Mon appartement a l'air tout nu.
J'habite ici depuis avril dernier. Je me souviens de la fébrilité qu'avait provoqué mon déménagement plutôt rapide (3 semaines pour tout bouquer), alors que les amis et parents qui ont offert un coup de main se rappellent de la fatigue et des maux de dos, de même que l'angoisse qui m'habitait pour cause de trop nombreuses prises de décisions.
On m'a fait promettre de vivre dans mon quatre pièces pour un minimum de quatre années, promesse que j'ai l'intention d'honorer.
C'est peut-être pour cette raison que je ne me suis pas lancée dans la décoration une fois les meubles positionnés. Ça presse pas, j'ai tout mon temps, et puis je dois payer mes impôts et mes immatriculations d'abord, sans oublier qu'il faut m'équiper d'une balayeuse. Soit. J'ai dressé ma liste de priorités financières et l'ai respectée. Bravo. Waitress a fait preuve d'en excellent sens organisationnel et d'une belle maturité.
Sauf que nous sommes aux abords de juillet.
Retouches de peinture : Incomplètes. Je cache pinceaux, rouleaux et gallons de peinture derrière la laveuse.
Deux miroirs et un babillard sont adossés contre le mur du salon, de même qu'un cadre qui attend encore cinq photos avant d'être accroché.
Considérant que je vis seule, c'est plutôt immense chez moi. Et nu. Ça manque de vie et de personnalité. Joli la tendance zen et épurée, mais ça n'a aucun sens dans ma maison.
Vachement temps que je m'y mette. Mais la Waitress travaille beaucoup. C'est pourquoi je récolte des dons.
Maintenant que j'ai le pouce vert (rien n'est décédé chez moi depuis le déménagement), je prendrais volontiers vos plantes et boutures de trop. Avec grand plaisir.
J'ai également besoin de deux tabourets rouges, question de prendre le café du matin ailleurs que devant l'ordinateur ou assise dans les marches de la cuisine. Ceci pourrait être grandement apprécié par la visite, donc un don tout ce qu'il y a de généreux.
Vous possédez de vieux objets de décorations qui ont appartenu à votre grand-mère ? Vous ne pouvez plus les voir, j'en suis convaincue. Parfait ! J'ai un salon à la thématique 70's.
Je suis aussi à la recherche de gros bras talentueux pouvant poser des tablettes qui auront beaucoup de poid à supporter, tout en tenant dans des murs mous. Disponible vendredi en après-midi, de même que mercredi prochain. Je m'occupe de porter le chapeau jaune de contremaître et de décapsuler la bière une fois le travail complété...
Soyez généreux ! Reçu d'impôt disponible.
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jeudi 21 juin 2007
samedi 17 mars 2007
Histoire d'appartement - la fin
J'emménage dans mon nouvel appartement à la fin du mois. Un grand 4 et demi dans St-Sauveur, au pied du cap, avec une immense galerie où je pourrai facilement stocker une grande table et 12 personnes sans que l'espace semble restreint. Plafonds hauts, grandes fenêtres. Il y a même un petit escalier tout ce qu'il y a de plus coquet qui part de la cuisine pour mener aux deux chambres. Et ce, à prix modique. J'ai repris confiance en la vie !
Donc, après avoir signé mon nouveau bail, qui débute tout de même trois mois avant que l'autre arrive à échéance, je me suis dit qu'il faudrait que je trouve quelqu'un pour me remplacer dans mon 3 et demi. Ma conclusion ? Les petites annonces au Journal de Québec, ça marche ! Entre 8h00 et 23h00 pendant une semaine complète, communiquer avec moi demandait patience et courage. J'ai compris pourquoi les gens qui disent "Désolé, c'est loué" on toujours l'air bête. C'est parce qu'ils le répètent entre 13 et 19 fois de l'heure. Au début, j'ai mis beaucoup de volonté à être sincèrement désolée, mais je vous avoue que la quatrième personne qui vous déclare un "Ahhhhhh c'est dommage" a le don de vous faire saigner du nez.
Somme toute, mon appartement n'a pas été facile à refiler à quelqu'un. C'est vieux, ordinaire et sans cachet et dispendieux. J'ai eu droit à toute sorte de visiteurs. Certains qui ne me croyaient pas lorsque j'affirmais qu'il y avait de la pression dans la douche, d'autres qui passaient des commentaires sur mon choix de vêtements dans le garde-robe.
Mais je vais toujours me souvenir de la visite de M. Nolin. Je reviens du travail. Vingt-deux nouveaux messages. Dont huit étaient de M. Nolin. Pas le temps de retourner mes appels que sa soeur me téléphone pour prendre rendez-vous dans quinze minutes. Je m'excuse d'avance pour la vaisselle qui n'est pas faite et je les attends.
J'ouvre la porte et que vois-je ? Un monsieur du genre... j'appelle ça un pas fin. Sa soeur prend tout de suite la peine de me dire que c'est elle qui signe le bail et qu'elle s'occupe de ses finances.
- Mais vous allez voir, yé commode, pas dérangeant pentoute.
Je me fiche pas mal de mon successeur, l'important c'est que je trouve quelqu'un qui paiera à ma place. Tant pis si Madame Carreau, la voisine, trouve le temps long.
Monsieur Nolin a aimé deux choses dans mon appartement. La véranda qui donne sur les enfants du bloc d'en arrière et mon chat. Au lieu de regarder ce que je lui montrais, il courrait après pour le flatter. Nous sommes dans la cuisine. La grande soeur bienveillante aperçoit un cendrier sale. Ton accusateur:
- Vous fumez, mademoiselle ?
- Oui.
- Heil ! Félicitations, ça sent même pas la cigarette chez vous !
J'espère... J'ai tendance à faire brûler des bâtons d'encens avant d'avoir de la visite; ça rend les gens plus zen et mon chat est plus tranquille...
Une fois au sous-sol, alors que je montre le locker, on entend un bruit d'eau.
- Ya un lavabo en bas ?
- Euh non.
- Ben ya de l'eau qui coule.
- Je pense pas. C'est pas supposé.
Je m'approche du bruit, la famille Nolin pas très loin derrière. Je me suis retrouvée les deux pieds dans l'eau. Zut, ils venaient tout juste de me dire qu'ils étaient intéressés. Pas besoin d'ajouter qu'ils n'ont pas rappelé.
Dans les visites traumatisantes, celle qui a fracassé tous les records, c'est Lisette. Femme début quarantaine, un peu étrange avec son manteau de fourrure et sa queue de cheval sur le côté. Elle entre et passe d'elle-même au salon. Sans enlever ses souliers. Déjà, je ne l'aime pas.
Elle me raconte qu'elle adore les antiquités. Qu'elle vient de s'acheter un beau coffre ancien et me donne tout les détails sur sa restauration. Une fois dans la chambre, elle chiale que c'est trop petit. Que ses meubles ne pourront jamais entrer là-dedans. Pourtant, la chambre est immense. Dans la salle de bains, elle ouvre la pharmacie et lâche un "Tabarnak". L'index vers mes médicaments, elle n'en revient pas de mon assortiment de pilules. Ça l'air que j'en ai encore plus qu'elle. J'ai déjà été malade, ce sont des fonds de pots que je garde au cas où des symptômes reviendraient. Mais je n'apprécie pas beaucoup son indiscrétion. Elle adore la cuisine. Et la véranda. Elle pourra y laisser sa collection de manteau de fourrure. Nous revenons à la cuisine. Elle commande un verre d'eau et me demande si elle peut s'asseoir, juste après qu'elle se soit installée à la table.
Et là, Lisette me raconte sa vie. J'apprends qu'elle habite dans un foyer d'aide de je ne sais quoi. Qu'elle s'est fait mettre dehors de son logement parce que son propriétaire est un trou de cul. Que sa coloc de chambre est bipolaire et schizophrène. Que son chum vit en Alberta. Elle me dit comment elle a décorer son ancien appartement. Qu'elle a tout perdu. À ce moment, ses yeux rougissent. Je ne sais plus quoi faire. Une femme que je ne connais pas pleure sur le coin de ma table de cuisine. Ma mère ne m'a pas enseignée ce que l'étiquette exige dans ces situations. Je ne veux pas la froisser, mais je dois aller travailler. Mais elle est si malheureuse, que je n'ose même pas lui dire et je l'écoute. Pauvre femme. Je lui ai remis le faux numéro de mon propriétaire. Mais je l'ai écoutée.
En partant, elle m'a remerciée. Elle n'a jamais vu le sous-sol. Et Lisette est restée 45 minutes chez moi. Pour visiter un trois pièces. En fait, je la soupçonne de ne pas être à la recherche d'un appartement. Juste d'un lieu à squatter quelques temps pour se sentir moins seule.
Bonne chance, Lisette.
Donc, après avoir signé mon nouveau bail, qui débute tout de même trois mois avant que l'autre arrive à échéance, je me suis dit qu'il faudrait que je trouve quelqu'un pour me remplacer dans mon 3 et demi. Ma conclusion ? Les petites annonces au Journal de Québec, ça marche ! Entre 8h00 et 23h00 pendant une semaine complète, communiquer avec moi demandait patience et courage. J'ai compris pourquoi les gens qui disent "Désolé, c'est loué" on toujours l'air bête. C'est parce qu'ils le répètent entre 13 et 19 fois de l'heure. Au début, j'ai mis beaucoup de volonté à être sincèrement désolée, mais je vous avoue que la quatrième personne qui vous déclare un "Ahhhhhh c'est dommage" a le don de vous faire saigner du nez.
Somme toute, mon appartement n'a pas été facile à refiler à quelqu'un. C'est vieux, ordinaire et sans cachet et dispendieux. J'ai eu droit à toute sorte de visiteurs. Certains qui ne me croyaient pas lorsque j'affirmais qu'il y avait de la pression dans la douche, d'autres qui passaient des commentaires sur mon choix de vêtements dans le garde-robe.
Mais je vais toujours me souvenir de la visite de M. Nolin. Je reviens du travail. Vingt-deux nouveaux messages. Dont huit étaient de M. Nolin. Pas le temps de retourner mes appels que sa soeur me téléphone pour prendre rendez-vous dans quinze minutes. Je m'excuse d'avance pour la vaisselle qui n'est pas faite et je les attends.
J'ouvre la porte et que vois-je ? Un monsieur du genre... j'appelle ça un pas fin. Sa soeur prend tout de suite la peine de me dire que c'est elle qui signe le bail et qu'elle s'occupe de ses finances.
- Mais vous allez voir, yé commode, pas dérangeant pentoute.
Je me fiche pas mal de mon successeur, l'important c'est que je trouve quelqu'un qui paiera à ma place. Tant pis si Madame Carreau, la voisine, trouve le temps long.
Monsieur Nolin a aimé deux choses dans mon appartement. La véranda qui donne sur les enfants du bloc d'en arrière et mon chat. Au lieu de regarder ce que je lui montrais, il courrait après pour le flatter. Nous sommes dans la cuisine. La grande soeur bienveillante aperçoit un cendrier sale. Ton accusateur:
- Vous fumez, mademoiselle ?
- Oui.
- Heil ! Félicitations, ça sent même pas la cigarette chez vous !
J'espère... J'ai tendance à faire brûler des bâtons d'encens avant d'avoir de la visite; ça rend les gens plus zen et mon chat est plus tranquille...
Une fois au sous-sol, alors que je montre le locker, on entend un bruit d'eau.
- Ya un lavabo en bas ?
- Euh non.
- Ben ya de l'eau qui coule.
- Je pense pas. C'est pas supposé.
Je m'approche du bruit, la famille Nolin pas très loin derrière. Je me suis retrouvée les deux pieds dans l'eau. Zut, ils venaient tout juste de me dire qu'ils étaient intéressés. Pas besoin d'ajouter qu'ils n'ont pas rappelé.
Dans les visites traumatisantes, celle qui a fracassé tous les records, c'est Lisette. Femme début quarantaine, un peu étrange avec son manteau de fourrure et sa queue de cheval sur le côté. Elle entre et passe d'elle-même au salon. Sans enlever ses souliers. Déjà, je ne l'aime pas.
Elle me raconte qu'elle adore les antiquités. Qu'elle vient de s'acheter un beau coffre ancien et me donne tout les détails sur sa restauration. Une fois dans la chambre, elle chiale que c'est trop petit. Que ses meubles ne pourront jamais entrer là-dedans. Pourtant, la chambre est immense. Dans la salle de bains, elle ouvre la pharmacie et lâche un "Tabarnak". L'index vers mes médicaments, elle n'en revient pas de mon assortiment de pilules. Ça l'air que j'en ai encore plus qu'elle. J'ai déjà été malade, ce sont des fonds de pots que je garde au cas où des symptômes reviendraient. Mais je n'apprécie pas beaucoup son indiscrétion. Elle adore la cuisine. Et la véranda. Elle pourra y laisser sa collection de manteau de fourrure. Nous revenons à la cuisine. Elle commande un verre d'eau et me demande si elle peut s'asseoir, juste après qu'elle se soit installée à la table.
Et là, Lisette me raconte sa vie. J'apprends qu'elle habite dans un foyer d'aide de je ne sais quoi. Qu'elle s'est fait mettre dehors de son logement parce que son propriétaire est un trou de cul. Que sa coloc de chambre est bipolaire et schizophrène. Que son chum vit en Alberta. Elle me dit comment elle a décorer son ancien appartement. Qu'elle a tout perdu. À ce moment, ses yeux rougissent. Je ne sais plus quoi faire. Une femme que je ne connais pas pleure sur le coin de ma table de cuisine. Ma mère ne m'a pas enseignée ce que l'étiquette exige dans ces situations. Je ne veux pas la froisser, mais je dois aller travailler. Mais elle est si malheureuse, que je n'ose même pas lui dire et je l'écoute. Pauvre femme. Je lui ai remis le faux numéro de mon propriétaire. Mais je l'ai écoutée.
En partant, elle m'a remerciée. Elle n'a jamais vu le sous-sol. Et Lisette est restée 45 minutes chez moi. Pour visiter un trois pièces. En fait, je la soupçonne de ne pas être à la recherche d'un appartement. Juste d'un lieu à squatter quelques temps pour se sentir moins seule.
Bonne chance, Lisette.
jeudi 1 mars 2007
Les visites se poursuivent
Ma recherche d'appartement se poursuit, avec l'aide de mon copain Mathieu, qui m'a avoué à quel point il déteste ce genre de démarche, alors un gros merci à lui. Dans le but d'avoir moins l'air d'une tortionnaire, j'ai acheté des sushis pour notre dîner. Peut-être pour me faire pardonner, pour l'acheter, certainement pas...
Un point positif à mes recherches: Je deviens une pro de la conduite. Oui, oui ! Je roule à longueur de journée dans les quartiers sombres de Québec sans écraser ni enfant ni personne âgée. Et vous savez quoi ? Hier, j'ai réussi un stationnement parallèle ! D'accord, j'aurais pu faire entrer une mini-van entre les deux voitures, sauf qu'il faut bien commencer quelque part !
M'enfin, je me pointe sur la rue des Oblats. Le même propriétaire a deux appartements à me faire visiter. Nous entrons dans le premier qui ne coûte rien. Pourtant, il y a un comptoir neuf dans la cuisine, une jolie galerie, de grandes fenêtres dans toutes les pièces en plus d'un walk-in dans la chambre à couchée. Wow. Je trouve ça vraiment bien, même si un chien à faillit défoncer la porte du voisin en m'entendant arriver (un jour, je devrai faire un post au sujet de mes relations avec les chiens, je ne suis pas capable de les sentir et ils me détestent tout autant, ce qui m'occasionne certains problèmes...).
On sort à l'extérieur pour se diriger vers l'autre logement, situé sur la même rue, mais de l'autre côté de la caserne de pompiers, en diagonale avec l'école primaire du coin.
- C'était vraiment bien cet appartement là !
- T'es tu folle toi ! Si tu penses que je vais te laisser vivre là !
- Hein ? Comment ça ?
- S't'un nic à feu, Waitress ! Les fils passent même pas dans les murs pis t'arriveras jamais à faire entrer ta laveuse pis ta sécheuse là-dedans ! Ça l'air d'un bloc de crottés, y'en est pas question.
- Bon...
J'ai demandé à mon ami de m'accompagner parce que je manque parfois de jugement... Je ne suis pas très difficile et mon incapacité à dire non me joue des tours. Encore une fois, merci Math !
On rejoint l'homme qui fait visiter au 442. Jean-Yves qu'il s'appelle. Un drôle de bonhomme. Il sent un peu la bière (13h30 sur ma montre, c'est vrai qu'il est tard) et je n'ai rien compris des trois premières phrases qu'il a dit. Grand sourire édenté et il me semble qu'il portait une moustache. À moins que ce soit un mensonge ? Je ne me souviens plus, mais ça irait bien avec le personnage.
Nous montons au troisième étage et une fois rendu... Wow. J'ai un réel coup de coeur. Planchers neufs en bois franc, des grandes fenêtres neuves partout, une salle à manger, beaucoup de rangement, une galerie neuve et immense à l'arrière, une vue sur la Haute-Ville. Et vraiment pas cher.
J'explique donc à Jean-Yves à quel point je suis intéressée, il me remet la carte de la dame qui s'occupe des locations.
Retour à la voiture, Math est aussi impressionné que moi sur l'endroit. Bonne nouvelle, je manque de jugement à temps partiel. Arrivés chez lui, deux rues plus loin, je saute sur le téléphone pour appeler Hydro-Québec, m'informer sur la moyenne de chauffage par mois. C'est encore moins cher que ce que Jean-Yves m'a dit. Je niaise pas, je compose le numéro inscrit sur la carte d'affaire.
- Bonjour, je viens de visiter votre appartement au 442 des Oblats.
- Un instant svp.
- ...
J'attends.
J'attends...
- C'est loué, mademoiselle.
J'en ai pleuré.
Pour me consoler, Math à fait jouer mon hit de l'heure:
" Vodka Caramel Chwing-gum fraise Mini-jupe Des caresses mon amour".
Ça m'a fait sourire.
Mais sans plus.
Alors, il m'a autorisée à fumer une clope au chaud, dans son salon. J'ai vraiment un bon ami.
Un point positif à mes recherches: Je deviens une pro de la conduite. Oui, oui ! Je roule à longueur de journée dans les quartiers sombres de Québec sans écraser ni enfant ni personne âgée. Et vous savez quoi ? Hier, j'ai réussi un stationnement parallèle ! D'accord, j'aurais pu faire entrer une mini-van entre les deux voitures, sauf qu'il faut bien commencer quelque part !
M'enfin, je me pointe sur la rue des Oblats. Le même propriétaire a deux appartements à me faire visiter. Nous entrons dans le premier qui ne coûte rien. Pourtant, il y a un comptoir neuf dans la cuisine, une jolie galerie, de grandes fenêtres dans toutes les pièces en plus d'un walk-in dans la chambre à couchée. Wow. Je trouve ça vraiment bien, même si un chien à faillit défoncer la porte du voisin en m'entendant arriver (un jour, je devrai faire un post au sujet de mes relations avec les chiens, je ne suis pas capable de les sentir et ils me détestent tout autant, ce qui m'occasionne certains problèmes...).
On sort à l'extérieur pour se diriger vers l'autre logement, situé sur la même rue, mais de l'autre côté de la caserne de pompiers, en diagonale avec l'école primaire du coin.
- C'était vraiment bien cet appartement là !
- T'es tu folle toi ! Si tu penses que je vais te laisser vivre là !
- Hein ? Comment ça ?
- S't'un nic à feu, Waitress ! Les fils passent même pas dans les murs pis t'arriveras jamais à faire entrer ta laveuse pis ta sécheuse là-dedans ! Ça l'air d'un bloc de crottés, y'en est pas question.
- Bon...
J'ai demandé à mon ami de m'accompagner parce que je manque parfois de jugement... Je ne suis pas très difficile et mon incapacité à dire non me joue des tours. Encore une fois, merci Math !
On rejoint l'homme qui fait visiter au 442. Jean-Yves qu'il s'appelle. Un drôle de bonhomme. Il sent un peu la bière (13h30 sur ma montre, c'est vrai qu'il est tard) et je n'ai rien compris des trois premières phrases qu'il a dit. Grand sourire édenté et il me semble qu'il portait une moustache. À moins que ce soit un mensonge ? Je ne me souviens plus, mais ça irait bien avec le personnage.
Nous montons au troisième étage et une fois rendu... Wow. J'ai un réel coup de coeur. Planchers neufs en bois franc, des grandes fenêtres neuves partout, une salle à manger, beaucoup de rangement, une galerie neuve et immense à l'arrière, une vue sur la Haute-Ville. Et vraiment pas cher.
J'explique donc à Jean-Yves à quel point je suis intéressée, il me remet la carte de la dame qui s'occupe des locations.
Retour à la voiture, Math est aussi impressionné que moi sur l'endroit. Bonne nouvelle, je manque de jugement à temps partiel. Arrivés chez lui, deux rues plus loin, je saute sur le téléphone pour appeler Hydro-Québec, m'informer sur la moyenne de chauffage par mois. C'est encore moins cher que ce que Jean-Yves m'a dit. Je niaise pas, je compose le numéro inscrit sur la carte d'affaire.
- Bonjour, je viens de visiter votre appartement au 442 des Oblats.
- Un instant svp.
- ...
J'attends.
J'attends...
- C'est loué, mademoiselle.
J'en ai pleuré.
Pour me consoler, Math à fait jouer mon hit de l'heure:
" Vodka Caramel Chwing-gum fraise Mini-jupe Des caresses mon amour".
Ça m'a fait sourire.
Mais sans plus.
Alors, il m'a autorisée à fumer une clope au chaud, dans son salon. J'ai vraiment un bon ami.
mardi 27 février 2007
Rapport de visites
Alors hier, avec ma super voiture et mon copain Math, je suis partie à la recherche d'un appartement. On a vu quelques taudis, quelques endroits avec une certaine classe, mais voici la visite qui m'a le plus marquée:
On se pointe à Limoilou, près du parc Mazereith. La rue est jolie, tout ce qui a de plus kitch. Le royaume de la piscine hors terre et des galeries remplies de chaises berçantes (du moins j'imagine, puisque c'est encore un tantinet frisquet pour que les matantes s'installent dehors pour placoter avec les voisines).
Math est le gardien des cartons jaunes où j'ai inscrit adresses et heures de visite.
- On s'en va au 1130.
Parfait. Je gare ma machine, on sort dehors. On trouve le 1140, suivit du 1125. Où est le putain de 1130 ? Il n'existe pas !
- Waitress, tu t'es fourrée d'adresse.
- Ben, me semble que non. Prêtes le carton.
Oups, c'est plutôt le 1452 que nous cherchons. Me souvenir d'acheter des lunettes de pharmacie à Math pour son anniversaire en mai.
Plus nous avançons vers le bout de la rue, plus ça sent le fuel. Assez pour me donner mal à la tête. Devant nous, une superbe vue sur l'autoroute Montmorency, deux réservoirs à je ne sais quoi peints d'un joyeux noir opaque. Humm, ça regarde mal. On arrive face au bloc appartements. C'est joli. Mais la trac de chemin de fer passe 5 mètres à côté. Tant qu'à être rendu, on va aller voir.
Nous faisons connaissance avec Monsieur Dubois, un homme d'une soixantaine d'années qui parle beaucoup, en plus d'être un freak control:
- Là, c'est ton parking. Tu te stationnes entre le poteau d'Hydro et le poteau de la corde à linge. Tu dois te stationner de reculons. Tu vois, tu t'avances jusqu'au bout de la cours, et ensuite tu recules dans ton trou. Quand il fait tempête, tu stationnes sur le côté du bloc, mais pas de reculons là, non, non, non, tu te mets dans le même sens que tout le monde.
- ...
On entre dans l'appartement. C'est laid, sombre et petit.
J'arrive dans la chambre à coucher. La première chose que je remarque, c'est une tablette au-dessus du lit où trône une boîte de condoms XXL NERVURÉS.
- Le gars qui habite ici nous a joué un tour. Il s'est faite une blonde pis y part avec elle.
- Oui, j'vois ça...
Je vous avoue que j'aurais bien aimé voir la tête du locataire. Simple curiosité...
- Ici on veut du monde ben tranquille. On fait pas de bruit. L'autre jour, on pensait que la Madame d'en-d'sous était morte, parce que ça faisait une semaine que la voisine entendait pu rien, même pas la toilette partir. Tu vas voir, on entend toute, toute, toute, même les chasses d'eau.
Monsieur Dubois parlait beaucoup. Alors que je tentais de trouver une façon polie de quitter la place, il nous racontait qu'il ne pouvait plus souffler la cours lui-même, puisque dans quelques jours, il se fera opérer le coeur; on doit lui faire un pontage. Pendant que je descendais l'escalier, il disait qu'il a fait tondre son chien. Que Pouky n'a pas aimé ça et qu'il est grognon depuis.
Dans ma tête, il ne se passait qu'une chose: "Putain, j'ai envie de pisser, faut partir et au galop."
Direction le p'tit dépanneur à côté de ma voiture. J'entre et trouve un asiatique derrière le comptoir. Est-ce que j'ai dis que c'est kitch comme quartier ?
- Bonjour Monsieur. Est-ce que je peux emprunter votre salle de bain svp, c'est urgent !
- Non, mademoiselle, ce n'est pas possible.
Math et moi, on s'est vite tiré. Et pas question de remettre les pieds dans le coin.
On se pointe à Limoilou, près du parc Mazereith. La rue est jolie, tout ce qui a de plus kitch. Le royaume de la piscine hors terre et des galeries remplies de chaises berçantes (du moins j'imagine, puisque c'est encore un tantinet frisquet pour que les matantes s'installent dehors pour placoter avec les voisines).
Math est le gardien des cartons jaunes où j'ai inscrit adresses et heures de visite.
- On s'en va au 1130.
Parfait. Je gare ma machine, on sort dehors. On trouve le 1140, suivit du 1125. Où est le putain de 1130 ? Il n'existe pas !
- Waitress, tu t'es fourrée d'adresse.
- Ben, me semble que non. Prêtes le carton.
Oups, c'est plutôt le 1452 que nous cherchons. Me souvenir d'acheter des lunettes de pharmacie à Math pour son anniversaire en mai.
Plus nous avançons vers le bout de la rue, plus ça sent le fuel. Assez pour me donner mal à la tête. Devant nous, une superbe vue sur l'autoroute Montmorency, deux réservoirs à je ne sais quoi peints d'un joyeux noir opaque. Humm, ça regarde mal. On arrive face au bloc appartements. C'est joli. Mais la trac de chemin de fer passe 5 mètres à côté. Tant qu'à être rendu, on va aller voir.
Nous faisons connaissance avec Monsieur Dubois, un homme d'une soixantaine d'années qui parle beaucoup, en plus d'être un freak control:
- Là, c'est ton parking. Tu te stationnes entre le poteau d'Hydro et le poteau de la corde à linge. Tu dois te stationner de reculons. Tu vois, tu t'avances jusqu'au bout de la cours, et ensuite tu recules dans ton trou. Quand il fait tempête, tu stationnes sur le côté du bloc, mais pas de reculons là, non, non, non, tu te mets dans le même sens que tout le monde.
- ...
On entre dans l'appartement. C'est laid, sombre et petit.
J'arrive dans la chambre à coucher. La première chose que je remarque, c'est une tablette au-dessus du lit où trône une boîte de condoms XXL NERVURÉS.
- Le gars qui habite ici nous a joué un tour. Il s'est faite une blonde pis y part avec elle.
- Oui, j'vois ça...
Je vous avoue que j'aurais bien aimé voir la tête du locataire. Simple curiosité...
- Ici on veut du monde ben tranquille. On fait pas de bruit. L'autre jour, on pensait que la Madame d'en-d'sous était morte, parce que ça faisait une semaine que la voisine entendait pu rien, même pas la toilette partir. Tu vas voir, on entend toute, toute, toute, même les chasses d'eau.
Monsieur Dubois parlait beaucoup. Alors que je tentais de trouver une façon polie de quitter la place, il nous racontait qu'il ne pouvait plus souffler la cours lui-même, puisque dans quelques jours, il se fera opérer le coeur; on doit lui faire un pontage. Pendant que je descendais l'escalier, il disait qu'il a fait tondre son chien. Que Pouky n'a pas aimé ça et qu'il est grognon depuis.
Dans ma tête, il ne se passait qu'une chose: "Putain, j'ai envie de pisser, faut partir et au galop."
Direction le p'tit dépanneur à côté de ma voiture. J'entre et trouve un asiatique derrière le comptoir. Est-ce que j'ai dis que c'est kitch comme quartier ?
- Bonjour Monsieur. Est-ce que je peux emprunter votre salle de bain svp, c'est urgent !
- Non, mademoiselle, ce n'est pas possible.
Math et moi, on s'est vite tiré. Et pas question de remettre les pieds dans le coin.
dimanche 25 février 2007
Waitress déménage
J'ai enfin posté la lettre à mon propriétaire. Celle où je lui annonce que c'est terminé, je quitte son appartement. Je comprends très bien que Monsieur Guénette vieillit, qu'il commence à réfléchir sur la possibilité de prendre se retraite. Mais ce n'est pas une raison pour m'augmenter de façon si abusive ! Surtout que je sais que je paie le double de ma voisine, qui a pourtant le même modèle d'appartement que moi, en plus rénové. C'est injuste ! D'accord, Madame Carreau est la doyenne de l'immeuble. Elle habite ici depuis plusieurs décennies, assez pour avoir eu le temps de mettre deux enfants au monde, qui la visitent avec leurs enfants à eux. Assez longtemps pour que les mêmes murs la voient obtenir le titre de veuve à deux reprises (est-ce que c'est ce qui s'appelle une mangeuse d'homme ?!?).
Waitress cherche appartement. Un trois ou quatre pièces, selon le prix. Plusieurs secteurs sont visés, pour des raisons très différentes.
Limoilou. J'adore ce quartier. Entre la 1ère et la 4ème Avenue, les rues sont larges, bordées de gigantesques arbres dont l'ombre est merveilleuse lors des canicules et je ne cesse d'admirer les escaliers en colimaçon qui garnissent les devantures d'immeubles. Beaucoup de services y sont offerts; je pense entre autre à cette jolie boulangerie située juste en face de la SAQ du quartier...
St-Roch. Plutôt crade, mais de moins en moins. J'aime y observer les contrastes; d'un côté de la St-Joseph, il y a les jeunes professionnels, Hugo Boss et le Boudoir. Du côté de l'église, les quéteux, BS et squateux qui se saluent à longueur de journée. Ça bouillonne, les artistes, les étudiants, la bibliothèque, les prostitués, la Bordée et les seringues. C'est rempli de jeunesse, de celle qui réussit et de l'autre qui souffre beaucoup. Mais les contrastes, ça m'aide à me sentir vivante. Sais pas pourquoi.
St-Sauveur. À mon avis, ce sera le prochain quartier hot de Québec, lorsque les beaux logements de St-Roch seront des lofts déjà tous loués. St-Sauveur, c'est pauvre par endroit, mais les loyers sont abordables et on peut y dénicher quelques perles. Les propriétaires reçoivent des subventions pour rénover, ce qui en fait un endroit en devenir. C'est là que l'on trouve les meilleures épiceries asiatiques (les moins chères aussi !) et donc les plus savoureux Pad Thai. À deux pas du centre-ville, ce pourrait être bien pour moi et en plus, je ferais des économies d'essence pour aller voir un bon ami.
Montcalm et St-Sacrement. Aller là-bas, ce serait mettre fin à tout ce qui est crade. Mais c'est cher. Même le Métro sur la rue Cartier affiche des prix supérieur aux autres de la chaîne, simplement à cause de son emplacement. On y trouve bien des nezs en l'air, du monde prêt à habiter des sous-sol suintants juste pour le plaisir de dire qu'ils habitent à deux pas de la rue Cartier. Reste que les rues sont jolies, les immeubles aussi, c'est plein d'arbres et d'espaces, il fait bon y traîner en été. Faut pas s'en faire. J'y ai déjà habité et je ne suis pas snob pour autant. Et les sous-sol suintant, c'était bien lorsque j'étais étudiante, mais j'ai`donné. Et un trois pièces à 700$, même si les murs sont tous en briques, qu'il y a des portes françaises, un foyer, un plafond 12 pieds, 2 balcons, une galerie, une entrée laveuse/sécheuse et trois espaces de stationnement, c'est plate, j'ai pas les moyens. Gros point positif: Je pourrais aller travailler à pied, réduisant ainsi mes émissions de CO2, mes coûts d'essence et de stationnement.
Alors voilà. Cinq quartiers en vue. J'ai épluché les journaux en revenant du travail. 46 téléphones plus tard, je n'ai que trois rendez-vous officiels. Découragée. Et pourtant, je n'ai même pas commencé à faire mes boîtes...
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