: Poulet farcit aux épinards et au fromage de chèvre, purée de pommes de terre sucrées aux pommes et aux pacanes avec des asperges en accompagnement. Quelques fromages en entrée, une bouteille de blanc à l'apéro et une autre de rouge pour le repas. Charmant Garçon cognera à la porte dans quatre heures. Ce qui signifie bientôt. Ranger l'appartement. Faire les courses. Et entamer les préparatifs du souper. En plus de me mettre belle. Une véritable course.
Ma mère me téléphone. Une heure et demie de moins pour tout faire. Époussetage, balayeuse, lavage de plancher. À 16h45, tout est propre. J'ai même classé les vêtements de mon garde-robe selon les couleurs. Je m'attache les cheveux, enfile un jeans et une camisole rayée très jolie et qui me donne un semblant de poitrine et je saute dans ma voiture.
À l'épicerie, je commence à être nerveuse. Et si je rate le repas ? Pire, s'il arrive chez moi pendant que je tâte du poulet et qu'il décide de partir ? Vite, vite, vite, Waitress arrive à la caisse en joggant, bouscule une vieille femme qui me menace de sa canne et je zigne de la patte pendant que le commis emballe mes achats. SAQ maintenant.
Je veux une bouteille de Vino Verde pour l'apéro et une autre d'un vin espagnol que j'adore. Je cherche partout, je ne les vois pas. Bon. J'accroche un conseillé, lui parle de mes deux bouteilles et demande où elles se trouvent.
- Désolé Mademoiselle, nous sommes en rupture de stock.
- Quoi ?
- Je n'en ai plus.
- Merde !
Waitress panique.
- Bon. Écoutez, monsieur. J'ai un souper ce soir, faut que j'impressionne quelqu'un. Mon menu sera fantastique. Pas question que je le gâche avec un mauvais vin. Donnez-moi quelque chose de merveilleux, je me fiche du prix ! Que ce soit bon, c'est le seul critère.
À la caisse, je paie mes achats. Je me plante avec ma grosse sacoche, mes 4 sacs d'épicerie et celui de la SAQ. Un homme de plus de 55 ans me regarde.
- Vous allez prendre l'autobus, mademoiselle ?
- Non, je prends pas l'autobus, que je lui dit, mon porte-clés entre les dents.
- Je vais aller vous conduire chez vous.
- Non, non, j'ai ma voiture.
- Attendez-moi, je vais vous aider à amener vos sacs à l'auto.
- NON ! Bonne fin de journée.
Je cours sous la pluie jusqu'à ma voiture, passe près de me faire écraser par un maniaque qui ne s'attendait pas à me voir passer. Ouvres tes yeux, p'tit criss. Vite, vite, je vais être en retard. Je stationne Ginette le plus rapidement possible, accroche la chaîne de trottoir. Deux points.
Je cours partout dans la cuisine, coordonne toutes les étapes. Il cogne à la porte. Zut. Je suis pas peignée. Même pas maquillée ! Merde, tant pis. On cuisine ensemble, en se disant des niaiseries. J'ouvre la bouteille de blanc. Une fois terminée, nous passons à table et j'entame le rouge.
La nourriture est excellente, le vin aussi. On entre un peu dans les confidences, on discute de notre enfance. Nous passons au salon pour finir le vin. Musique, chandelles, ambiance feutrée. J'offre un café alcoolisé. Un peu avant 23h00, il propose d'aller chercher de la bière au dépanneur. Nous revenons avec une caisse de six et du vin blanc et mes pieds sont nus. J'ai cassé mes sandales en route, les ai laissé au coin d'une rue.
On jase, on boit, on jase. À 1h30 du matin, je suis saoule. Lui aussi. Il parle beaucoup, j'essaie de l'embrasser. Il se tasse. Merde. Je ne l'intéresse pas. Il m'embrasserait sinon. Je refais le test un peu plus tard, même résultat.
Ensuite, les choses sont floues. Nous étions nus au salon. J'ai ramené des condoms. Nous avons fini par atterrir au lit. Vers 7h00 du matin, nous nous sommes endormis.
Au réveil, en plein après-midi, j'ai constaté les dégâts. Dans ma chambre, des enveloppes de condoms vides partout. Un tiroir sur le plancher. Mon vibrateur à côté du lit. Je me lève. J'ai mal partout. Aux jambes, aux bras. Une brûlure sur la main gauche. Une autre sur la droite. À la cuisine, de la vaisselle partout. Des vêtements. Au salon, les chandelles ont coulé. La lampe n'est pas éteinte. Des verres, des bouteilles. Encore des enveloppes de condoms vides. Et un putain de mal de tête.
À 14h00, tout est décidé. Au menu: Poulet farcit aux épinards et au fromage de chèvre, purée de pommes de terre sucrées aux pommes et aux pacanes avec des asperges en accompagnement. Quelques fromages en entrée, une bouteille de blanc à l'apéro et une autre de rouge pour le repas. Charmant Garçon cognera à la porte dans quatre heures. Ce qui signifie bientôt. Ranger l'appartement. Faire les courses. Et entamer les préparatifs du souper. En plus de me mettre belle. Une véritable course.
Ma mère me téléphone. Une heure et demie de moins pour tout faire. Époussetage, balayeuse, lavage de plancher. À 16h45, tout est propre. J'ai même classé les vêtements de mon garde-robe selon les couleurs. Je m'attache les cheveux, enfile un jeans et une camisole rayée très jolie et qui me donne un semblant de poitrine et je saute dans ma voiture.
À l'épicerie, je commence à être nerveuse. Et si je rate le repas ? Pire, s'il arrive chez moi pendant que je tâte du poulet et qu'il décide de partir ? Vite, vite, vite, Waitress arrive à la caisse en joggant, bouscule une vieille femme qui me menace de sa canne et je zigne de la patte pendant que le commis emballe mes achats. SAQ maintenant.
Je veux une bouteille de Vino Verde pour l'apéro et une autre d'un vin espagnol que j'adore. Je cherche partout, je ne les vois pas. Bon. J'accroche un conseillé, lui parle de mes deux bouteilles et demande où elles se trouvent.
- Désolé Mademoiselle, nous sommes en rupture de stock.
- Quoi ?
- Je n'en ai plus.
- Merde !
Waitress panique.
- Bon. Écoutez, monsieur. J'ai un souper ce soir, faut que j'impressionne quelqu'un. Mon menu sera fantastique. Pas question que je le gâche avec un mauvais vin. Donnez-moi quelque chose de merveilleux, je me fiche du prix ! Que ce soit bon, c'est le seul critère.
À la caisse, je paie mes achats. Je me plante avec ma grosse sacoche, mes 4 sacs d'épicerie et celui de la SAQ. Un homme de plus de 55 ans me regarde.
- Vous allez prendre l'autobus, mademoiselle ?
- Non, je prends pas l'autobus, que je lui dit, mon porte-clés entre les dents.
- Je vais aller vous conduire chez vous.
- Non, non, j'ai ma voiture.
- Attendez-moi, je vais vous aider à amener vos sacs à l'auto.
- NON ! Bonne fin de journée.
Je cours sous la pluie jusqu'à ma voiture, passe près de me faire écraser par un maniaque qui ne s'attendait pas à me voir passer. Ouvres tes yeux, p'tit criss. Vite, vite, je vais être en retard. Je stationne Ginette le plus rapidement possible, accroche la chaîne de trottoir. Deux points.
Je cours partout dans la cuisine, coordonne toutes les étapes. Il cogne à la porte. Zut. Je suis pas peignée. Même pas maquillée ! Merde, tant pis. On cuisine ensemble, en se disant des niaiseries. J'ouvre la bouteille de blanc. Une fois terminée, nous passons à table et j'entame le rouge.
La nourriture est excellente, le vin aussi. On entre un peu dans les confidences, on discute de notre enfance. Nous passons au salon pour finir le vin. Musique, chandelles, ambiance feutrée. J'offre un café alcoolisé. Un peu avant 23h00, il propose d'aller chercher de la bière au dépanneur. Nous revenons avec une caisse de six et du vin blanc et mes pieds sont nus. J'ai cassé mes sandales en route, les ai laissé au coin d'une rue.
On jase, on boit, on jase. À 1h30 du matin, je suis saoule. Lui aussi. Il parle beaucoup, j'essaie de l'embrasser. Il se tasse. Merde. Je ne l'intéresse pas. Il m'embrasserait sinon. Je refais le test un peu plus tard, même résultat.
Ensuite, les choses sont floues. Nous étions nus au salon. J'ai ramené des condoms. Nous avons fini par atterrir au lit. Vers 7h00 du matin, nous nous sommes endormis.
Au réveil, en plein après-midi, j'ai constaté les dégâts. Dans ma chambre, des enveloppes de condoms vides partout. Un tiroir sur le plancher. Mon vibrateur à côté du lit. Je me lève. J'ai mal partout. Aux jambes, aux bras. Une brûlure sur la main gauche. Une autre sur la droite. À la cuisine, de la vaisselle partout. Des vêtements. Au salon, les chandelles ont coulé. La lampe n'est pas éteinte. Des verres, des bouteilles. Encore des enveloppes de condoms vides. Et un putain de mal de tête.
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dimanche 3 juin 2007
Démasquée
Depuis que je tiens ce blog, très peu de gens que je côtoie connaissent mon adresse ou même l'existence de ce bout d'internet. Même s'ils y sont des personnages. J'ai toujours considéré mon anonymat comme un gage de non censure. Un coin où je peux dire ce que je pense et raconter les événements comme je l'entends.
À l'hôtel, plusieurs personnes se sont mis à ma recherche. J'ai eu quelques sueurs. Puisque je parle de certains d'eux. Puisque je parle du reste de ma vie, ce que je ne fais pas nécessairement avec tous. À chaque quart de travail, des collègues arrivaient avec une liste de blogs. Ils n'ont jamais nommé celui de Femme Insatiable. J'aurais été obligé de dire qu'ils avaient trouvé. Waitress est mauvaise menteuse.
Mais j'ai été démasquée. Du moins, je le crois. Non, j'en suis certaine. Par la seule personne que je n'aurais pas voulu. Vous avez deviné.
Vendredi soir, soirée arrosée. Waitress rentre chez elle, hoquet en prime. Avec Charmant Garçon. Nous avons faim. Je commande un truc vraiment épouvantable à manger. Pendant ce temps, au salon, CG regarde sur mon ordinateur. Dans ma liste de favoris. Clique sur Femme Insatiable alors que j'hurle "NOOOONNNN" en le poussant de là. Trop tard. Vive l'impulsion. S'aurait été trop simple de ne pas réagir.
J'ignore s'il est repassé lire quelques choses. Mais s'il l'a fait, je suis foutue. Il sait maintenant que je suis un peu folle.
Comme de fait, pas de nouvelle depuis. Eh merde. Moi et ma grande gueule.
À l'hôtel, plusieurs personnes se sont mis à ma recherche. J'ai eu quelques sueurs. Puisque je parle de certains d'eux. Puisque je parle du reste de ma vie, ce que je ne fais pas nécessairement avec tous. À chaque quart de travail, des collègues arrivaient avec une liste de blogs. Ils n'ont jamais nommé celui de Femme Insatiable. J'aurais été obligé de dire qu'ils avaient trouvé. Waitress est mauvaise menteuse.
Mais j'ai été démasquée. Du moins, je le crois. Non, j'en suis certaine. Par la seule personne que je n'aurais pas voulu. Vous avez deviné.
Vendredi soir, soirée arrosée. Waitress rentre chez elle, hoquet en prime. Avec Charmant Garçon. Nous avons faim. Je commande un truc vraiment épouvantable à manger. Pendant ce temps, au salon, CG regarde sur mon ordinateur. Dans ma liste de favoris. Clique sur Femme Insatiable alors que j'hurle "NOOOONNNN" en le poussant de là. Trop tard. Vive l'impulsion. S'aurait été trop simple de ne pas réagir.
J'ignore s'il est repassé lire quelques choses. Mais s'il l'a fait, je suis foutue. Il sait maintenant que je suis un peu folle.
Comme de fait, pas de nouvelle depuis. Eh merde. Moi et ma grande gueule.

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samedi 26 mai 2007
Douce nuit
Nous devions nous voir mercredi dernier, afin de se concocter un souper. Dans la nuit précédente, je me retrouve sur MSN à discuter avec lui. À 2h00 du matin, c'est décidé, Charmant Garçon se pointe chez moi. Vingt minutes devant moi pour essayer de me faire belle, pour ranger grossièrement mon appartement. Vingt longues minutes où je tourne en rond dans ma cuisine en me demandant quoi penser. Est-ce qu'il vient ici pour coucher avec moi seulement ? Est-ce qu'il peut juste avoir envie de me voir ?
Je me dirige à toute vitesse chez Jeune Homme, dont le frigo déborde d'alcool. J'en ai besoin pour me donner un semblant de contenance. Pour calmer ma nervosité. Pour que la voix se taise dans ma tête. Un six pac de bières mélangées dans les mains, je retourne chez moi. J'entre, enlève mon manteau. On cogne à la porte. Il est là, avec son beau sourire.
Au salon, la lumière est tamisée, chaleureuse. Une lampe projecte une teinte orangée sur les murs lime et fushia. Tout est doux pour les yeux. Assis face à face, nous discutons, calés dans le velours doré. Tout est doux pour le corps. Il m'offre son sourire et ses yeux brillants. Toute la douceur du monde émane de lui, j'ai envie de l'embrasser. De me coller sur lui, sentir ses bras qui m'entourent.
Alors que je l'empêche de fouiller dans mes vieux disques compactes, il m'attire à lui. Sa main retire une mèche de cheveux de mon visage, nos lèvres se rejoignent. Je suis sur lui, contre lui. Puis je m'éloigne, j'impose une distance entre nous. Timidité est là, ne me quitte pas.
À l'est, le ciel tire au bleu. Je l'invite à dormir avec moi. Il retire mes vêtement un à un, sans se presser. Ses lèvres glissent de ma bouche à mon cou, se déposent sur mes seins. Il me presse contre lui, mes mains font tomber ses vêtements. Sa peau contre la mienne, son odeur qui m'enveloppe, ses yeux qui ne quittent pas mes yeux. Il me tient là, le corps frémissant au bout de ses caresses. Lenteur. Charmant Garçon m'a fait l'amour. Longtemps, comme si le temps n'avançait plus. Le soleil éclairait la chambre lorsque j'ai eu un orgasme.
Je me suis endormie entre ses bras, souriante. Il me restait encore plein d'heures devant moi, à passer en sa compagnie.
Je me dirige à toute vitesse chez Jeune Homme, dont le frigo déborde d'alcool. J'en ai besoin pour me donner un semblant de contenance. Pour calmer ma nervosité. Pour que la voix se taise dans ma tête. Un six pac de bières mélangées dans les mains, je retourne chez moi. J'entre, enlève mon manteau. On cogne à la porte. Il est là, avec son beau sourire.
Au salon, la lumière est tamisée, chaleureuse. Une lampe projecte une teinte orangée sur les murs lime et fushia. Tout est doux pour les yeux. Assis face à face, nous discutons, calés dans le velours doré. Tout est doux pour le corps. Il m'offre son sourire et ses yeux brillants. Toute la douceur du monde émane de lui, j'ai envie de l'embrasser. De me coller sur lui, sentir ses bras qui m'entourent.
Alors que je l'empêche de fouiller dans mes vieux disques compactes, il m'attire à lui. Sa main retire une mèche de cheveux de mon visage, nos lèvres se rejoignent. Je suis sur lui, contre lui. Puis je m'éloigne, j'impose une distance entre nous. Timidité est là, ne me quitte pas.
À l'est, le ciel tire au bleu. Je l'invite à dormir avec moi. Il retire mes vêtement un à un, sans se presser. Ses lèvres glissent de ma bouche à mon cou, se déposent sur mes seins. Il me presse contre lui, mes mains font tomber ses vêtements. Sa peau contre la mienne, son odeur qui m'enveloppe, ses yeux qui ne quittent pas mes yeux. Il me tient là, le corps frémissant au bout de ses caresses. Lenteur. Charmant Garçon m'a fait l'amour. Longtemps, comme si le temps n'avançait plus. Le soleil éclairait la chambre lorsque j'ai eu un orgasme.
Je me suis endormie entre ses bras, souriante. Il me restait encore plein d'heures devant moi, à passer en sa compagnie.
mardi 22 mai 2007
Charmant Garçon, résumé de quelques jours
Comme vous voulez, je vous raconte à propos de Charmant Garçon Toutefois, je vous avoue que je suis déçue de constater qu'outre Jiji, personne ne manifeste d'intérêt face à ma vie professionnelle...
Jeudi, Waitress termine sa soirée à l'hôtel. Il est minuit trente, je me suis apportée des vêtements jolis et légèrement sexy dans le but de passer par le bar. Je retouche mon maquillage, ma coiffure et je marche vers la Basse-Ville. Petits papillons dans le ventre. Est-ce qu'il me trouvera stupide si je retourne le voir tout de suite ? Est-ce que j'aurai l'air trop intéressée ? Devant moi, la terrasse, où quelques personnes fument une cigarette. Il n'est pas dehors. J'ouvre la porte, la musique me monte aux oreilles. Hésitation. La porte se referme. Waitress marche vite, vite, vite jusque chez elle.
Froussarde. C'est tout ce que je me répète sur le chemin. Je suis déçue. J'aurais aimé le voir. Tant pis. Je vais me coucher.
Jeudi, Waitress termine sa soirée à l'hôtel. Il est minuit trente, je me suis apportée des vêtements jolis et légèrement sexy dans le but de passer par le bar. Je retouche mon maquillage, ma coiffure et je marche vers la Basse-Ville. Petits papillons dans le ventre. Est-ce qu'il me trouvera stupide si je retourne le voir tout de suite ? Est-ce que j'aurai l'air trop intéressée ? Devant moi, la terrasse, où quelques personnes fument une cigarette. Il n'est pas dehors. J'ouvre la porte, la musique me monte aux oreilles. Hésitation. La porte se referme. Waitress marche vite, vite, vite jusque chez elle.
Froussarde. C'est tout ce que je me répète sur le chemin. Je suis déçue. J'aurais aimé le voir. Tant pis. Je vais me coucher.
O
Vendredi, 19h00. Il me reste 8h30 devant moi avant que mon cadran-singe-hystérique-qui-hurle-dans-la-jungle me dise qu'il faut aller travailler. J'ai les yeux grands ouverts, je n'ai pas sommeil. Je lis un peu, rien à faire, je sourie en pensant à Charmant Garçon. Est-ce qu'il pourrait être au bar ? Je me convaincs que deux verres d'alcool m'aideront sans doute à m'endormir. Je me fais belle. Me dirige vers le quartier St-Rock.
Il n'est pas là. Tant pis, j'ai soif. Je m'assoie au bar, à droite d'un hippie. Poncho, cheveux blonds en queue de cheval, petites lunettes à monture métallique rondes. Il sent la gomme de sapin. Bref, un hippie. Gin tonic. Une fois. Deux fois. Une connaissance s'assoie à ma droite. Gin tonic trois fois. Je termine mon verre et je file. À l'autre bout du comptoir, j'aperçois un ami que je n'ai pas vu depuis plusieurs mois. Me lève et vais lui parler.
Smouck, smouck, becs sur les joues, grosse colle, je suis contente de te voir. Il me raconte qu'il est en amour, qu'il habite la Rive-Sud avec sa nouvelle copine, que tout va bien pour lui. Lorsque je discute avec quelqu'un, je regarde toujours ses yeux. Sans raison, mes yeux se retrouvent à 45 degrés. Il est là. Charmant Garçon a les yeux plantés dans les miens, un sourire aux lèvres. J'essaie de ne pas lui répondre, mais ma bouche ignore ma volonté. Deux secondes passent. Je reviens à mon ami, qui poursuit son histoire. Je n'entends plus rien. Tout ce que je sais, c'est que Charmant Garçon s'est dirigé vers moi, qu'il attend un peu en retrait et que je veux lui parler. Aurevoir vieil ami, à la prochaine.
Charmant Garçon se penche pour m'embrasser sur la joue. Je n'ai pas terminé mon mouvement qui me permettrait de me placer bien face à lui. Il interprète ça comme un refus.
- Ah pardon, tu veux pas.
- Quoi ? Ben oui, je veux, en lui tendant la joue.
- Je peux prendre un verre avec toi ?
- Oui, oui, mes affaires sont là bas.
On décide d'aller sur la terrasse. Il fait froid, je m'en fou. On discute, les yeux dans les yeux, en souriant toujours. On fume des clops ensemble. Je me sens bien. Nos verres sont à secs, il sait que je me lève bientôt pour le travail. Le barman arrive et me demande si je veux autre chose en me donnant des coups de coudes.
- Je sais pas trop, je ne m'endors pas, mais ce serait pas sage.
Je vais voir mon ami WC en y pensant. Retour à l'extérieur, Barman dépose une bouteille de bière devant Charmant Garçon.
- Ben, j'peux-tu t'accompagner pour un dernier verre ?
- Bien sûr.
- Gin tonic.
On boit lentement. Mais nous touchons quand même le fond des verres. Je rassemble mes effets personnels en annonçant mon départ. Il se lève avec moi, nous allons dans des directions opposées.
- J'ai été vraiment nono hier matin.
- Comment ça ?
- Je t'ai donné mon numéro de téléphone, mais j'ai pas pris le tient. Est-ce que tu veux me le donner ?
- As-tu du papier et un crayon ?
Je n'ai pas terminé ma phrase que j'ai un stylo dans les mains.
- Je ne t'aurais pas téléphoné. J'fais pas partie du clan des appleuses.
- Moi non plus. Donnes-moi ton e-mail aussi, si tu veux.
Smouck, smouck, becs sur les joues, un peu trop près des lèvres et qui durent quelques secondes de trop. Aurevoir.
Je n'ai aucune idée du chemin que j'ai emprunté pour rentrer à la maison. Tout ce dont je me souviens, ce sont les papillons, le sourire et le bonheur.
Est-ce que je l'ajoute tout de suite à mon MSN ? Est-ce que j'aurais l'air trop intéressée ? Je le fais, en me souvenant de ma tendance à perdre les bouts de papiers qui traînent dans mes poches.
Je me mets au lit. Incapable de dormir. Je découvre comment les sourires heureux ne sont pas propices au sommeil.
O
Samedi, 4h00 du mat. Je lis mes blogs préférés et mes mails. Il m'a écrit. Pour me dire qu'il est content de m'avoir vu. Qu'il est passé au bar en souhaitant que je sois là. Je lui répond la même chose.
O
Samedi, 18h00. Je rentre chez moi. Je dois aller au party de Jeune Homme qui vient de me téléphoner pour dire que le souper est prêt et qu'on m'attend.
- J'arrive, j'arrive. Juste le temps de me préparer.
Je vais voir mes mails. Il m'a encore écrit. Qu'il serait au bar, au cinq à sept. Qu'est-ce que je fais ? Je suis fatiguée. J'ai besoin de Red Bull. Avec de l'alcool. À moins que j'aille boire une vodka-red bull au bar ? Je saisie le téléphone. Coloc de Jeune Homme répond.
- Désolée, attendez-moi pas pour souper, j'ai pas le temps, j'arrive un peu plus tard.
18h30. Vite, vite, le cinq à sept approche de la fin, faudrait pas le manquer. Je cours vers le bar, il est là. Avec un ami. Zut. Mais non, c'est pas grave, il m'invite avec eux. Son ami parle beaucoup. Beaucoup, beaucoup. Encore plus que moi. Charmant Garçon me regarde. Je le regarde. On sourit. Aucune idée de ce que l'Autre dit, j'écoute à peine. Termine mon deuxième verre, je me sauve festoyer en courant.
O
Dimanche, 13h00. Je reviens chez moi, après une nuit de débauche totale en pleurant parce que je dois me préparer pour le travail. Première chose que je fais : Vérifier mes mails.
Un autre message. Où il me demande si je serais passé au bar s'il ne m'aurait pas dit qu'il y serait. Hésitation devant la réponce. La vérité ou pas ? Est-ce que je désire qu'il sache que j'avais envie de le voir, ou bien je mets le tout sur le compte du hasard ? Je décide d'être franche.
Demain, je vois Charmant Garçon. Seule. On s'organise un souper, chez moi. Je sais, je sais, il aurait fallu choisir un lieu neutre, mais j'y avais pensé et il l'a aussi proposé. J'ai besoin de vous.
D'abord, cette nuit, il faut que tout le monde accroche une paire de bobette propre à sa corde à linge. Et la nuit prochaine également. Ça me porte bonheur, et on serait en train de créer un nouveau mouvement de solidarité.
Ensuite, je me demande quoi mettre au menu. Il faut réfléchir au fait que je vais sûrement vouloir l'embrasser à la fin du repas. Ail, oignon et moules sont donc proscrites. J'aurai des fromages, un gros fruit pour désert (ananas, papaye ou autre, selon les prix au supermarché). J'ai pensé aux avocats farcis en accompagnement. Mais le reste ? Suggestions !!!!!!
Troisième point. Je m'habille comment ? Pantalon ? Jupe au tissu doux doux doux ? Décolleter ou pas ? En noir ou en couleur ? Cheveux remontés ou détachés ?
Tout ce que je veux, c'est une belle soirée. Peut-être un dodo collé ensuite. J'espère aussi avoir pleins de trucs à raconter. S'il fallait que je ne sache plus quoi dire après quelques heures ? Et si je rate le repas ?
S'il-vous-plaît, on n'oublie pas les bobettes sur la corde à linge !
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